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Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

La Semry, organisme public qui accompagne les riziculteurs de la partie septentrionale du nord Cameroun, vise une production annuelle de 700 000 tonnes de riz blanc en 2025. De quoi couvrir les besoins du Cameroun et exporter dans le reste de l’Afrique centrale.

 

La Société d’expansion et de modernisation de riziculture de Yagoua (Semry), voit loin. Cet organisme parapublic qui regroupe et accompagne plus de 20.000 petits producteurs du nord du Cameroun en leur offrant des prestations de labour, des formations, la fourniture de l’eau dans les périmètres irriguées et l’entretien des rizières, veut augmenter considérablement sa production.

«Avec le support que l’Etat nous apporte, nous allons relancer le volet industriel et commercial. A ce moment on pourra produire 700 000 tonnes de riz blanc à l’horizon 2025. Ce qui permettra vendre au-delà de l’Adamaoua, du Nord et l’Extrême-Nord du Cameroun, pour couvrir les besoins de consommation du Cameroun entier et d’exporter les surplus dans le reste de l’Afrique centrale »,  explique Haman Ndjidda, chef du service des activités connexes de diversification à la Direction Générale de Semry. La Semry battrait ainsi le record du riz produit actuellement par an dans l’ensemble du Cameroun qui est de 170 000 tonnes depuis 2008. Elle battrait également son propre record qui est de 102 000 tonnes par an dans les années 80.

Réhabiliter les canaux

La Semry est sur de bons rails. En 2011 par exemple, les riziculteurs de la région ont produit 55 441 tonnes de riz. Bien qu’étant très loin de l’objectif visé, cette quantité représente une augmentation de 15,91 % par rapport à 2008.

Les superficies cultivées sont passées en même temps de 4 343 hectares irrigués en 2007 à 9 527 hectares en 2011. Les riziculteurs bénéficient également d’un encadrement. Ils sont bénéficiaires du projet de relance de la riziculture dans la vallée du Logone.  Dans le cadre de ce programme, ils reçoivent des intrants et des formations. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) les appuie également.

Côté infrastructure, surfaces et matériels sont en train d’être rénovés. « Un contrat de l’ordre de 54 milliards signé avec la Banque Mondiale en septembre dernier, permettra de gérer les problèmes liés aux inondations qui affectent la production », a indiqué Haman. « Nous réhabilitons l’outil de travail, les canaux d’irrigation et les digues. Nous avons acquis des engins lourds et du matériel de labour», a ajouté le responsable de la Semry qui espère qu’au terme de cette réhabilitation, l’organisation puisse mettre en culture au moins 18000 hectares de terrain.

 

Des terres propices à la riziculture

La double culture (deux fois l’année), permettra alors à la Semry d’atteindre plus de 100 000 tonnes de riz par an quand les 18 000 hectares seront exploités.

«Oui. Si toutes les conditions sont réunies nous pouvons booster la production. Nous pouvons réduire les importations puisque les pouvoirs publics s’investissent», a assuré Haman. Le nord du Cameroun dispose d’un grand potentiel en termes de périmètres rizicoles pour atteindre son ambition. Le Faro, une localité de la région, offre 100 000 hectares de terres non exploitées, favorable à la riziculture. Le projet de Lagdo (localité irriguée par un barrage du même nom) qui fait autour de 20 000 hectares représente également une surface propice. «Tout cela mit ensemble avec des moyens d’accompagnement de l’état, nous allons atteindre notre objectif», confie le responsable de la Semry.

Anne Matho

(Jade Cameroun): Maïs, haricot, arachide, banane, plantain, macabo, manioc, et tous les autres produits vivriers cultivés au Cameroun sont de plus en plus chers dans les marchés urbains, particulièrement à Douala. En réaction, la plupart des ménages se ruent maintenant sur le riz importé, finalement bon marché comparé aux produits locaux, grâce aux mesures prises dernièrement par l’Etat pour en baisser les prix. Reportage à Douala.

Une foule constituée essentiellement de ménagères se bouscule au marché Double-balle de Bépanda à Douala. Sur un tas d’ignames rangées sur un étalage, une affichette en carton annonce le prix de 500 F. « Une seule tubercule d’igname à 500Fcfa ? C’est trop cher » s’indigne Madeleine Talla, une ménagère,  le regard fixé sur l’igname qu’elle tient dans la main droite.

« Asso, je n’y peux rien. Moi aussi, je paye le sac d’igname à un prix exorbitant. Je n’ai pas de profit, lui réplique la vendeuse. Il s’ensuit alors quelques secondes de tractations entre les deux femmes. Echec car l’acheteuse ne veut pas payer plus de 300 F. Madeleine dépose l’igname sur l’étalage, se retourne, balaie le marché des yeux, puis se fraye tant bien que mal un chemin dans la foule. Elle s’arrête finalement un peu plus loin devant un sac de riz entamé au 3/4. Elle en achète quelques boîtes et rentre, quelque peu déçue. La vendeuse accourt et lui sert quelques boites de riz. Elle achète du riz, puis s’en va.

A Douala, le riz importé est devenu l’aliment le plus consommé dans la plupart des ménages citadins. « Chez moi, nous consommons presque tous les jours du riz maintenant parce qu’il est difficile d’acheter autre chose », confie RoseKamdem, ménagère à Douala. « Ne pouvant payer assez de tubercules pour tout le monde avec un budget de 1000 Fcfa, je me contente du riz », renchérit PlacideDogmo, une autre habitante de cette ville. Depuis 2007, l’igname, la patate, le manioc, tous les tubercules ont vu leurs prix augmenter de 60% à 100%, voire plus suivant le marché. Même hausse pour le haricot, le maïs et autres céréales locales. La banane plantain et la banane dessert ont doublé ou triplé dans certaines villes.

Le prix du riz importé, en revanche, a connu une augmentation modérée. Car en vue de freiner l’envolée des prix des produits alimentaires importés, l’Etat du Cameroun a suspendu en mars dernier les droits et taxes de douane sur les denrées de première nécessité, à savoir le riz, le poisson, le blé, la farine, et les huiles de table. En outre, le ministre du commerce a réinstauré le contrôle des prix sur ces denrées, et créé des magasins témoins pour les vendre aux prix fixés par l’Etat. Du coup, le sac de riz est passé de 20 000 Fcfa à 17 000 Fcfa contre 13 000 Fcfa en moyenne l’année dernière. Soit une hausse du prix du riz de moins de 35% au lieu de 54%.

Les produits locaux, par contre, n’ont bénéficié d’aucune mesure de faveur. Au contraire, la montée du coût de transport des produits entre les campagnes et les villes suite à la flambée du carburant, la montée du prix des engrais, l’enclavement des régions agricoles, et les exportations vers les pays de la sous-région (Gabon, Congo, Guinée Equatoriale), ont davantage contribué à l’envolée des prix des produits vivriers locaux. Une situation qui a rendu le riz importé relativement bon marché, et de plus en plus consommé dans les foyers urbains.

Anne Matho

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