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Archives de Tag: résidus de pesticides dans les fèves de cacao

Entretien de la cacaoyère, bon choix des pesticides et respect d’un calendrier de pulvérisation. Des pratiques qui ont permis à Gabriel Ebanda Messi de réduire de 80%  l’usage des pesticides en six ans et d’éviter ainsi un taux important de résidus de fongicides dans sa production.  

 

Depuis 2006, les résidus de pesticides sont moins présents dans la production de Gabriel Ebanda Messi, un cacaoculteur camerounais. Dans son exploitation à Ngoumou (60 km de Yaoundé), les cabosses sont toutes rouges, jaunes ou vertes. Aucune trace de marron, signe indicatif de la pourriture brune, une maladie propre au cacao. « Avant, j’utilisais abusivement des fongicides parce que je pensais qu’ils étaient la seule solution au problème. Malheureusement, la maladie subsistait. », explique le cacaoculteur.

Élaguer et nettoyer

Pour combattre cette maladie et beaucoup d’autres qui amènent les agriculteurs à utiliser abusivement les pesticides, il a opté pour l’entretien mécanique de sa cacaoyère : une bonne pratique d’élagage et d’hygiène de la plantation. « L’élagage explique Gabriel, vise à améliorer la circulation de l’air dans la plantation, contribuant ainsi à la réduction de la prévalence des maladies comme la pourriture brune, qui ont besoin d’humidité élevée pour se développer ». Selon lui, elle permet aussi de lutter contre la présence de  parasites dans le champ. Des bestioles, qui, par leur mobilité, contribuent à la propagation des maladies.

Tout au long de l’année, Gabriel élague les nouvelles pousses et branches qui ne sont pas indispensables à la bonne santé et à la solidité de l’arbre, notamment celles branches qui pendent et celles situées à moins de 60 cm de la couronne. Il taille aussi les branches malades, blessées ou mortes, celles qui poussent vers le centre de la frondaison, celles qui se courbent d’un côté à l’autre de la frondaison. « Cela permet à la lumière solaire d’atteindre les branches principales, la couronne et le tronc de l’arbre. Lorsque l’élagage est bien fait, la lumière du soleil doit pénétrer dans l’arbre de manière à apparaître au sol comme les tâches sur la peau d’un léopard », explique l’agriculteur.

Pour maintenir une bonne hygiène de la plantation, Gabriel Ebanda Messi inspecte régulièrement son exploitation et la débarrasse des cabosses mortes, pourries ou sèches, infectées par la maladie ou endommagées. La propagation des germes des maladies peut se faire par les gouttes et les éclaboussures de pluie qui tombent des cabosses infectées sur celles qui sont saines. Enfin l’agriculteur détruit les branches et les arbres morts.

Drainer et désherber 

Cette lutte s’attaque aussi aux eaux stagnantes de la cacaoyère, qui favorisent le développement de la pourriture brune. Gabriel Ebanda Messi  les élimine en creusant des petits canaux de drainage. L’exploitation est aussi défrichée au moins deux fois par an. Selon le cacaoculteur, désherber régulièrement surtout au début et pendant la saison des pluies permet de réduire l’humidité dans la cacaoyère.

L’usage des pesticides, pour lutter contre les maladies, n’intervient qu’en dernier recours, lorsque la lutte mécanique a échoué. Le choix des produits s’effectue en fonction de leur degré de toxicité lisible sur les étiquettes. «  Il en existe 2 types: les pesticides systémiques et les pesticides de contact. Les premiers pénètrent dans les cabosses, tandis que les secondes en enveloppent juste la coque », explique l’agriculteur qui a une préférence pour les pesticides de contact.  Il déconseille ceux qui n’ont pas d’étiquette ou dont l’origine est douteuse. L’application des pesticides dépend de l’âge des cabosses. Lorsqu’elles sont matures, le cacaoculteur opte pour l’usage des pesticides de contact. « Ainsi au moment de la récolte, explique-t-il, il n’en restera plus qu’un faible taux dans les fèves ».

L’utilisation des pesticides systémiques intervient pendant les deux premiers mois de vie des cabosses. Les résidus chimiques seront alors rejetés dans l’environnement avant la maturation des fruits.

Ces pratiques raisonnées donnent sans doute plus de travail, mais permettent à Gabriel Ebanda Messi de mettre sur le marché des produits plus sains pour le consommateur.

Anne Matho

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