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Des reproducteurs et porcelets en engraissement dans une ferme porcine appuyée par Paca

Des reproducteurs et porcelets en engraissement dans une ferme porcine appuyée par le Paca

Le ministère de l’élevage du Cameroun a importé 73 jeunes reproducteurs porcins de France fin 2013. Objectif : obtenir de meilleurs rendements.

Une bonne nouvelle pour les producteurs camerounais de porcs. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) ,mis en œuvre par le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (Minepia) du Cameroun grâce à l’appui financier de la banque mondiale, a importé 73 porcelets de France. Il s’agit de soixante six truies de type Landrace et sept mâles de race Large White qui «donneront des futurs géniteurs plus productifs», a indiqué Bourdanne, spécialiste des filières animales au sein du Paca. Par cette acquisition, les responsables du Paca veulent injecter du sang neuf au cheptel porcin local. Les cochons du Cameroun sont en effet caractérisés par une faible performance, due à la dégénérescence poussée du matériel génétique.

12 à 13 porcelets par mise bas
«Il existe une forte parenté naturelle entre les porcs locaux, les uns descendant des autres (ligne directe : père, fils, petit fils) ou descendant de souches communes (ligne collatérale : frère, cousin, oncle, neveu) », a expliqué Bourdanne, ajoutant que «dans la plupart des élevages porcins du Cameroun, les croisements incontrôlés et l’insuffisance de sélection des reproducteurs sont responsables de l’apparition des caractères défavorables, qui affectent la vigueur et la fécondité des animaux consanguins ».
Le croisement des deux races importées permettra de palier ces problèmes. Il en résultera des truies parentales F1 «Naïma» qui seront diffusées auprès des producteurs et promoteurs des élevages certifiés de multiplication de Kounden, localité située dans l’ouest du Cameroun. Les responsables du Paca espèrent que ces femelles permettront d’obtenir 12 à 13 porcelets par mise bas. « Au cours de leur carrière, elles produisent jusqu’à 75 porcelets sevrés », a précisé Bourdanne. «Ces performances sont meilleures que celles des races locales pures ou améliorées, dont la portée est de 5 à 6 porcelets en moyenne par mise bas ». Alors que le gain moyen quotidien des porcs locaux en croissance ne dépasse pas 400g/jour, il serait d’au moins 500 à 800g/jour pour les cochons importés.

100kg dès le sixième mois
En termes de poids, le rendement de la race importée serait également plus important, se situant autour de 100kg dès le sixième mois. Il faut attendre 10 à 12 mois pour obtenir le même poids avec les races locales.
Ces bonnes performances ne sont possibles qu’à condition d’adopter une alimentation de qualité. «Les besoins des animaux importés sont bien connus et d’ailleurs rappelés par le fournisseur. Il suffit juste de leur donner l’alimentation adaptée», a expliqué Bourdanne qui conseille aux éleveurs de se rapprocher de la station de Kounden aujourd’hui dénommée Station d’Impulsion et de Modernisation de l’Elevage (Simel). La structure produit elle-même des aliments pour mieux répondre aux besoins des animaux importés et éviter toute contamination par l’aliment. Le programme de prophylaxie et les normes biosécuritaires doivent également être respectés.
Les porcs importés proviennent de Choice Genetic France (jadis Pen Ar Lan), une structure située à Rennes (France). Ce fournisseur aurait été sélectionné au terme d’un appel d’offre lancé à l’international. « Pour des critères techniques identiques, le moins disant a été retenu », a précisé Bourdanne, refusant de dévoiler le montant de la transaction. « Il faut juste savoir qu’ils sont plus coûteux que nos porcelets locaux (on peut le comprendre car on achète de la semence de base) ».

Anne Matho

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

La Semry, organisme public qui accompagne les riziculteurs de la partie septentrionale du nord Cameroun, vise une production annuelle de 700 000 tonnes de riz blanc en 2025. De quoi couvrir les besoins du Cameroun et exporter dans le reste de l’Afrique centrale.

 

La Société d’expansion et de modernisation de riziculture de Yagoua (Semry), voit loin. Cet organisme parapublic qui regroupe et accompagne plus de 20.000 petits producteurs du nord du Cameroun en leur offrant des prestations de labour, des formations, la fourniture de l’eau dans les périmètres irriguées et l’entretien des rizières, veut augmenter considérablement sa production.

«Avec le support que l’Etat nous apporte, nous allons relancer le volet industriel et commercial. A ce moment on pourra produire 700 000 tonnes de riz blanc à l’horizon 2025. Ce qui permettra vendre au-delà de l’Adamaoua, du Nord et l’Extrême-Nord du Cameroun, pour couvrir les besoins de consommation du Cameroun entier et d’exporter les surplus dans le reste de l’Afrique centrale »,  explique Haman Ndjidda, chef du service des activités connexes de diversification à la Direction Générale de Semry. La Semry battrait ainsi le record du riz produit actuellement par an dans l’ensemble du Cameroun qui est de 170 000 tonnes depuis 2008. Elle battrait également son propre record qui est de 102 000 tonnes par an dans les années 80.

Réhabiliter les canaux

La Semry est sur de bons rails. En 2011 par exemple, les riziculteurs de la région ont produit 55 441 tonnes de riz. Bien qu’étant très loin de l’objectif visé, cette quantité représente une augmentation de 15,91 % par rapport à 2008.

Les superficies cultivées sont passées en même temps de 4 343 hectares irrigués en 2007 à 9 527 hectares en 2011. Les riziculteurs bénéficient également d’un encadrement. Ils sont bénéficiaires du projet de relance de la riziculture dans la vallée du Logone.  Dans le cadre de ce programme, ils reçoivent des intrants et des formations. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) les appuie également.

Côté infrastructure, surfaces et matériels sont en train d’être rénovés. « Un contrat de l’ordre de 54 milliards signé avec la Banque Mondiale en septembre dernier, permettra de gérer les problèmes liés aux inondations qui affectent la production », a indiqué Haman. « Nous réhabilitons l’outil de travail, les canaux d’irrigation et les digues. Nous avons acquis des engins lourds et du matériel de labour», a ajouté le responsable de la Semry qui espère qu’au terme de cette réhabilitation, l’organisation puisse mettre en culture au moins 18000 hectares de terrain.

 

Des terres propices à la riziculture

La double culture (deux fois l’année), permettra alors à la Semry d’atteindre plus de 100 000 tonnes de riz par an quand les 18 000 hectares seront exploités.

«Oui. Si toutes les conditions sont réunies nous pouvons booster la production. Nous pouvons réduire les importations puisque les pouvoirs publics s’investissent», a assuré Haman. Le nord du Cameroun dispose d’un grand potentiel en termes de périmètres rizicoles pour atteindre son ambition. Le Faro, une localité de la région, offre 100 000 hectares de terres non exploitées, favorable à la riziculture. Le projet de Lagdo (localité irriguée par un barrage du même nom) qui fait autour de 20 000 hectares représente également une surface propice. «Tout cela mit ensemble avec des moyens d’accompagnement de l’état, nous allons atteindre notre objectif», confie le responsable de la Semry.

Anne Matho

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