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Biotropical, entreprise camerounaise exportatrice de fruits, ne veut plus subir les dégâts de la mouche des mangues. Depuis 2007, elle combat le fléau grâce au ramassage des fruits tombés. 

Au Cameroun, Biotropical est mobilisé contre la mouche des mangues. Dans l’usine de l’entreprise à Kombé (à 20 km de Douala) une dizaine de corbeilles de mangues mûres pourries ou tachetées sont posées à terre. « Ces fruits ont été ramassés ce matin dans le verger », indique Jean Pierre Imélé, directeur général de Biotropical et vice-président du Réseau des horticulteurs du Cameroun (Rhorticam). « Le but de cette pratique, poursuit-il, est d’éviter la multiplication des foyers d’infestation. Car, les mangues tombées contiennent des larves de mouches ».  Les fruits ramassés sont ensuite enterrés ou brûlés dans un endroit aménagé à cet effet dans l’usine. Cette technique de lutte contre la mouche des fruits, pratiquée depuis 2007 par Biotropical a permis de réduire de 70%, le taux d’infestation des mangues exportées par l’horticulteur. Selon le Rhorticam, chaque année, des milliers de tonnes de mangues convoyées à des frais colossaux sont détruites en Occident pour cause de présence de ces  mouches. Les pertes économiques sont immenses pour les opérateurs locaux

Des techniques coûteuses

L’organisation paysanne estime à plus de 60 millions de Fcfa les pertes camerounaises sur les exportations de mangues de ces deux dernières années. Chaussé de bottes, Jean Pierre Imélé quitte l’usine et se rend dans le verger d’un pas pressé. Même la pluie qui tombe, ce jour-là sur Kombé, ne parvient pas à lui faire rebrousser chemin. Il s’arrête devant un arbre. « Vous voyez cet objet? dit-il, en montrant du doigt un petit fût jaune détruit au bas d’un arbre. C’est un piège à phéromones ». Cette technique de limitation des infestations de mouches a été testée par l’horticulteur, l’année dernière. Mais après la destruction des pièges, la technique a été abandonnée à cause de son coût trop élevé. Il n’existe pas, au Cameroun, d’organisme de distribution des pièges. Il a fallut en importer 100 d’Allemagne, pour un coût total de près de 7 millions de Fcfa.

Autres méthodes testées puis abandonnées par Biotropical, la technique d’élimination des mouches à l’aide de bouteilles d’eau minérale et de solutions sucrées. « Cette approche est également très coûteuse. Elle a nécessité la mobilisation d’une main d’œuvre importante pour enlever et déposer les pièges dans le verger chaque jour. Cela nous a coûté 5 millions de Fcfa », affirme l’agriculteur, qui précise qu’aucune technique ne s’est avérée efficace à 100%. Car il y a toujours des mouches dans l’exploitation. « Quand nous combattons les mouches dans nos champs, celles  des exploitations environnantes qui, elles, ne sont pas soumises à une technique de  lutte viennent les repeupler« , se désole t-il.

Globaliser la lutte

C’est pourquoi il souhaite la mise sur pied d’une stratégie nationale et sous régionale de lutte. « Une globalisation de la lutte reste la seule solution véritable pour éradiquer les mouches de fruit », insiste-t-il. Depuis 2004, Biotropical procède à la distribution de plants aux paysans pour les encourager à produire des mangues. L’entreprise espère qu’une augmentation du nombre de producteurs de mangues amènera le gouvernement camerounais à s’attaquer à la prolifération des mouches. Dans le souci de limiter les dégâts. Des campagnes de sensibilisation des petits producteurs au ramassage des fruits ont été organisées par Biotropical. Selon son Directeur général, elles ont été vaines. « Les paysans préfèrent laisser pourrir les mangues, ou les vendre sur le marché national, qui lui, n’est pas soumis à des normes de qualité strictes » explique-t-il. Autant de problèmes qui rendent indispensable l’intervention de l’État.

Anne Matho, Afrique agriculture, Juillet-Août 2011, no 383, p. 22. 

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