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Archives de Tag: forêt équatoriale

Crédit photo : CIFOR. Une femme cueille le Gnetum pour la consommation domestique. Communément appelé "Okok" en langue locale, cette espèce de plante est en voie de disparition dans les forêts camerounaises à cause d'une forte demande sur le marché local.

Crédit photo : CIFOR. Une femme cueille le Gnetum pour la consommation domestique. Communément appelé « Okok » en langue locale, cette espèce de plante est en voie de disparition dans les forêts camerounaises à cause d’une forte demande sur le marché local.

Dans le cadre des négociations sur le changement climatique, le Cameroun veut agir pour préserver les forêts. A condition de recevoir des fonds pour promouvoir de développement agricole.

Pas de financements, pas d’actions pour préserver les forêts. Dans le cadre des prochaines négociations sur le changement climatique, le Cameroun, qui abrite en partie la forêt équatoriale, deuxième plus grande du monde, ne consentira davantage d’effort pour protéger les forêts que si le pays y trouve son intérêt. Read More

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Parc à bois d’un exploitant forestier à Eséka

Frais d’abattement des arbres non payés, projets sociaux oubliés : les communautés locales ont bien du mal à faire respecter leurs obligations aux entreprises qui exploitent leurs forêts. « Elles n’en ont jamais assez « , objectent les professionnels.

 

A Melombo (Village située à environ 75 km de Yaoundé), une dizaine de troncs d’arbres abattus sont abandonnés en plein air dans la forêt. À la merci des intempéries, ils ont pourri et sont recouverts de moisissure blanche. « Ces billes de

bois ont été  abandonnées ici par un exploitant forestier que nous avons sommé de

quitter notre forêt parce qu’il ne respectait pas le  contrat notarié qui nous liait », indique Rémy Nyada Ndi, le vice-président du groupe d’initiatives communes (Gic)

de la Communauté villageoise Melombo Okekat Faekele (Covimof), une organisation rurale propriétaire d’une forêt communautaire. L’exploitant forestier devait  verser 10 à 20.000 Fcfa par arbre abattu à la communauté locale. « Il retardait les paiements ou ne s’acquittait  pas de ces frais »,  s’insurge le responsable de la Communauté. Les villageois dénoncent également un abus de confiance. « Il utilisait nos lettres de voitures pour exploiter ailleurs, des essences qu’il ne trouvait pas ici », affirme Rémy Nyada Ndi.

 

Soupçonnée de complicité

 

Conséquence de cette supercherie, le Ministère des Forêts  et de la Faune (Minfof)  avait retiré l’agrément de Covimof. « Cet homme se servait de notre certificat d’exploitation pour se livrer à des trafics de toutes sortes. Nous avons été suspendus

parce que nous étions accusés d’être ses complices« , se plaint-il. La Covimof a clamé son innocence. « Pendant plus d’une année, nous ne pouvions pas exploiter notre forêt », explique Amougou Amougou Etienne, le délégué de la  Covimof

Finalement, après des vérifications effectuées sur le terrain par la Brigade Nationale de Contrôle (BNC) du Minfof et l’observateur Indépendant REM (Resource Extraction Monitoring), le certificat d’exploitation a été restitué.

Les contrôleurs ont constaté que « les bois abattus dans la forêt Covimof ont été évacués sous  forme de grumes » alors que c’est interdit dans les forêts communautaires. Autre difficulté, la communauté locale a dû saisir le préfet pour pouvoir récupérer les lettres de voiture qu’elle avait accordées à l’exploitant, l’autorisant ainsi à transporter du bois.

 

« Les populations ne sont jamais satisfaites « 

Nkolmetet, village voisin, a aussi connu des  conflits. En 2007, le délégué régional du Ministère a saisi la cargaison de bois d’un exploitant forestier qui n’avait pas respecté son cahier des charges, à savoir la construction d’un puits d’eau en faveur des villageois. « Les populations voulaient en découdre. Nous avons sollicité l’intervention de l’autorité administrative pour régler le problème », se souvient Julien Steve Mvondo, un responsable du groupe d’initiatives communes Oyenga. Responsable du bureau d’exploitation à la Société camerounaise de transformation du bois (Sctb), Hilaire Noutack, rejette ces accusations qui accablent les exploitants forestiers : « Les populations n’ont pas toujours raison. Elles ne sont jamais satisfaites et exigent toujours plus, même quand nous respectons nos cahiers de charges ». Si elle dénonce, elle aussi les abus des exploitants, Mireille Fouda Effa, chargée de Communication au Centre pour l’Environnement et le Développement (Ced), pointe aussi un doigt accusateur en direction des chefs de communautés locales. « Généralement, quand nous nous rendons sur le terrain pour vérifier  ce type d’abus, on constate que le chef du village ou une autre élite du village, a reçu de l’argent qu’il n’a pas reversé aux autres membres de la communauté ».

Anne Matho (JADE) 

 

ENCADRE

 

Lucien Mvondo : « On vous attribue une forêt communautaire pour relever le niveau de vie de la communauté »

Lucien Mvondo , un gestionnaire de forêt communautaire ayant une parfaite maîtrise des procédures, explique le processus d’acquisition et de gestion d’une  forêt communautaire. 

Que faut-il pour bénéficier d’une forêt communautaire ?

Lucien Mvondo : L’attribution d’une forêt communautaire nécessite d’abord la volonté de la communauté. Celle-ci doit être constituée en GiC, et manifester sa volonté par une demande adressée à l’administration des forêts. Cette demande est transmise par l’administration des départements. Quand les études vont au ministère des Forêts, on constate que les études ont été bien menés, on vous attribue une forêt communautaire pour relever le niveau de vie de la communauté.

Y a-t-il des documents spécifiques à fournir ?

Lucien Mvondo : Il faut une entité juridique signée par le ministère de l’agriculture, il faut les réunions de concertation, une grande étape qui peut prendre des mois. Il faut que la communauté soit suffisamment informée de ce qu’elle va faire, la raison d’être de cette affaire, maîtriser les lois et les règles en vigueur. Une fois cette étape terminée, il faut la grande étape finale qui est la réunion de concertation, qui est présidée par le préfet du département. Cette réunion consiste à recueillir l’adhésion massive des populations. Quand les populations devant le préfet acceptent gérer une forêt communautaire, en ce moment le préfet et les cinq services départementaux signent un document qui leur donne le droit de déposer une demande au ministère. Cette demande nécessite encore une autre étape : c’est l’obtention de la réservation de la zone sollicitée. Lorsqu’elle est donnée, il faut d’abord faire un inventaire de la zone sollicitée, après ça, il y a le service de la cartographie qui vient délimiter la zone, et puis un autre service chargé de l’inventaire entre en jeu. Quand l’inventaire est fini, on élabore le plan simple de gestion, ce plan est soumis au ministère de la forêt. Quand le ministère approuve que le plan simple de gestion a été légalement élaboré, en ce moment on vous attribue une forêt communautaire en passant par une réservation de la zone.

Quel est le coût du processus ?

Lucien Mvondo : Ce qui coûte très cher dans cette affaire, ce sont  les études socio-économiques, et puis l’inventaire systématique. Cet inventaire qui nécessite vraiment un travail sur le terrain, coûte des millions.

Entretien réalisé par Hugo Tatchuam (JADE)

Les articles sont produits avec l’aide financière de l’Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’union Européenne.

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