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SAM_5068Mille hectares de terrain acquis en octobre dernier permettront de construire des porcheries à la périphérie de Douala. Objectif : réduire les coûts de production et baisser le prix du porc sur le marché.

 

Les éleveurs de porcs de Douala auront bientôt leur zone de production. En collaboration avec le Programme national de développement de la filière porcine du Ministère des pêches et des industries animales (Minepia), la Confédération des «porciculteurs» du Littoral, une organisation qui regroupe 3.000 producteurs, a acquis en août dernier, mille hectares de forêt à Pk 36, un quartier situé à la périphérie de Douala. “Cette parcelle de terrain permettra de construire des fermes pour les producteurs de porcs de Douala”, explique Hildegarde Dissake, la présidente de la Confédération. En plus des bâtiments d’élevage, des routes, des maisons d’habitations, des écoles, des centres de santé et autres infrastructures y seront aménagés. “Il s’agira d’un vrai village pour éleveurs de porcs. Vous n’allez pas demander à un éleveur de se délocaliser de la ville vers la brousse en laissant sa famille”, se réjouit la responsable de l’organisation.

 

Se ravitailler sur place

Le choix d’inclure dans ce projet des installations autres que les fermes n’est pas anodin. Le paiement des frais de transport pour se rendre dans la zone de production pourrait décourager des éleveurs. “Il faudra qu’ils puissent se ravitailler sur place. Ils ne devraient pas débourser de l’argent pour régler des frais de taxi”, soutient Dissake.

Le projet ne devrait pas occasionner de dépenses inutiles. Bien au contraire. Les coûts de production des éleveurs bénéficiaires vont baisser. “Ils produiront eux-mêmes sur place le maïs et le soja qui sont les composantes de la provende”, explique la présidente de la Confédération. Une bonne nouvelle pour ces producteurs qui sont par exemple confrontés à la hausse du prix du maïs sur le marché international. Selon l’Association citoyenne des défenses des intérêts collectifs (Acdic), au Cameroun, le coût d’un kilogramme est passé de 190 Fcfa en 2008 à 250 Fcfa aujourd’hui à cause du déficit chronique de cette céréale, présente aussi dans la consommation humaine et l’industrie brassicole. Les producteurs de porcs font également face à l’envolée du prix du sac de remoulage de blé, qui se vend aujourd’hui à 4 500 Fcfa et 6 000 Fcfa au lieu de 2500 Fcfa il y a 2 ans. Le manioc et la patate seront également cultivés dans la zone de production pour l’alimentation du cochon. La baisse des coûts de production entraînera la stabilisation du prix de cet animal. A en croire l’Acdic, le prix du kilogramme de porc sur le marché a augmenté de 108%. Vendu à 1200 Fcfa en 1999, il coûte aujourd’hui 2500 Fcfa.

 

Halte à la promiscuité

Autres avantages, le projet permettra de palier les problèmes dûs au manque d’espace à Douala pour l’élevage porcin. A cause de la promiscuité dans cette ville, la peste porcine se propage rapidement. “Dans la zone de production, l’espace de sécurité entre les fermes sera respecté. Ce qui permettra de réduire les maladies”, affirme la présidente de la Confédération. 500 producteurs de porcs et leurs familles seront recasés dans la zone agropastorale.

Acquérir les mille hectares de forêt n’a pas été facile à cause de la réticence des communautés villageoises. “Ils voulaient nous vendre le terrain parce qu’ils ne comprenaient pas le projet”, explique Hildegarde Dissake qui a convaincu les villageois après moult tractations. Reste maintenant à sécuriser la terre en acquérant un titre foncier. La Confédération espère que l’Etat lui fournira une concession qui permettra à ses membres de s’installer durablement dans la zone de production. L’objectif le plus difficile à réaliser sera de viabiliser ces terres. Les cotisations des fédérations et groupes d’initiatives communes, membres de la Confédération, sont insignifiantes. Ces fonds sont inférieurs à 30.000.000 Fcfa, le montant nécessaire à la construction d’une ferme porcine, selon une estimation des experts rencontrés par la Confédération.

Anne Matho

 

 

Une poignée de cacao.

Une poignée de cacao.

Un nouveau mode de collaboration avec les agriculteurs et l’acquisition d’un séchoir moderne ont permis à l’entreprise exportatrice, de réduire en cinq ans, le taux d’humidité et de déchets dans sa production de cacao, passé de près de 8% à 3% aujourd’hui.

 

“Vous voyez ces graines? Elles sont de bonne qualité, croustillantes et sans moisissure”. Tenant fièrement des fèves entre les mains,Richard Taguelem, directeur d’usine à la Cameroon Marketing Commodities (Camaco), deuxième plus grande entreprise camerounaise exportatrice de cacao, montre les résultats obtenus en cinq ans grâce à une meilleure collaboration avec plusieurs centaines de producteurs de cacao du Sud-ouest du Cameroun, et à l’acquisition d’un séchoir de dernière génération.

Une agréable odeur de chocolat s’échappe de l’usine de cette structure, principale fournisseur local de la multinationale ADM Cocoa, à Douala. “Cet arôme est la preuve que nos produits sont de bonne qualité”, se flatte Richard Taguelem. Hors de l’entrepôt, une ventilation laisse échapper de la poussière par la cheminée d’un silo, déversant sur le sol de petites quantités de déchets dont le taux diminue au fil des années. A la Camaco, la qualité du cacao s’est améliorée en cinq ans, pour répondre aux exigences du marché. “Nos fournisseurs européens exigeaient des produits moins acides et plus sains à la consommation. Il fallait les leur fournir, faute de quoi, ils refusaient d’acheter”, explique le responsable de la structure. Pour relever le défi, Camaco s’est, dans un premier temps, rapprochée des paysans pour les aider à produire un cacao de qualité.

Richard Taguelem, Directeur d'usine de la Camaco.

Richard Taguelem, Directeur d’usine de la Camaco.

Agriculteurs partenaires

Les chefs de magasin de l’entreprise ont accompagné les agriculteurs. “Des formations leur ont été fournies gratuitement, individuellement ou en groupe”, affirme Richard Taguelem. Elles portent sur toutes les étapes de la production du cacao : l’entretien de la cacaoyère, la fermentation, le séchage, etc. Objectif : éviter l’acidité des fèves. Les tamis, remis gratuitement aux producteurs, ont réduit le taux de déchets dans le cacao. “Ces outils leur permettent d’enlever les branches d’arbres, les cailloux, et les brisures, qui, très souvent, se retrouvent dans le cacao acheté en brousse”, indique-t-on à Camaco.

Intrants, fongicides, insecticides et herbicides sont fournis gratuitement aux paysans. Ces dons sont accompagnés de formations qui permettent aux cacaoculteurs de les utiliser rationnellement dans les champs. Selon Ingmar Streese, directeur des programmes et partenariats mondiaux chez Mars Incorporated, une multinationale américaine basée à Bruxelles, ce type d’investissement en faveur des populations rurales est loin d’être désintéressé. “C’est véritablement un processus d’aide mutuelle : les producteurs nous fournissent davantage de cacao et nous les aidons à améliorer leurs connaissances, leurs produits et leurs rendements, ce qui se traduit par des revenus plus élevés”, affirme t-il dans un entretien accordé au magazine belge Défis Sud.

Les employés travaillent.

Travail dans l’usine.

Taux d’humidité et de déchets en baisse

En plus de toutes ces actions en direction des producteurs, l’entreprise a acquis un séchoir moderne en 2010, qui lui permet d’effectuer le traitement final du cacao selon les normes du marché international. Cette technologie a également contribué à la réduction du taux de fèves brisées, également responsable de l’acidité des fèves. Elle est munie d’un prénettoyeur, qui élimine la poussière et divers déchets dans le cacao. Le séchoir moderne de la Camaco a une particularité : il comporte des chambres de refroidissement. « Elles permettent qu’à la sortie du séchoir, les fèves au lieu d’être chaudes au toucher, aient plutôt la même température qui prévaut à l’extérieur de l’usine, permettant ainsi d’éviter qu’elles ne reprennent de l’humidité (qui est également responsable de l’acidité des fèves)”, explique le directeur d’usine. Les activités sont coordonnées à la “Cameroon Marketing Commodities”. Ici, près du séchoir, deux employés ensachent les fèves de cacao. Les sacs sont ensuite chargés, au fur et à mesure, dans des containers. “Cette marchandise sera embarquée au Port autonome de Douala, à destination d’Amsterdam où elle est réservée à notre partenaire, la multinationale ADM Cocoa, l’un des plus grands fournisseurs internationaux de cacao aux chocolatiers et confiseurs)”, confie Taleguem. Au final, Camaco est gagnante, le taux d’humidité et de déchets dans sa production de cacao est passé de près de 8% il y a 5 ans, à 3% aujourd’hui.

Anne Matho

Flotte de 4×4, nouvelle usine

Des investissements qui font la différence

Camaco n’est pas la deuxième plus grande entreprise exportatrice du Cacao camerounais par hasard. La structure dépense beaucoup d’argent chaque année pour l’acquisition du matériel roulant de type «tout terrain». Ces engins lui permettent de sillonner les zones de production, allant jusque dans les villages les plus enclavés. Ce qui donne à la structure un avantage sur ses concurrents. “De nombreuses structures n’investissent pas autant dans l’acquisition de véhicules de transport”, explique Richard Taguelem, directeur.

Une flotte 4×4 récemment acquise.

Une flotte 4×4 récemment acquise.

Une vue de la nouvelle usine.

Une vue de la nouvelle usine.

L’usine de Bekoko à l’entrée ouest de Douala, construite en 2010, est également un atout de poids. Elle permet à l’entreprise d’être plus proche du Port autonome de Douala, et donc, d’exporter beaucoup plus de produits vers l’Europe. «Nous avons un plus grand espace. Par conséquent, nous stockons une quantité bien plus importante de marchandise», soutient le responsable de l’entreprise. Avant, l’entreprise qui louait un entrepôt au port autonome de Douala, n’arrivait pas à honorer des livraisons, parce que contrainte de traiter sa marchandise dans la précipitation pour céder l’espace à d’autres structures.

Anne Matho

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