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Les opérateurs privés de la filière phytosanitaire sont désormais des partenaires privilégiés de l’État du Cameroun dans le traitement des denrées alimentaires destinées à l’exportation.

 

Une première au Cameroun depuis le désengagement de l’État des activités de traitement phytosanitaire au Port autonome de Douala en 1990: regroupée au sein du Syndicat national des sociétés de traitement, d’hygiène et assainissement et des revendeurs de matériel phytosanitaire (Synsthar-phyto), une trentaine d’entreprises du secteur vont bientôt exercer légalement le traitement et le contrôle post-traitement des denrées agricoles dans l’enceinte portuaire. Le 10 mars 2011, l’organisation a été officiellement reconnue par le Comité consultatif d’orientation du Port autonome (cco/pad) comme principal relais entre l’État et les entreprises phytosanitaires prestataires de service du port.

Selon Simon Jules Momassa, le président national du Synsthar-phyto, cette décision  permettra de mener des actions conjointes avec les pouvoirs publics en vue d’améliorer le label des denrées agricoles camerounaises sur le marché international. Elle va aussi ouvrir la voie à plus de professionnalisme dans le traitement et le suivi-post traitement des marchandises agricoles destinées au commerce international. « Avec l’aide de fonctionnaires véreux, certaines entreprises fictives non agréées opèrent dans le domaine phytosanitaire au port. Non seulement, elles ne font pas du bon travail, mais en plus on est surpris de voir que les cargaisons  qu’elles n’ont pas bien traitées échappent au contrôle du poste de police phytosanitaire », s’indigne le responsable de l’organisation. Ce manque de professionnalisme affecte le label des produits agricoles camerounais.

 

Cargaisons détruites

Selon le président du Synsthar-Phyto, de nombreuses cargaisons de denrées agricoles camerounaises sont détruites chaque année dans les ports internationaux. Faute de traitements conformes aux normes des échanges internationaux définies par la convention internationale pour la protection des végétaux (Cipv) de l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et l’accord sur les obstacles techniques (Otc) de l’organisation mondiale du Commerce (Omc) ratifiés par l’État du Cameroun. « A présent, seules les entreprises qui disposent du matériel de détection adéquat, d’un agrément et du personnel qualifié, pourront effectuer les traitements phytosanitaires des denrées agricoles au port », explique t-il.

La décision des pouvoirs publics permettra également aux entreprises membres du Systhar-phyto de se refaire une santé financière. Selon le responsable du syndicat, beaucoup d’opérateurs de la filière phytosanitaire accusent un manque à gagner à cause de la concurrence déloyale des sociétés fictives. Ces dernières pratiquent des prix bas parce qu’elles n’ont pas de charges à supporter comme, par exemple, payer des salaires, des impôts, etc.

Au port autonome de Douala, l’intervention des opérateurs du Synsthar-phyto ne sera pas limitée au traitement phytosanitaire. Dans l’optique de participer à l’amélioration du label des produits agricoles camerounais sur le marché international, les opérateurs du Synsthar-Phyto vont être associés au suivi-post traitement. « Nous allons être représenter au moment de l’évaluation des travaux des entreprises membres en tant qu’observateurs, pour vérifier la qualité des marchandises agricoles qui seront exportées »,  conclut-on à la Synsthar-Phyto.

Anne Matho

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