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Mécanisation agricole

Concours de labour au Salon Plein champ des Cuma à N'dali au Nord du Bénin. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Concours de labour au Salon Plein champ des Cuma à N’dali au Nord du Bénin. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Grâce à leur union en Coopératives d’utilisation du matériel agricole, des agriculteurs béninois ont désormais accès aux équipements agricoles modernes. Ils ont ainsi pu tripler les superficies cultivées avec des tracteurs et accru les rendements. Leurs conditions de vie se sont améliorées.

Superficies et rendements sont désormais élevés depuis que des petits producteurs béninois ont accès aux tracteurs et autres matériels agricoles modernes. C’est le fruit de leur regroupement en Coopératives d’utilisation du matériel agricole (Cuma). Ils ont investi en commun pour acquérir des équipements agricoles qu’ils ne pouvaient pas acquérir de façon isolée à cause des prix élevés.
À Sokka Hameau, un village de l’Est du Bénin, le groupe Se Seru qui rassemble huit agriculteurs en Cuma, a augmenté de 140% la superficie cultivée pour la production du maïs. La surfacée allouée pour la culture du coton a triplé. Coordonnateur national de l’Union national des Cuma du Bénin, Koffivi Nouwogou  salue ces bons résultats. «Tout cela a été possible parce que les villageois se sont organisés en Cuma pour l’acquisition de tracteurs de 30 et 60 chevaux. Les producteurs ont pu labourer de grandes superficies en un laps de temps que ne le permettraient pas la daba ou les bœufs, qui sont fatigants».
Un changement est également observé à Sinanwongourou, une localité du nord du Bénin où les six membres du groupe La panthère ont multipliée par 2 au cours de la campagne 2011-2012, la superficie qu’ils cultivaient grâce à l’acquisition d’un tracteur Sonalika de puissance 60 ch. Cette surface a augmenté l’année suivante, allant de 90,25 hectares à 102,72 hectares. «L’utilisation de tracteur pour la préparation du sol a fait doubler les rendements des différentes spéculations, poursuit Koffivi. Une bonne préparation du sol est facteur d’un bon rendement. La daba ne peut pas permettre de bien préparer le sol » .

Membre d'une Cuma, Adèle a été formée à l'utilisation des tracteurs. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Membre d’une Cuma, Adèle a été formée à l’utilisation des tracteurs. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Investir en commun
Cet accroissement s’est accompagné par une augmentation du rendement. A Tokanmé – Aliho, dans le département du Département du Couffo située dans le sud-ouest du Bénin, la Cuma Agbétro, a doublé sa production de Niébé (Haricot). Son rendement qui était de 1, 02 tonne par hectare avant la création de la Cuma en 2009, a atteint 2,27 par hectare deux ans plus tard. Le maïs est passé de 880 kg par hectare à environ 2 tonnes pour la même superficie en 2013.
A travers le bénin, plus de 850 producteurs se sont organisés en Cuma pour tirer profit du matériel agricole, au lieu de privilégier une utilisation individuelle qui requiert coût élevé. Cette initiative est inspirée du modèle français des Cuma qui est basée sur « l’organisation volontaire de petits groupes solidaires d’agriculteurs qui investissent en commun dans les équipements, s’organisent collectivement pour les utiliser sur leurs exploitations et se structurent en réseau pour la formation, la représentation et les échanges de pratiques », expliquent un groupe d’experts dans une étude intitulée «Une expérience originale de mécanisation partagée en Afrique : les coopératives d’utilisation de materiel agricole du Bénin. Dans l’ouvrage paru en avril 2015 et cofinancé par la Foundation Farm, les auteurs soulignent le mode d’organisation des Cuma pour satisfaire les membres et préserver la cohésion du groupe. « Un ordre de passage du tracteur pour le labour est établi. Dans la plupart des cas, deux passages sont effectués chez chaque membre afin de minimiser les risques de non-satisfaction ». Dans la majorité des cas, relèvent-ils, les tours de passage sont décidés en assemblée générale au début de la campagne, par consensus. Dans les autres cas, les tours de passage se font par tirage au sort par « zone » où plusieurs producteurs sont installés.
En ce qui concerne la quote part des membres pour l’achat des équipements, les experts indiquent que le montant de l’apport en capital de chacun est fonction des superficies que celui-ci souhaite labourer avec le tracteur : « chacun contribue aux charges d’exploitation du matériel proportionnellement à son utilisation ». A en croire les auteurs de l’ouvrage, c’est ce partage du coût de l’équipement facilite indéniablement l’accès à la motorisation aux petits agriculteurs.
Les Cuma emploient des mécaniciens qui sont formés à la conduite, l’entretien et au réglage du tracteur.

Les rendements ont augmenté. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Les rendements ont augmenté. Crédit photo : Nouwogou Koffivi

Des conditions de vie améliorées
Tout n’est pourtant pas rose dans le ciel des Cuma. Une fois le capital réuni, il n’est pas toujours évident de trouver des équipements répondant aux besoins des agriculteurs. En effet, les agriculteurs n’ont pas les moyens d’acheter le matériel auprès des distributeurs privés, qui pratiquent des prix élevés. Par conséquent, ils en font importer ou doivent en acquérir auprès des programmes ponctuels de l’Etat ou d’ONG.
« En raison de ces difficultés, 44 % des Cuma sont encore au stade de la recherche d’équipement », expliquent les experts. « L’attente, qui peut durer des années, décourage certains membres, et le groupe se recompose alors autour d’un noyau plus restreint », ajoutent-ils. A ce problème, s’ajoute celui d’un manque de fonds pour assumer les pannes imprévues et le renouvellement du tracteur une fois que l’équipement est acquis.
Les revenus générés par l’augmentation de la production ont permit d’améliorer les conditions de vie des adhérents. «Ils arrivent désormais à assurer les soins de santé de leur famille, envoyent les enfants à l’école et leur famille mangent à leur faim », confirme Nouwogou Koffivi, le Coordonateur national de l’Union national des Cuma du Bénin. Les marches à pieds sur de longues distances sont devenues rares : des adhérents la CUMA se sont dotés de véhicules. « Ils ont payé des engins à deux roues et un président s’est offert une voiture », explique Nouwogo.
Président de la Cuma La panthère, Gros Démon Tamou Sabi confie avoir acheté son propre tracteur d’occasion de marque MF 275, qu’il pense mettre bientôt à la disposition du groupe. Comme la plupart des membres de cette coopérative, Il a également acquis une parcelle à Kandi. Une maison louée au plus offrant y est construite.
Des membres de Cuma ont réhabilité les propriétés existantes. C’est le cas de Raymond Katchika, le secrétaire de la Cuma Agbletro qui affirme avoir changé la toiture de sa maison auparavant en paille en tôle, grâce aux revenus tirés de la vente de ses produits agricoles de la campagne 2012 – 2013.
En dehors des services qu’elles rendent à leurs adhérents, les CUMA participent au développement de leur localité. « Des dons en espèces pour la réalisation des infrastructures communautaires ont été octroyés et des équipements appartenant aux Cumas ont été utilisés pour le transport du sable devant servir pour la construction de la maison des jeunes et des bâtiments devront abriter l’école du village Sinanwongourou», conclut Nouwogo.
Anne Matho

Louis Djilemo montre son invention.

Louis Djilemo montre son invention.

Le four Djilemo permet aux producteurs de fruits, légumes et tubercules du Cameroun, d’accroître la durée de conservation de leurs produits en les séchant.

 

Plus besoin d’attendre l’apparition du soleil pour sécher les denrées agricoles. Le four Djilemo, du nom de son inventeur, Louis Djilemo, un ingénieur agronome camerounais, sèche les fruits, légumes, tubercules et autres produits à haute teneur en eau, tout au long de l’année, malgré les intempéries.

Cette prouesse est le fruit de longues années de recherche. En 1989, alors qu’il est vulgarisateur de variétés améliorées de manioc à haut rendement au Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Louis Djilemo doit faire face à la question des pertes post-récoltes. “Je suis interpellé par des producteurs de manioc. Après avoir produit en abondance des boutures de manioc que nous avons mis à leur disposition, ils me posent une question. Que devons-nous faire de toute cette production? Ils étaient alors  obligés de vendre trois jours après les récoltes au plus tard. Faute de quoi, le manioc pourrissait”, déplore Louis Djilemo.

“Je suis interpellé par des producteurs de manioc. Après avoir produit en abondance des boutures de manioc que nous avons mis à leur disposition, ils me posent une question. Que devons-nous faire de toute cette production? Il étaient alors obligés de vendre trois jours après les récoltes au plus tard. Faute de quoi, le manioc pourrissait”,

 

Premier four en 1999

Commence alors une longue période de recherche. L’idée est de trouver une technique de conservation du manioc qui rendra possible la transformation de cette denrée en cossettes (chips), farine, amidon, couscous, tapioca etc. ”A l’époque, se souvient  l’inventeur, il n’existait pas de documentation fournie sur le sujet au Cameroun. Je n’ai trouvé qu’un seul livre qui traitait des technologies post-récoltes”. Grâce à un  financement du Centre technique de Coopération agricole et rural (CTA), une institution conjointe des Etats ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et de l’Union européenne, il reçoit de nombreuses publications sur le sujet. Finalement, c’est en 1999 qu’il mettra un point le premier four. La toute première pièce est vendue à Marie-Claire Ekaboma, une commerçante camerounaise, aujourd’hui décédée.  La technologie lui permettra d’exporter du manioc sous forme de cossette en Europe pour satisfaire des commandes.

Le mode de fonctionnement du séchoir est basé sur le système de conversion. “On ouvre une vanne qui apporte de l’air frais. Cet air se déshydrate en présence de la chaleur produite dans la chambre de combustion. Et c’est cet air déshydraté qui séchera les produits agricoles étalés dans une autre chambre”, explique l’ingénieur camerounais. La technologie qui ne nécessite pas d’électricité pour son fonctionnement, est adaptée au monde rural africain. En effet, le four Djilemo est alimenté par du charbon qu’on peut compléter avec de la pouzzolane et des résidus de récoltes ou de l’industrie du bois, qui sont très souvent déversés dans la nature. L’innovation est munie d’une cheminée qui garantit des produits sans fumée.

 

En tôle ou en latérite

Les premiers modèles sont fabriqués avec des briques en latérite. Destinés à un usage communautaire, ils coûtent 2.500.000 Fcfa maximum. “Généralement, ce sont les bailleurs de fond qui les achètent au profit de communautés rurales”, confie Djilemo. Ce modèle rencontre un succès au Ghana et au Bénin, des pays où le développement communautaire est très encouragé. Mais progressivement, un séchoir individuel sera mis sur pied pour conquérir la clientèle camerounaise. Plus petit et en tôle, il coûte 400.000 Fcfa au maximum. La capacité du four Djimelo est de 600 kg de produits par roulement pour les fours collectifs et de 100 kg pour les séchoirs individuels.

En 2008,  Louis Djilemo a reçu le prix de la meilleure  innovation technologique lors de l’atelier-foire régional sur le repérage et le partage des Innovations en Afrique de l’Ouest et du Centre organisé par le Fonds international de développement agricole (Fida) à Ouagadougou au Burkina Faso. Le four Djilemo est breveté par l’organisation Africaine de la Propriété intellectuelle (Oapi).

Anne Matho

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08209506_PVI_0002_A443590_SPImporté par gouvernement camerounais en 2009, le système d’irrigation goutte-à-goutte a été testé et introduit avec succès en milieu paysan.

“Inéluctablement, le système goutte à goutte deviendra la technique d’irrigation la plus utilisée au Cameroun”, prédit François Nkeng Peh, un spécialiste en génie rural au Ministère de l’agriculture et du Développement rural (Minader). Depuis trois ans, des kits d’irrigation sont employés avec succès par des petits producteurs dans l’Ouest et le Littoral du Cameroun. L’expérience tarde pourtant à s’étendre, faute d’investisseurs pour commander et en importer en grande quantité afin de satisfaire la demande. Ces outils constitués de packages avec filtres, des tuyaux avec goutteurs et des accessoires (permettant de relier ces tuyaux) ont une capacité d’arrosage pouvant atteindre jusqu’à 12 litres d’eau par heure sur un rayon maximal de 1000 m2.

 Économiser l’eau

Comme son nom l’indique, le système goutte-à-goutte permet d’irriguer les champs en distillant une petite quantité d’eau. “Chaque culture ne reçoit de l’eau qu’en goutte”, explique le spécialiste. Contrairement aux arrosoirs et canons d’aspersion utilisés respectivement par les petits producteurs et les sociétés agroindustrielles, cette technologie permet donc de faire une économie d’eau. “Les mauvaises herbes ne reçoivent pas d’eau, souligne le spécialiste. Elles s’assèchent et meurent”.

Cette innovation est même moins contraignant. “Avec les arrosoirs, il faut toute une  journée pour arroser manuellement 2 000 m2. Alors qu’avec le goutte-à-goutte,  on peut programmer le temps d’arrosage en ouvrant la vanne et quitter le champ pour s’atteler à d’autres activités”, estime François Nkeng Peh. La nouvelle technique d’irrigation permet aussi d’apporter aux plantes une quantité d’eau suffisante, qui est déversée “directement à l’endroit nécessaire, au niveau des racines”, précise-t-il. Elle est plus efficace, contrairement à l’arrosoir qui n’irrigue pas en profondeur. “Les plantes ne reçoivent d’eau qu’en surface. Elle ne pénètre pas dans la terre”.

 50% de rendement en plus

La probabilité que des parcelles du champ ne soient pas arrosées est alors grande, selon Nkeng Peh. En plus, il faut recommencer l’opération d’arrosage deux à 3 jours plus tard. Dans un rapport intitulé «le système goutte-à-goutte à basse pression : une nécessité vitale dans les zones arides et semi-arides», un groupe d’experts relève les avantages du goutte-à-goutte : la distribution de l’eau dans le champ est uniforme. Conséquence, le producteur obtient une croissance homogène de ses plantes”. Ce qui favorise l’augmentation tant qualitative que quantitative du rendement. “Le producteur obtient en moyenne 70 tonnes d’oignons par hectare, contre 40 tonnes  avec l’irrigation classique”, vante le rapport.

Le goutte-à-goutte favorise également la conservation des sols. Utilisés pour l’aspersion, les canons détruisent les sols. “En projetant de l’eau à 30-40 mètres plus loin, ils déversent de grandes quantités d’eau qui s’abattent sur le sol et provoquent de l’érosion, ou encore déchirent les feuilles des plantes”, conclut Nkeng Peh.

Anne Matho

Un tracteur reçu en don a permis à une coopérative de femmes camerounaises de multiplier les surfaces cultivées par 25 en quatre ans. Et ainsi d’assurer l’autonomie financière des membres.

 

“Tout ça a été labouré en une semaine. Je dis bien une semaine !”. Montrant de la main un champ de maïs verdoyant qui s’étend à perte de vue, Rebecca Kamgue, présidente de la Coopérative agropastorale des femmes rurales du Littoral, Ouest et Sud-Ouest (Coopaferlos), à Mélong (130 km à l’ouest de Douala), explique comment l’arrivée d’un tracteur a déclenché une mini-révolution agricole.

“Ce champ fait 11 ha. Vous comprenez bien qu’il était impossible de labourer une telle superficie à la houe”, ajoute Régine Ndemanzé, membre de cette coopérative de 3 000 femmes. Le groupe aurait même pu faire mieux si toute la chaîne avait été mécanisée. “Nous avons labouré 20 ha, précise la présidente, mais, faute de semoir, nous n’avons pu ensemencer que 11 ha à la main.”

D’un pas pressé, Rebecca Kamgue se dirige vers une autre parcelle, 100 m plus loin. Ici, des plants de pastèque viennent d’être repiqués sur 2 ha. À côté, les herbes commencent à envahir les 3 ha où la tomate a été récoltée. Des parcelles déjà labourées ont dû être abandonnées car inondées après les averses inattendues d’octobre. Tomate, piment, aubergine, pastèque, poivron, gingembre… chaque culture s’étend sur quelques hectares.

 

Un don de l’Inde

Jamais auparavant la Coopaferlos n’avait exploité de si vastes étendues! “Grâce à cet engin, nous sommes passés de moins de 2 ha en 2006 à 50 ha cette année”, évalue Rebecca Kamgue, récemment élue membre de la Chambre d’agriculture. Faute de terres disponibles à Mélong, les femmes sont allées dans la localité de Santchou (environ 25 km plus loin) pour louer d’autres terres à exploiter. Sur ce site, la coopérative prévoit d’atteindre puis de dépasser rapidement 200 ha de plantations communautaires. Des progrès ont aussi été observés sur des exploitations individuelles, qui dépassent chez certaines femmes 5 ha, cinq fois plus qu’il y a quatre ans. “Il suffit de payer le carburant pour que le tracteur laboure vos parcelles”, se félicite Régine Ndemanzé.

Le champ de maïs a été labouré au tracteur mais le reste des opérations se fait à la main. Cet engin fait partie d’un don de 60 tracteurs de marque Sonalika que l’État avait reçu du gouvernement indien en avril 2006. Le pays donateur voulait les faire tester en vue de l’installation éventuelle d’une filiale locale de montage au Cameroun. Heureuse coïncidence, peu de temps auparavant, lors d’un contrôle sur le terrain de l’utilisation de motopompes octroyées aux paysans, la commission du ministère de l’Agriculture avait été fort impressionnée par la production du Groupement d’intérêt collectif (GIC) de Rebecca Kamgue. “Le chef de mission a appelé au ministère à Yaoundé pour demander que notre GIC soit inscrit sur la liste des bénéficiaires des tracteurs.” La coopérative n’a déboursé que 1,5 million FCFA (2 287 €) pour les frais de douane. Kouongun, l’un des rares hommes membres de la coopérative, s’est porté volontaire pour conduire le tracteur : “J’ai payé 200 000 FCFA (305 €) pour une formation de trois mois et de la documentation sur le dépannage.” Peu à peu, des femmes s’initient aussi à la conduite.

Tout n’est pourtant pas rose dans le ciel des agricultrices de Mélong : la charrue, conçue pour les rizières indiennes, n’est pas adaptée au sol et aux hautes herbes d’ici. Il leur a fallu d’abord débroussailler manuellement avant le labour. La machine a été livrée sans les accessoires. En attendant de pouvoir les acheter, le GIC loue charrue à disque, semoir et remorque.

Un homme du village s’est porté volontaire pour conduire et entretenir le tracteur. Les revenus de la coopérative sont pour partie distribués équitablement aux membres, en

général à la veille de la rentrée scolaire. “Grâce à cela, résume Julienne Ouandji, nous payons les frais de scolarité de nos enfants du primaire à l’université sans nous tourner forcément vers nos maris.”

“Des enfants qui, il y a quelques années, étaient sur le point de quitter l’école faute d’argent ont repris la classe”, appuie Rebecca Kamgue. Cette année, plus de 11 millions FCFA (16 768 €) ont ainsi été répartis entre les membres. Le reste des bénéfices alimente un fonds d’assistance sociale, qui verse des aides financières en cas de coup dur.

Source: Spore.cta.int

Après une baisse due à la crise financière mondiale entre 2008 et 2009, les ventes des machines agricoles chinoises au Cameroun repassent au vert. 

Les affaires sont en voie de normalisation à Agro-mac import export Ltd, une entreprise de distribution de machines agricoles d’origine chinoise au Cameroun. Progressivement, la filiale camerounaise de la première usine chinoise de fabrication de tracteurs et machines agricoles Yto se remet de la crise financière mondiale. Entre 2008 et 2009, l’entreprise a accusé près de 10 % de baisse de ses ventes à la suite de nombreuses annulations de commandes. « Beaucoup d’agriculteurs n’arrivaient plus à écouler leurs marchandises sur le plan international. Conséquence, ils étaient dans l’incapacité d’effectuer les paiements », explique Wang Wenqing, le directeur général.

Hausse de 5%

A présent, la crise financière n’est plus qu’un mauvais souvenir. Cette année, l’entreprise enregistre une hausse des ventes de près de 5%.  Des atomiseurs à jet d’insecticide en brouillard et en poudre à dos, importés de Chine ont largement contribué à ce succès. Selon Wang Wenqing, les caractéristiques de ces outils séduisent les clients. « Ces atomiseurs à jet d’insecticide sont moins contraignants que les pulvérisateurs. Directement rattachables à un tracteur, ils permettent à l’agriculteur de réduire les efforts physiques. », se réjouit le responsable de l’entreprise. D’une puissance de 2,5 chevaux, ils dispersent les pesticides dans la plantation à une vitesse moyenne comprise entre de 6000 et 6500 tours par mètre.

Autres machines ayant participé à la hausse des ventes, la décortiqueuse à riz NJ-15/20. Selon le Directeur général, cet outil qui dispose d’une technologie appropriée au riz « long grain » est prisé par les agriculteurs. Dernière fabrication du groupe chinois Yto importée par l’entreprise, cette machine effectue le décorticage de 800 kg de riz à l’heure. En plus de cette grande productivité, précise Wang Wenqing, l’outil n’occasionne qu’un faible taux de riz brisé.

 

Avenir prometteur

Galvanisé par les performances actuelles d’Agro-mac Import-export Ltd, les responsables de l’entreprise espèrent une augmentation plus importante du rendement dans les prochaines années. Ils misent sur la décortiqueuse à café. Les ventes de cette machine sont croissantes depuis le début de cette année. L’entreprise espère qu’avant 2015, elles seront davantage élevées, grâce à la relance de la filière café amorcée par le gouvernement camerounais depuis 2009. L’État espère tripler la production caféière avant 2015. « Nous avons espoir que les caféiers seront régénérés. Par conséquent, la production sera en hausse et nous vendrons plus de décortiqueuses à café », affirme le directeur général.

En attendant, l’entreprise mise sur son service après vente. « Nous avons une équipe d’ingénieurs que nous mettons gratuitement à la disposition de la clientèle », explique le responsable de l’entreprise. L’entreprise forme également les employés de ses clients au dépannage et à l’utilisation des machines lorsqu’ils lui en font la demande.

Anne Matho

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