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Industrie agroalimentaire

Crédit photo : Greenpeace

Crédit photo : Greenpeace

Bien qu’ayant obtenu une autorisation du Président Paul Biya d’exploiter environ 20 000 hectares dans le Sud-ouest du Cameroun pour la production du palmier à huile, la Sgsoc, filiale du groupe américain, ne débutera ses travaux qu’après avoir laissé le temps à l’administration de récupérer le bois qui s’y trouve.

Le début des activités de Sithe Global Sustainable Oils Limited (Sgsoc) sur les 20 000 hectares de forêts octroyés par un décret de Paul Biya dans le Sud-ouest n’est pas pour demain. La société filiale de l’américain Herakles Farms devra d’abord remplir les exigences de la loi forestière.
Problème : de grandes quantités de bois, sur toute la superficie, doivent être exploitées par le ministère et vendus aux enchères. Une partie des fonds issus de la vente sera versée aux populations riveraines sous forme de redevance forestière. «Les populations et les collectivités territoriales décentralisées auront droit à 50% des recettes: 40% pour les communes et 10% pour les populations», explique Joseph Nsengue Levodo, Délégué régional du Minfof (Ministère des forêts et de la faune) pour la région du littoral. Le reste des fonds devra être versé au Trésor public.
«Le Minfof gère les ressources forestières sur les terres même si celles-ci relèvent du Ministère des domaines et des affaires foncières, poursuit Joseph Nsengue Levodo. Car la législation forestière veut que, lorsqu’on affecte un domaine forestier, l’administration des forêts envoie ses agents sur le terrain afin qu’ils coupent et récupèrent le bois qui s’y trouve avant l’utilisation des terres». Le non respect de cette disposition expose le contrevenant à de lourdes amendes. «Le Minfof pourra lui imputer de payer la valeur des ressources forestières en contrepartie de ce qu’elle aurait coupé », prévient le responsable du Minfof.

25 millions de Fcfa d’amende

Pour ce même motif, la Sgsoc avait déjà subi les foudres du Ministère en juin 2012. Dénoncées par les populations riveraines et de nombreuses Organisations non gouvernementales, ses activités avaient été stoppées après un contrôle de l’observateur indépendant au contrôle forestier. Il lui avait notifié une amende d’environ 25 millions Fcfa. Il avait noté que la Sgsoc n’avait « pas suivi les modalités et procédures légales conduisant à l’aliénation du domaine forestier permanent ».
Sans attendre que le Minfof intervienne pour effectuer les coupes de récupération, la Sgsoc avait déboisé une zone de jachère de plusieurs hectares pour l’implantation de sa pépinière, défriché environ 1,6 ha pour l’implantation d’une parcelle d’essai, utilisé des arbres abattus pour la construction d’un pont sur le cours d’eau Bakebé, et ouvert une route d’environ 3 km avec abattage et dessouchage d’arbres. Ce qui lui a valu cette amende.
Faux, affirme l’entreprise américaine mise en cause : «Herakles Farms n’a jamais reçu une amende, peine ou mesure d’arrêter le travail. Nous avions suivi la procédure adéquate et avions à l’époque notifié au Minfof notre intention de commencer les travaux. N’ayant reçu aucune réponse 60 jours plus tard, comme le stipule la loi, nous avons commencé le défrichement. » . Au moment des faits, cette firme américaine devait exploiter 73 000 ha de terre, beaucoup plus qu’aujourd’hui.
En mai 2013, la filiale camerounaise d’Heraklès Farms a, à nouveau, été obligée de suspendre ses activités. Dans un communiqué, elle indiquait répondre ainsi à une injonction du ministère des Forêts qui lui demandait de «cesser de défricher près de la pépinière Talangaye ». Dans un communiqué radio, le Ministre en charge des Forêts a indiqué qu’il avait seulement « demandé à l’opérateur d’observer une règlementation spécifique à la conservation forestière qui se trouvait être violée ». Il avait alors rappelé que «la signature d’une convention avec le gouvernement n’exemptait pas l’entreprise du respect de l’ensemble des procédures et contraintes environnementales».

Anne Matho (JADE)

Encadré : Les éléments constitutifs du dossier
Avant les coupes de récupération, le concessionnaire doit effectuer une étude d’impact environnemental. «Il s’agit d’une obligation de la loi forestière, car le défrichement de la forêt aura des conséquences. Il va affecter le climat, la biodiversité, les animaux. Les populations qui vivent autour n’auront plus le bois de chauffe», souligne Joseph Nsengue Levodo, le Délégué régional du Minfof.
Cette étude, réalisée aux frais du concessionnaire, doit obéir à «des normes fixées par l’Administration pour assurer la conservation, le développement ou, le cas échéant, la récupération des ressources naturelles». Les résultats sont ensuite soumis à l’administration des forêts qui sera, à son tour, chargée de «faire les contrôles et vérifications pour s’assurer que les études ont été bien menées ».
La filiale camerounaise d’Herakles Farms devra réaliser un inventaire des ressources en bois présentes sur les 20 000 hectares. « Attention ! Le processus ne peut pas avancer si la réglementation n’est pas respectée. Dans le cas contraire, le Minfof n’autorisera pas le défrichage de la forêt », prévient le délégué.
A.M.
Les articles sont produits avec l’aide financière de l’Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’union Européenne.

 

Les oranges séchées «Fette di Sole »

Les oranges séchées «Fette di Sole » à Fruit Logistica 2014

Campobasso Marco réussit à accroître la durée de vie des oranges en les séchant. L’innovation est en voie de remporter le prix Innovation Award 2014 de Fuit Logistica, une foire internationale qui regroupe les professionnels de la filière fruits et légumes en ce moment à Berlin.

De petites tranches d’oranges séchées attirent les visiteurs du salon Fruit Logistica qui regroupe en ce moment des milliers de professionnels de la filière fruits et légumes à Berlin. Ensachés dans des boîtes en verre, ces produits labellisés « Fette di Sole » ne laissent pas indifférents les participants qui se succèdent toutes les 5 minutes devant le stand. «Comment avez-vous réussi ça ?», s’interroge un visiteur. « C’est un secret familial. Motus et bouche cousue », répond en plaisantant Campobasso Marco, le petit producteur italien qui a mis au point cette innovation. En voie de remporter le prix Innovation Award 2014 de Fuit logistica, « la «Fette di Sole » est obtenue grâce à un procédé de séchage très lent qui maintient les caractéristiques naturelles des oranges », expliquent les organisateurs de Fruit logistica sur leur site web. «Si une entreprise est disposée à payer un million d’euro, je veux bien lui révéler le processus de séchage», a poursuivi toujours en plaisantant Compobasso.

Campobasso Marco, le producteur des « Fette di Sole »

Campobasso Marco, le producteur des « Fette di Sole »

Aucune information sur la durée du séchage. L’agriculteur conserve jalousement son secret. Le produit séché peut être conservé pendant 6 mois. A condition de le maintenir sous une température de 15°c au moins. Il est nécessaire de le tenir hors de la portée de la lumière. Ce procédé plus rentable, permet à l’Italien de transformer plus de 20% de sa production. Il vend 5 tranches d’oranges séchées soit l’équivalent d’une demi-tranche de ce fruit à 1.8 euros. Ce montant est revu à la baisse en cas d’achat en gros. A titre de comparaison, Marco vend un kilogramme d’orange frais à 1.3 euro maximum.

Un goût exquis
Javier Jimexez, un participant du salon qui a goûté le fruit est satisfait. «C’est bon. La saveur pure d’orange se ressent», apprécie-t-il tout en relevant des limites : «le produit est trop sec. Il faut mixer avec d’autres saveurs pour obtenir un meilleur goût ». Grâce à cette innovation, l’orange pourrait occuper une place de choix dans le classement des fruits et légumes les plus exportés par les pays d’Afrique de l’ouest et du centre vers l’Union européenne. Pour le moment, elle est classée très loin derrière la banane, l’ananas, la mangue, la goyave et l’avocat qui sont les cinq fruits les plus exportés dans les deux régions, selon les données du Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacific (Coleacp), recueillies auprès de l’Office statistique de l’Union européenne Eurostat. Délégué de l’organisation de producteurs « Unité agropastorale du Cameroun », et Secrétaire général du Coleacp, Jean Marie Sop salue l’innovation. «C’est une bonne nouvelle pour nous, producteurs africains. On pourra désormais conserver plus longtemps les oranges au lieu de les laisser pourrir dans nos villages».

Le Cameroun très bien représenté à la foire par Jean Marie Sop.

Le Cameroun très bien représenté à la foire par Jean Marie Sop.

Il est favorable à l’acquisition de cette innovation. A condition qu’elle soit rentable. «Le séchage de l’orange est compliqué parce que ce fruit contient environ 90% d’eau. Ce qui implique qu’après le séchage, on n’obtienne pas grand-chose. Pour 1 kg d’orange séchée, on obtiendra par exemple 2 à 5 kg de fruits séchés alors qu’avec cette même quantité, on a 10 g d’ananas séché. Est-ce que le consommateur africain disposera d’un pouvoir d’achat conséquent pour l’acheter ?», s’interroge-t-il.
Anne Matho

L’article a été produit à l’occasion du salon agricole Fruit Logistica 2014, grâce à l’aide du Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacific (Coleacp).

Chaque année, le Belge consomme en moyenne sept kilos de chocolat. Le chocolat, un produit de tradition qui pourrait bien devenir un produit de luxe. La pénurie de cacao menace depuis quelques années. La demande est plus forte que l’offre. Résultat: le cacao se fait rare et les prix explosent. D’où ces deux questions: comment les acteurs de la filière s’y prennent-ils? Et puis: quelle est la cause de cette pénurie?

Si le cacao vient à manquer, c’est que les producteurs, principalement en Afrique de l’Ouest, n’y trouvent plus leur compte. Marieke Poissonnier, spécialiste de la filière cacao chez Oxfam revèle que l’on « constate là-bas que les conditions de vie, de travail, sont très mauvaises et que les cacaoculteurs quittent leurs champs ». Read More

L’INVITE » de TV5MONDE présenté par Patrick SIMONIN le 07/11/11 : Aujourd’hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Jean Ziegler a été rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation.
Avec sa franchise habituelle, il dénonce la faim comme un crime de masse bien organisé.

Du poulet congelé sur un marché de Yaoundé

Du poulet congelé sur un marché de Yaoundé

“Tous les marchés de Yaoundé, pour ne citer que ceux-là, sont inondés de poulets importés”, révèle l’Association citoyenne de défense des Intérêts collectifs (Acdic), une organisation paysanne. Selon elle, 110 tonnes ont été vendues au Cameroun en 2011. Pourtant, suite à la campagne “poulet congelé importé” menée en 2004 par l’organisation paysanne pour sensibiliser les populations sur les effets pervers de ces produits pour la santé, l’Etat camerounais a interdit l’importation de poulets congelés. Commanditées par l’Acdic, des analyses en laboratoire à l’institut Pasteur de Yaoundé, ont révélé que 83,5% des poulets importés vendus sur les marchés camerounais sont impropres à la consommation humaine. Ils sont porteurs de bactéries (salmonelles et campylobacter).

A en croire l’Acdic, ces produits proviennent des pays frontaliers, notamment de la Guinée Equatoriale. L’absence d’une véritable politique pour booster la production nationale en poulet de chair favorise le phénomène. Les aviculteurs camerounais n’arrivent pas à satisfaire la demande à cause des incessantes pénuries de maïs, responsables de la destruction des poussins d’un jour et de la cherté de la provende. Autant de problèmes, qui entraînent la rareté du poulet et l’inflation des prix sur le marché, incitant des opérateurs économiques véreux à importer du poulet congelé, vendu moins chers. Ces produits frauduleux coûtent environ 2.000 Fcfa, contre 2.500 Fcfa au moins pour le poulet local.

Anne Matho

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