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Archives Mensuelles: mars 2014

jaPersévérance, amour du travail, patience…Autant de qualités qui ont permis à William Mouachi Kameni, un jeune Camerounais, de réussir dans l’agriculture en 3 ans.Reportage à Douala.

Soigneusement rangés dans un hangar à Nyalla, un quartier de la périphérie de Douala, des dizaines de cageots de tomates vertes ou légèrement mûries, attendent d’être livrés. « Ce sont les commandes d’un commerçant », indique William Mouachi Kameni, leur propriétaire, âgé de 34 ans et qui exerce l’agriculture depuis trois ans.

Le prix d’un cageot de tomates qui se vendait à 4000 Fcfa, a doublé depuis deux mois. Au cours de la dernière saison, il en a récolté 100 tonnes pour un bénéfice de 1 500 000 Fcfa. William espère ainsi gagner plus cette année.

Non loin de l’entrepôt, une surface verdoyante de terre cultivée s’étend à perte de vue. Ici, sur une parcelle de 1 000m2, poussent du poireau et des légumes. Un peu plus loin, de petites tomates vertes s’étalent sur plusieurs sillons. A côté de ces produits maraîchers, les larges feuilles vertes du macabo sont visibles dans divers endroits du champ. Les pastèques, le piment, les poivrons, les patates, les ignames, le manioc…sont autant d’autres denrées alimentaires cultivées dans cette petite exploitation agricole.

Un secteur rentable

L’année dernière, la production de l’ensemble de ces produits agricoles a permis au jeune agriculteur d’obtenir un bénéfice d’environ 6 millions de Fcfa. De bons résultats qui ne sont pas le fruit du hasard. «Il a fallu une bonne dose de détermination et c’est bien cela qui m’a permis de me relever chaque fois que j’ai eu envie de céder au découragement dus aux échecs », explique William.

« J’avais presque tout perdu en 2010 quand les pluies ont inondées mon champ situé dans les bas-fonds alors qu’on était en pleine saison sèche. On y avait planté des légumes, des tomates et des pastèques», se souvient-il. Le  jeune agriculteur a ainsi déjà développé un processus d’apprentissage par l’échec.

«A chaque échec, je cherche toujours à savoir pourquoi. A partir des réponses, j’essaie d’améliorer la saison suivante.  C’est ainsi qu’aujourd’hui, je maitrise l’itinéraire technique de certaines cultures au point de pouvoir les produire aujourd’hui les yeux fermés », explique-t-il.

La tomate entre autres n’a plus de secret pour lui.  « C’est seulement à la sixième tentative que j’ai réussi la production de cette plante. Depuis ce temps, je la produis avec beaucoup de succès », se vante William.

Les fruits de la persévérance et de l’effort

Les leçons tirées des échecs passés lui ont permis de comprendre que le succès dépend de la  variété des cultures utilisées. Elles doivent être adaptées à la zone agro-écologique. «Je cultivais les même variétés de tomates que celles habituellement utilisées quand je vivais dans l’ouest du Cameroun alors que le climat et les terres du Littoral ne sont pas les mêmes. Ce qui expliquait les nombreux échecs », confie-t-il.

Les itinéraires techniques pratiqués par William étaient également ceux de la région de l’Ouest du Cameroun. Il a fallu les réadapter à la zone de Douala qui est plus proche de la mer, contrairement aux hauts plateaux de l’Ouest. « A cause de ces différences, explique le jeune homme, les quantités de fientes et engrais à administrer  ne sont pas les mêmes. Les maladies et les traitements non plus ».

Détermination et patience n’ont pas été les seuls ingrédients de son succès. Il a également fallu des moyens financiers « pour payer des honoraires d’agronomes, acquérir de la documentation et participer à des séminaires », confie-t-il.

William récolte aujourd’hui les fruits de la persévérance et de l’effort. Les revenus qu’il tire de l’agriculture lui ont permis d’acheter un lopin de terre. « Les travaux de construction de ma future maison sont en cours. J’espère qu’en fin d’année, ils seront achevés », espère-t-il fièrement. Il finance par ailleurs les études de ses 2 jeunes enfants et de sa belle-sœur. L’année dernière, il a acheté et mis en valeur une parcelle agricole de 3 hectares.

Fort du succès rencontré dans ses activités, William ambitionne de devenir un grand exploitant agricole. «Le rêve pour moi, dit-il, serait d’avoir 50 hectares cultivables à l’horizon 2024».

Anne Matho

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

La Semry, organisme public qui accompagne les riziculteurs de la partie septentrionale du nord Cameroun, vise une production annuelle de 700 000 tonnes de riz blanc en 2025. De quoi couvrir les besoins du Cameroun et exporter dans le reste de l’Afrique centrale.

 

La Société d’expansion et de modernisation de riziculture de Yagoua (Semry), voit loin. Cet organisme parapublic qui regroupe et accompagne plus de 20.000 petits producteurs du nord du Cameroun en leur offrant des prestations de labour, des formations, la fourniture de l’eau dans les périmètres irriguées et l’entretien des rizières, veut augmenter considérablement sa production.

«Avec le support que l’Etat nous apporte, nous allons relancer le volet industriel et commercial. A ce moment on pourra produire 700 000 tonnes de riz blanc à l’horizon 2025. Ce qui permettra vendre au-delà de l’Adamaoua, du Nord et l’Extrême-Nord du Cameroun, pour couvrir les besoins de consommation du Cameroun entier et d’exporter les surplus dans le reste de l’Afrique centrale »,  explique Haman Ndjidda, chef du service des activités connexes de diversification à la Direction Générale de Semry. La Semry battrait ainsi le record du riz produit actuellement par an dans l’ensemble du Cameroun qui est de 170 000 tonnes depuis 2008. Elle battrait également son propre record qui est de 102 000 tonnes par an dans les années 80.

Réhabiliter les canaux

La Semry est sur de bons rails. En 2011 par exemple, les riziculteurs de la région ont produit 55 441 tonnes de riz. Bien qu’étant très loin de l’objectif visé, cette quantité représente une augmentation de 15,91 % par rapport à 2008.

Les superficies cultivées sont passées en même temps de 4 343 hectares irrigués en 2007 à 9 527 hectares en 2011. Les riziculteurs bénéficient également d’un encadrement. Ils sont bénéficiaires du projet de relance de la riziculture dans la vallée du Logone.  Dans le cadre de ce programme, ils reçoivent des intrants et des formations. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) les appuie également.

Côté infrastructure, surfaces et matériels sont en train d’être rénovés. « Un contrat de l’ordre de 54 milliards signé avec la Banque Mondiale en septembre dernier, permettra de gérer les problèmes liés aux inondations qui affectent la production », a indiqué Haman. « Nous réhabilitons l’outil de travail, les canaux d’irrigation et les digues. Nous avons acquis des engins lourds et du matériel de labour», a ajouté le responsable de la Semry qui espère qu’au terme de cette réhabilitation, l’organisation puisse mettre en culture au moins 18000 hectares de terrain.

 

Des terres propices à la riziculture

La double culture (deux fois l’année), permettra alors à la Semry d’atteindre plus de 100 000 tonnes de riz par an quand les 18 000 hectares seront exploités.

«Oui. Si toutes les conditions sont réunies nous pouvons booster la production. Nous pouvons réduire les importations puisque les pouvoirs publics s’investissent», a assuré Haman. Le nord du Cameroun dispose d’un grand potentiel en termes de périmètres rizicoles pour atteindre son ambition. Le Faro, une localité de la région, offre 100 000 hectares de terres non exploitées, favorable à la riziculture. Le projet de Lagdo (localité irriguée par un barrage du même nom) qui fait autour de 20 000 hectares représente également une surface propice. «Tout cela mit ensemble avec des moyens d’accompagnement de l’état, nous allons atteindre notre objectif», confie le responsable de la Semry.

Anne Matho

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