Cameroun : Aider l’agriculture pour protéger les forêts

Crédit photo : CIFOR. Une femme cueille le Gnetum pour la consommation domestique. Communément appelé "Okok" en langue locale, cette espèce de plante est en voie de disparition dans les forêts camerounaises à cause d'une forte demande sur le marché local.

Crédit photo : CIFOR. Une femme cueille le Gnetum pour la consommation domestique. Communément appelé « Okok » en langue locale, cette espèce de plante est en voie de disparition dans les forêts camerounaises à cause d’une forte demande sur le marché local.

Dans le cadre des négociations sur le changement climatique, le Cameroun veut agir pour préserver les forêts. A condition de recevoir des fonds pour promouvoir de développement agricole.

Pas de financements, pas d’actions pour préserver les forêts. Dans le cadre des prochaines négociations sur le changement climatique, le Cameroun, qui abrite en partie la forêt équatoriale, deuxième plus grande du monde, ne consentira davantage d’effort pour protéger les forêts que si le pays y trouve son intérêt.

Cette position a été communiquée en mai dernier au cours d’un débat sur les financements alloués aux pays en développement pour éviter la perte des forêts, et réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre en vue d’atténuer le changement climatique. L’échange s’inscrivait dans le cadre d’une conférence internationale organisée par le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) à Yaoundé en mai (1).

« La Réduction des émissions de gaz à effet de serre causées par la dégradation des forêts (REDD) est sans objet si elle ne participe pas à la réalisation de projets de développement et de modernisation de l’agriculture et de l’élevage du Cameroun », a indiqué Joseph Amougou, négociateur pour le gouvernement sur les questions internationales relatives au changement climatique.

Pas prêt à recevoir des fonds

«Les forêts, chez nous, ne sont pas seulement du carbone, mais c’est d’abord les hommes et leur développement. C’est pourquoi la protection des forêts n’exceptent pas nos Etats du devoir de Développement », a martelé Joseph Amougou, expliquant ensuite que les efforts du Cameroun sont conditionnés aux fonds octroyés par les pays développés en compensation de la protection des forêts. 

« Le Développement est une raison pour laquelle il faut que les pays soient vigilants, a-t-il-prévenu. Ils doivent savoir ce pourquoi ils font le REDD. Ce processus ne doit pas seulement servir à stabiliser le climat et faire plaisir aux pays développés. Il représente une opportunité d’attraper des financements pour le Développement ».

Comment obtenir ces fonds ? Les pays développés ne sont pas disposés à ouvrir les vannes. «Le Cameroun n’est pas prêt à recevoir ces financements car le changement climatique n’est pas une priorité pour le gouvernement », a riposté Kirsten Hegener, experte de l’agence de coopération allemande GIZ.

Attention au gaspillage  

Le gouvernement camerounais manque de volonté, selon la responsable de cette structure. «Il n’existe pas une politique nationale officielle sur le changement climatique, a-t-elle ajouté. Elle est une des conditions nécessaires, quoiqu’insuffisante, pour la mise en œuvre réussie des activités liées aux changements climatiques et leur bonne gestion financière, y compris le financement du climat ».

« Essayer d’obtenir des fonds pour le financement du climat sans un cadre de politique nationale appropriée est synonyme de risque élevé d’échec et le gaspillage de ces fonds», avertit Kirsten Hegener.

«Non, lui a rétorqué Joseph Amougou. Les questions environnementales comme les questions de gestion des financements sont des choses nouvelles. Pourquoi commencer à exiger des pays d’avoir des capacités sur des sujets qui sont nouveaux ?». Il propose de « développer le processus d’apprentissage à la tâche ». «Ce n’est que comme cela que les pays comme le Cameroun pourront acquérir les capacités de gérer les fonds mis à leur disposition », a-t-il conclu.

Anne Matho

(1) «La gestion durable des forêts en Afrique centrale : Hier, aujourd’hui et demain».

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