archive

Archives Mensuelles: septembre 2013

Usine de l'Unapac

Usine de l’Unapac

Cette association interprofessionnelle forme au respect des normes phytosanitaires en vigueur dans l’Union européenne. Résultat : 1000 tonnes d’ananas ont été exportées vers le vieux continent en 2012 par un groupe d’horticulteurs camerounais.

Les 48 producteurs membres de l’Unapac (Unité agropastorale du Cameroun), un groupe d’initiative commune (Gic) basé à Loum, se réjouissent. Ils ont l’ambition d’accroître leurs exportations de fruits et légumes dans les pays de l’Union européenne grâce à l’appui du PIP, programme initiative pesticides du Comité de Liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacifique (Coleacp).

Cette association interprofessionnelle défend les intérêts des exportateurs/producteurs d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, et ceux des importateurs européens de produits horticoles. «Nous comptons sur l’appui du Coleacp, qui nous aidera à devenir une organisation de producteurs leader en matière d’exportation de fruits», a expliqué Jean Marie Sop, le délégué de l’Unapac au cours d’un point de presse , à Yaoundé le 09 mai dernier.

 

Réduire la pauvreté

A cette occasion, l’Unapac a reçu un prix, symbolique, mais qui certifie la signature du 1000ème protocole du programme PIP avec le Coleacp. Au nom du groupe d’horticulteurs,  Jean Marie Sop a reçu cette récompense des mains d’Achille Bassilekin III, Secrétaire général adjoint du groupe des états ACP.

«Aujourd’hui ce que nous attendons véritablement de cette signature, c’est que le Coleacp puisse nous aider à se conformer à la réglementation liée à l’exportation des fruits et légumes des pays ACP vers l’Union-européenne», a souhaité Jean Marie Sop, le lauréat du jour.

Achille Bassilekin III, a salué l’attribution du 1000ème protocole du programme PIP à ses concitoyens producteurs : «C’est une heureuse coïncidence que le Cameroun bénéficie de ce partenariat. À travers ce protocole ce pays s’est mis à l’avant-garde de l’optimisation des opportunités de financement telles qu’elles existent». Il a assuré que « le PIP renforce les capacités de nos producteurs à se conformer aux normes sanitaires et de qualité qui sont en vigueur dans l’UE. Ce qui permet une augmentation de leurs revenus. Notre engagement est d’apporter un appui conséquent pour que nos exportations soient multipliées pour réduire la pauvreté en zone rurale».

 

Les produits des ACP plus performants

L’Union européenne, bailleur de fond du PIP, est satisfaite des résultats. «Le PIP est performant, vante Denis Salord, le responsable des programmes ACP à la Commission européenne. On le voit aujourd’hui avec l’Unapac qui est passé de 150 tonnes d’exportation vers l’Europe en 2004 à 1.000 tonnes en 2012. Pourquoi cela a-t-il  été rendu possible ? Parce qu’ils ont réussi à mettre en conformité les normes standards de leur production et le suivi phytosanitaire de la chaîne de production aux exigences du consommateur et aux normes internationales».

Le chef des programmes fait l’éloge du PIP, un projet qui, selon lui, aide à promouvoir les exportations des productions agricoles du Cameroun, de l’Afrique en général, et contribue à améliorer la qualité pour les consommateurs : «C’est un bon succès et un bon exemple d’accompagnement sur la scène internationale qui rend plus performants les produits des pays ACP».

Anne Matho

 

Zoom

Un guide sur le café

Le Coleacp travaille avec le secteur public pour améliorer la qualité du cacao/café du Cameroun. «Un guide sectoriel d’autocontrôle qui porte sur les bonnes pratiques de production du café vient d’être élaboré»,  explique Babacar Samb, Coordinateur régional du COLEACP en charge du Cameroun, Burkina Faso, Côte d’ivoire, Gambie, Guinée Bissau. L’ouvrage permet de minimiser les risques sanitaires liés à la consommation de café. Son élaboration entre dans le cadre d’un partenariat signé entre le Coleacp et le gouvernement camerounais. «Le Coleacp aide le secteur cacao/café à se mettre en règle et en phase avec les exigences européennes qui sont de plus en plus dures chaque année, explique Omer Maledy, Secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC). Il ne reste plus qu’à vulgariser le guide d’autocontrôle jusqu’au producteur de base. Pour que chacun engage sa responsabilité personnelle dans la filière : le producteur, le transformateur, l’acheteur, l’usinier ». Des experts ont travaillé avec le CICC  pour l’élaboration du guide. Ils ont formé des Camerounais sur les bonnes pratiques de production. «À leur tour, ces derniers formeront des formateurs qui iront sur le terrain transmettre leurs connaissances » a ajouté Omar Maledy.

A. M.

 

Plus de 1 200 producteurs bénéficiaires

Le COLEACP est présent au Cameroun à travers le programme PIP depuis plus de dix ans. Cette organisation réunit 354 membres (producteurs et exportateurs) à travers les pays ACP, qui représentent à eux seuls 85 % des exportations de fruits et légumes de ces régions vers l’Europe. Objectif : les aider à répondre aux exigences réglementaires de l’UE et aux standards privés des distributeurs en matière de sécurité sanitaire notamment, à travers des formations en hygiène, traçabilité, bonnes pratiques agricoles. Le programme PIP fournit également aux bénéficiaires, l’expertise de consultants spécialisés, des formations dispensées en entreprise, dans des séminaires ou depuis peu par le biais d’Internet. Plus de 1 200 petits producteurs de fruits et légumes et 46 consultants et entreprises horticoles ont déjà bénéficié de l’appui du PIP. «Aujourd’hui, nous avons suffisamment de matériels pédagogiques et d’appuis aux producteurs dans le secteur fruits et légumes qu’il y a moyen d’en faire bénéficier tout le monde», se réjouit Guy Stinglhamber, Directeur du PIP et du COLEACP Bruxelles. En tout, 40 itinéraires techniques ont été développés par le COLEACP pour différents fruits et légumes.

A. M.

 

Planet, le réseau social

Le Coleacp a créé Planet, un réseau social qui facilite les échanges entre différents acteurs du secteur agricole. Communauté en devenir, Planet permet à chacun de ses utilisateurs de prospérer dans son secteur d’activité. Pour rejoindre la plateforme, il suffit de se connecter à http://planet.coleacp.org et de s’inscrire. Planet facilite le débat entre professionnels issus des secteurs de la production et de la commercialisation des produits agricoles, de la coopération au développement, du développement durable. Les membres de la plateforme bénéficient d’un service de questions-réponses gratuit et appuyé par des experts.

A.M.

 

Mr Guy Stinglhamber

Mr. Guy Stinglhamber

Guy Stinglhamber, Directeur du PIP et du Coleacp Bruxelles, explique le 1000ème protocole du PIP signé avec l’Unapac.

 

Pourquoi avoir choisi une organisation camerounaise?

C’est tout à fait symbolique puisque cet accord ne signifie pas que le groupe Unapac est la meilleure entreprise dans tous les pays ACP. Il s’agit tout simplement d’une organisation qui répond aux critères que nous voulons appuyer. L’Unapac aide les petits producteurs à participer à la chaîne de valeur pour exporter vers l’Europe. C’est une qualité que nous soutenons. Car le COLEACP est une association dont tous les producteurs ACP peuvent faire partie. Les exportateurs et les consultants aussi.

 

En quoi consistera l’appui que vous apporterez à l’Unapac ?

Notre appui a démarré durant la première phase du programme par un ensemble de formations et d’appui en qualité sanitaire et traçabilité. Il consistera aujourd’hui à fournir des formations notamment pour la nouvelle équipe de producteurs qui a rejoint l’Unapac. Ce qui va consolider ses connaissancesen termes de qualité sanitaire/bonnes pratiques agricoles et gestion durable des productions. Il va s’agir également d’améliorer les procédures qualité (traçabilité) en agriculture biologique.

 

Comment allez-vous procéder sur le terrain ?

Comme souvent, on ne fait pas les choses à la place des bénéficiaires. Nous sommes un programme centralisé à Bruxelles. Le projet PIP développe des méthodologies, des outils, et donne de l’appui. Mais avec des experts locaux. Ce sont des professionnels du Cameroun qui travaillent sur place, ou parfois des experts d’autres pays des ACP qui viennent au Cameroun et inversement. Donc il y a une prise en charge des problématiques par les experts locaux et les entreprises locales. Car nous faisons confiance à l’expertise locale. Les membres du Coleacp (l’Unapac est également un adhérent) sont bénéficiaires d’un programme géré par leur organisation et prennent en charge leur problématique de façon à pouvoir faire face dans les années prochaines à de nouvelles problématiques du même genre. C’est vraiment une activité associative financée, sponsorisée et aidée par l’Union européenne à la demande du Secrétariat des Etats ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).

Anne Matho

 

%d blogueurs aiment cette page :