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Archives Mensuelles: mai 2013

Louis Djilemo montre son invention.

Louis Djilemo montre son invention.

Le four Djilemo permet aux producteurs de fruits, légumes et tubercules du Cameroun, d’accroître la durée de conservation de leurs produits en les séchant.

 

Plus besoin d’attendre l’apparition du soleil pour sécher les denrées agricoles. Le four Djilemo, du nom de son inventeur, Louis Djilemo, un ingénieur agronome camerounais, sèche les fruits, légumes, tubercules et autres produits à haute teneur en eau, tout au long de l’année, malgré les intempéries.

Cette prouesse est le fruit de longues années de recherche. En 1989, alors qu’il est vulgarisateur de variétés améliorées de manioc à haut rendement au Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Louis Djilemo doit faire face à la question des pertes post-récoltes. “Je suis interpellé par des producteurs de manioc. Après avoir produit en abondance des boutures de manioc que nous avons mis à leur disposition, ils me posent une question. Que devons-nous faire de toute cette production? Ils étaient alors  obligés de vendre trois jours après les récoltes au plus tard. Faute de quoi, le manioc pourrissait”, déplore Louis Djilemo.

“Je suis interpellé par des producteurs de manioc. Après avoir produit en abondance des boutures de manioc que nous avons mis à leur disposition, ils me posent une question. Que devons-nous faire de toute cette production? Il étaient alors obligés de vendre trois jours après les récoltes au plus tard. Faute de quoi, le manioc pourrissait”,

 

Premier four en 1999

Commence alors une longue période de recherche. L’idée est de trouver une technique de conservation du manioc qui rendra possible la transformation de cette denrée en cossettes (chips), farine, amidon, couscous, tapioca etc. ”A l’époque, se souvient  l’inventeur, il n’existait pas de documentation fournie sur le sujet au Cameroun. Je n’ai trouvé qu’un seul livre qui traitait des technologies post-récoltes”. Grâce à un  financement du Centre technique de Coopération agricole et rural (CTA), une institution conjointe des Etats ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et de l’Union européenne, il reçoit de nombreuses publications sur le sujet. Finalement, c’est en 1999 qu’il mettra un point le premier four. La toute première pièce est vendue à Marie-Claire Ekaboma, une commerçante camerounaise, aujourd’hui décédée.  La technologie lui permettra d’exporter du manioc sous forme de cossette en Europe pour satisfaire des commandes.

Le mode de fonctionnement du séchoir est basé sur le système de conversion. “On ouvre une vanne qui apporte de l’air frais. Cet air se déshydrate en présence de la chaleur produite dans la chambre de combustion. Et c’est cet air déshydraté qui séchera les produits agricoles étalés dans une autre chambre”, explique l’ingénieur camerounais. La technologie qui ne nécessite pas d’électricité pour son fonctionnement, est adaptée au monde rural africain. En effet, le four Djilemo est alimenté par du charbon qu’on peut compléter avec de la pouzzolane et des résidus de récoltes ou de l’industrie du bois, qui sont très souvent déversés dans la nature. L’innovation est munie d’une cheminée qui garantit des produits sans fumée.

 

En tôle ou en latérite

Les premiers modèles sont fabriqués avec des briques en latérite. Destinés à un usage communautaire, ils coûtent 2.500.000 Fcfa maximum. “Généralement, ce sont les bailleurs de fond qui les achètent au profit de communautés rurales”, confie Djilemo. Ce modèle rencontre un succès au Ghana et au Bénin, des pays où le développement communautaire est très encouragé. Mais progressivement, un séchoir individuel sera mis sur pied pour conquérir la clientèle camerounaise. Plus petit et en tôle, il coûte 400.000 Fcfa au maximum. La capacité du four Djimelo est de 600 kg de produits par roulement pour les fours collectifs et de 100 kg pour les séchoirs individuels.

En 2008,  Louis Djilemo a reçu le prix de la meilleure  innovation technologique lors de l’atelier-foire régional sur le repérage et le partage des Innovations en Afrique de l’Ouest et du Centre organisé par le Fonds international de développement agricole (Fida) à Ouagadougou au Burkina Faso. Le four Djilemo est breveté par l’organisation Africaine de la Propriété intellectuelle (Oapi).

Anne Matho

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Une bonne nouvelle pour les producteurs camerounais de cacao.

Une bonne nouvelle pour les producteurs camerounais de cacao.

Neuf variétés de cacao améliorées par la recherche sont en cours de vulgarisation au Cameroun. Testées par l’Institut de recherche agricole pour le Développement (Irad), elles permettront d’accroître le rendement des cacaoyères. Les producteurs pourront obtenir jusqu’à 2000 kg de cacao à partir de la cinquième année après les semis, contre un rendement moyen de 500 kg à l’hectare pour les variétés de cacao ordinaires. Les chercheurs espèrent que ces innovations permettront de régénérer les plantations camerounaises de cacao. Les cacaoyères  locales sont constituées à 80% d’arbres qui sont peu productifs, à cause d’une moyenne d’âge très élevée (50 ans). Les variétés améliorées par la recherche commencent à produire 2 ans après les semis, contre 5 ans pour les variétés ordinaires. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour le gouvernement du Cameroun. Cinquième producteur mondial  après la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et l’Indonésie, le pays vise une production de  600 000  tonnes de cacao marchand de qualité à l’horizon 2020. Les producteurs peuvent se procurer ce matériel végétal pour la régénération et l’extension des cacaoyères dans 193 pépinières qui ont été mises en place dans plusieurs sites, à savoir : les villages Bakoa et Kedia à Bokito, Ezezang et Lékié-Assé dans le département de la Lékié, les villages Ngat et Edou (Awae) dans la région de l’Est et Djoum au Sud du Cameroun. Pour obtenir de bons résultats, les producteurs sont invités à observer une bonne conduite des parcelles, notamment l’élimination des branches non productives, la gestion de l’ombrage, le débarras des hémiparasites et des auxiliaires (adventices) au sol. Le traitement phytosanitaire doit s’effectuer selon les doses recommandées.

Anne Matho

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Séchage du cacao au Cameroun.

Séchage du cacao au Cameroun.

Si rien n’est fait, le cacao camerounais ne sera bientôt plus importé dans les États de l’Union européenne. En cause, des techniques de séchage des fèves dangereuses pour le consommateur.

 

Un texte qui entrera en vigueur le 1er avril prochain dans l’espace Union européenne invite les pays exportateurs de cacao, dont le Cameroun, à adopter des mesures pour réduire la teneur en Hap (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans leurs produits. Il s’agit du règlement européen du 19 août 2011 qui fixe les nouvelles teneurs maximales pour les Hap dans les denrées alimentaires. “Le beurre de cacao présente des teneurs en Hap supérieures à celles d’autres huiles et graisses à cause de l’inadéquation des pratiques de séchage des fèves de cacao …Ce produit, qui est présent dans le chocolat et autres produits à base de cacao souvent consommés par les enfants contribue ainsi à l’exposition humaine et, singulièrement, à celle des enfants”, déplore par exemple ce texte. Le problème est réel au Cameroun. Faute de plateforme pour le séchage du cacao, certains producteurs sèchent aux abords de la route, sur le goudron. Conséquence, le bitume pénètre dans les fèves.

 

Sensibiliser les producteurs

Mais ces substances chimiques ne sont pas le seul fléau dénoncé. En voyage professionnel au Cameroun en 2011, la Confédération des chocolatiers de France regrettait que «les fèves camerounaises n’ont pas bonne réputation surtout, en raison de son goût souvent de fumée”. En cause, la pluviométrie qui oblige à recourir aux méthodes de séchage artificielles sur du feu de bois en saison des pluies dans le sud-ouest du Cameroun, la plus grande région productrice de cacao du pays.

En janvier, le gouvernement camerounais a décidé de s’attaquer au problème en lançant une vaste campagne de sensibilisation et d’appui aux producteurs et acheteurs  de cacao. Plus d’un millier de bâches ont été distribuées gratuitement aux planteurs de cacao dans les régions du centre et de l’ouest du Cameroun. Dans les départements de la Lékié, du Mbam et Kim, et du Mbam et Inoubou, du cacao séché sur le bitume a été saisi et brûlé.

Au Cameroun, le café représente 40% des exportations du secteur primaire. Quatrième producteur africain derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana  et le Nigéria, le Cameroun a atteint 210.000 tonnes (soit 5,5% de la production mondiale) de cacao pendant la campagne 2011-2012, contre 205.000 tonnes pour 2009-2010.

Anne Matho

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