Le café revit dans la région de l’ouest du Cameroun

Un producteur de café à l'ouest du Cameroun.Subventions, remise en culture des caféières abandonnées, acquisition de matériels pour la collecte et la production du café… Depuis 2002, plusieurs initiatives boostent la production dans l’Ouest du Cameroun. Résultat : environ 5.000 tonnes de café arabica ont été produites l’année dernière, contre 4.000 tonnes en 2011.

Progressivement, la filière café de l’ouest du Cameroun se remet de la crise économique des années 1990. Cette dernière avait engendré une chute drastique de la production de plus de 80%, suite au désengagement de l’Etat des activités de production et d’appui financier aux organisations paysannes. Cette période n’est plus qu’un mauvais souvenir. L’année dernière, la récolte s’élèvait à 5.000 tonnes, contre 4.000 tonnes en 2011.

Un plan de relance

Cette performance est en partie due au plan national de relance de la filière café, initié par le gouvernement depuis 2002. “Ce programme a permis à l’Uccao (Union centrale des sociétés Coopératives agricoles de l’Ouest) d’obtenir des subventions pour travailler dans l’intérêt de ses six coopératives partenaires”, explique Jean Feugueng, le directeur des activités agricoles et coopératives à l’Uccao.  Cette organisation collecte et exporte la production de café des six coopératives agricoles de l’Ouest du Cameroun, sous forme moulue ou brute. En 2007 par exemple, une convention signée avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), a permis à l’Uccao de financer la production de plants qui sont mis gratuitement à la disposition des 110.000 producteurs membres des coopératives.

Une pépinière de caféiers à Bafoussam.

La structure a également distribué aux coopératives 1145 tonnes d’engrais l’an dernier. “Ce que la structure n’avait plus fait ces quinze dernières années”, soutient le directeur. Cette année 2.500 tonnes seront également réparties entre les organisations paysannes.

Encouragés par l’Uccao et ses partenaires et par la hausse des prix du café sur le marché international, les paysans ont planté des caféiers. Ils avaient abandonné cette culture pour se lancer dans les productions vivrières, suite à la chute des prix sur le marché international pendant la crise économique des années 90. De même, les caféières délaissées reprennent vie. Les effets de cette reprise se font déjà ressentir. « La superficie de café, cultivée à l’Ouest du Cameroun, croît de 90 hectares chaque année depuis 2009 », explique Jean Feugueng. Cette augmentation s’est fait ressentir sur la production, qui a également grimpé de 35%.

Innovations profitables

Suite à une décision du conseil d’administration de l’Uccao prise en 2008, la structure équipe les coopératives agricoles d’unités de traitement du café nature en café lavé « fully washed ». A Bafang, Dschang, Santchou et Bafoussam, les coopératives en ont bénéficié. Dépulpage, lavage et séchage du café ne sont plus pratiqués par les agriculteurs adhérents de ces organisations. Ces tâches sont à présent effectuées par les machines de fully washed. Une technologie payante aussi pour l’Uccao qui obtient un café haut de gamme, très coûteux et prisé sur le marché international. “La différence de prix entre un café nature et un café fully washed est de 20 à 30 %”, signale le responsable de l’Uccao.

La structure fournit aux coopératives des pick-up pour le ramassage du café dans les villages. A présent, les paysans bénéficiaires ne dépensent plus en frais de transport pour aller livrer leurs produits. Ils font des économies et peuvent investir dans d’autres secteurs d’activités. “En accord avec les producteurs, nous arrêtons un calendrier pour venir collecter leur récolte chez eux”, explique Feugueng. Là encore, l’organisation y trouve un avantage certain dans la mesure où elle collecte plus de café. “Des coxeurs (acheteurs non agréés de café) sillonnent les villages pour acheter, à vil prix, la production des villageois. Grâce à nos véhicules, nous nous rendons sur le terrain avant eux et collectons un maximum de café avant leur arrivée”, explique-t-on à l’Uccao. Tous ces efforts en faveur des producteurs ont contribué à accroître la production.

Anne Matho

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