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Archives Mensuelles: novembre 2012

La Tadu Dairy Cooperative Society transforme le lait trait par ses membres. Sur cette photo, Patu Jume Shang, la gérante de la coopérative, exhibe fièrement du beurre et du fromage transformés dans la laiterie.

La Tadu Dairy Coopérative Society, une organisation paysanne du Nord-Ouest, a réussi le pari de mettre sur le marché camerounais des produits laitiers à base du lait de vache trait localement.

La Tadu Dairy Cooperative Society révolutionne le secteur des produits laitiers au Cameroun. Contrairement aux autres entreprises camerounaises de transformation de produits laitiers, la Coopérative a décidé de se passer du lait importé pour transformer sa propre production. Depuis 2009 (date à laquelle elle s’est lancée dans la transformation) l’organisation axe sa production exclusivement sur la collecte du lait trait par ses 517 membres, tous des bergers de Tadu, un village du Nord-Ouest du Cameroun. Pour relever ce pari, il a fallu former les éleveurs aux bonnes pratiques de la traite des vaches. « Au départ, le lait collecté n’était pas de bonne qualité », explique Patu Jume Shang, la gérante de la coopérative. Grâce à ces formations, la structure a pu augmenter la quantité de lait collecté, passée de 50 l en 2009 à 200 l aujourd’hui.

De bonnes perspectives

Fort de ce succès, la Tadu Dairy Cooperative Society voit loin. Elle veut augmenter sa production de plus de 70% avant la fin 2011. Dans 3 ans, la Coopérative souhaite même collecter une quantité de lait frais qui atteindra la capacité maximale des équipements de la laiterie, soit 1500 litres de lait par jour. Pour atteindre cet objectif, l’organisation envisage de se lancer dans la recherche de grossistes qui viendront acheter les produits laitiers dans sa zone de production.  « La plupart de nos clients sont des vendeurs ambulants et des tenants de boutiques qui achètent peu », se désole Patu Jume Shang.

Les produits de la Tadu Dairy Cooperative ont rencontré du succès au Comice agropastoral d’Ebolowa 2011. Sur cette photo, une visiteuse sort du stand de l’organisation avec du lait qu’elle vient d’acheter.

Actuellement, l’organisation assure elle-même la distribution. Cette activité représente une charge de plus qui freine l’augmentation de la production. « Nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Nous collectons, nous transformons et nous assurons la distribution. C’est trop de travail. », explique la responsable de la coopérative. Pour ne rien arranger, l’état des routes constitue un frein pour la distribution et pourrait décourager les éventuels distributeurs. En saison des pluies, les routes sont impraticables à Tadu. Généralement, en cette période, la structure se trouve dans l’obligation d’arrêter la production, ce qui cause un manque à gagner. « Non seulement, nous perdons le lait stocké, mais en plus, nous ne satisfaisons pas des commandes » explique Patu.

Rechercher une énergie alternative

Toujours dans l’optique de réaliser ses ambitions, l’organisation paysanne envisage également d’acquérir une source de production d’énergie alternative à l’électricité. Les coupures d’électricité sont très fréquentes à Tadu. La laiterie étant alimentée par l’énergie électrique, elle se trouve alors incapable de produire lorsqu’il y a coupure. Ces délestages qui durent parfois des journées entières freinent la production. Pour résoudre ces désagréments, la coopérative va choisir une autre source d’énergie: au vent, à l’hydrogène ou à l’énergie solaire. Elle va également demander aux producteurs d’agrandir leur bétail. « Plus il y aura de vaches, plus il y aura du lait », explique Patu Jume Shang. Difficile d’atteindre cet objectif. Les éleveurs de Tadu manquent de financement.

La laiterie de la Tadu Dairy Coopérative Society est un don du Ministère de l’élevage, de la pêche et des industries animales (Minader).  Les équipements qui s’élèvent à 80 millions de Fcfa ont été financés grâce aux fonds PPTE 2009 (Pays pauvres très endettés).  Pour le moment les produits de la coopérative ne sont présents que dans les régions du Nord Ouest et du Littoral camerounais. Mais elle compte étendre son marché dans le Centre et le sud-Ouest.

Anne Matho

François Djonou dans son exploitation de maïs à Banganté

Il est le prototype même de l’agriculteur qui a réussi. Grâce à l’agriculture, François Djonou est le propriétaire d’une école primaire moderne à Douala. Construit en 2010, l’établissement entièrement carrelé, est équipé de caméras de surveillance et de climatiseurs. Agribio, l’exploitation de maïs de 3.000 hectares qu’il est en train de cultiver à Banganté (Ouest du Cameroun), n’est pas la seule structure agricole qu’il possède. L’homme est également le directeur général de Socavb Sarl, une ferme spécialisée dans la production des poussins d’un jour. Il produit aussi des aliments pour volailles qui rentrent dans la fabrication de la provende. Medivet est une autre de ses entreprises. Elle s’occupe de l’importation et de la distribution des médicaments vétérinaires.

François Djonou parcourt sa propriété (une exploitation agricole de 3.000 hectares pour cultiver le maïs) en voiture.

En tant qu’entrepreneur agricole, François Djonou ne cesse de multiplier les initiatives pour conquérir le marché camerounais. Ce qui lui permet de faire des bénéfices. Toujours à l’affût de l’innovation, il a introduit sur le marché en juin, en collaboration avec la firme hollandaise Hendrix, un aliment complet, qui réduirait selon lui, le taux de maladie et de mortalité des poussins. “La granulométrie du produit, qui correspond à l’âge du poussin, permet une croissance plus rapide. Contrairement aux autres aliments, dont les composants parfois très fins ne sont pas tous consommés par les poussins”, soutient Djonou. Un autre produit vétérinaire a également été importé. En acidifiant le tube digestif, ce médicament protégerait les poulets contre les salmonelloses (principale cause de diarrhée dans les fermes). Il est également utilisé comme désinfectant des canalisations d’eau destinée à la boisson de l’élevage avicole. Comme on le voit, l’entrepreneur camerounais a plusieurs cordes à son arc.

A. MATHO

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