Aliment : Le riz, notre repas quotidien

(Jade Cameroun): Maïs, haricot, arachide, banane, plantain, macabo, manioc, et tous les autres produits vivriers cultivés au Cameroun sont de plus en plus chers dans les marchés urbains, particulièrement à Douala. En réaction, la plupart des ménages se ruent maintenant sur le riz importé, finalement bon marché comparé aux produits locaux, grâce aux mesures prises dernièrement par l’Etat pour en baisser les prix. Reportage à Douala.

Une foule constituée essentiellement de ménagères se bouscule au marché Double-balle de Bépanda à Douala. Sur un tas d’ignames rangées sur un étalage, une affichette en carton annonce le prix de 500 F. « Une seule tubercule d’igname à 500Fcfa ? C’est trop cher » s’indigne Madeleine Talla, une ménagère,  le regard fixé sur l’igname qu’elle tient dans la main droite.

« Asso, je n’y peux rien. Moi aussi, je paye le sac d’igname à un prix exorbitant. Je n’ai pas de profit, lui réplique la vendeuse. Il s’ensuit alors quelques secondes de tractations entre les deux femmes. Echec car l’acheteuse ne veut pas payer plus de 300 F. Madeleine dépose l’igname sur l’étalage, se retourne, balaie le marché des yeux, puis se fraye tant bien que mal un chemin dans la foule. Elle s’arrête finalement un peu plus loin devant un sac de riz entamé au 3/4. Elle en achète quelques boîtes et rentre, quelque peu déçue. La vendeuse accourt et lui sert quelques boites de riz. Elle achète du riz, puis s’en va.

A Douala, le riz importé est devenu l’aliment le plus consommé dans la plupart des ménages citadins. « Chez moi, nous consommons presque tous les jours du riz maintenant parce qu’il est difficile d’acheter autre chose », confie RoseKamdem, ménagère à Douala. « Ne pouvant payer assez de tubercules pour tout le monde avec un budget de 1000 Fcfa, je me contente du riz », renchérit PlacideDogmo, une autre habitante de cette ville. Depuis 2007, l’igname, la patate, le manioc, tous les tubercules ont vu leurs prix augmenter de 60% à 100%, voire plus suivant le marché. Même hausse pour le haricot, le maïs et autres céréales locales. La banane plantain et la banane dessert ont doublé ou triplé dans certaines villes.

Le prix du riz importé, en revanche, a connu une augmentation modérée. Car en vue de freiner l’envolée des prix des produits alimentaires importés, l’Etat du Cameroun a suspendu en mars dernier les droits et taxes de douane sur les denrées de première nécessité, à savoir le riz, le poisson, le blé, la farine, et les huiles de table. En outre, le ministre du commerce a réinstauré le contrôle des prix sur ces denrées, et créé des magasins témoins pour les vendre aux prix fixés par l’Etat. Du coup, le sac de riz est passé de 20 000 Fcfa à 17 000 Fcfa contre 13 000 Fcfa en moyenne l’année dernière. Soit une hausse du prix du riz de moins de 35% au lieu de 54%.

Les produits locaux, par contre, n’ont bénéficié d’aucune mesure de faveur. Au contraire, la montée du coût de transport des produits entre les campagnes et les villes suite à la flambée du carburant, la montée du prix des engrais, l’enclavement des régions agricoles, et les exportations vers les pays de la sous-région (Gabon, Congo, Guinée Equatoriale), ont davantage contribué à l’envolée des prix des produits vivriers locaux. Une situation qui a rendu le riz importé relativement bon marché, et de plus en plus consommé dans les foyers urbains.

Anne Matho

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