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Archives Mensuelles: avril 2012

L'Oncc a favorisé le déploiement de conseillers agricoles sur le terrain pour encadrer les planteurs.

Au Cameroun, la production cacaoyère a augmenté de près de 28 000 tonnes au cours de la campagne 2010-2011. L’intervention des pouvoirs publics a largement contribué à cette hausse.

La filière cacao se porte bien. Selon l’Office national du cacao-café (Oncc) la production commercialisée a atteint son plus grand score depuis plus de 2 saisons, soit environ 218 702 tonnes au cours de la dernière saison (2010-2011) contre 190 871 tonnes en 2009/2010 et 205 032 tonnes en 2008/2009. Ce résultat est la conséquence d’un plan de relance de la filière cacao-café mis en place par les pouvoirs publics depuis 2004. Objectifs du projet : «promouvoir la marque Cameroun, optimiser la récolte, sécuriser les revenus des producteurs, multiplier les plants et produire des intrants», apprend-t-on à l’Oncc. Dans cette optique, de nombreux acteurs publics se sont déployés dans les différentes zones de production.

La Société de développement du cacao (Sodecao), organisme public qui encadre les planteurs, a lancé depuis 2006 un programme de production et de distribution de plants améliorés. Le but étant d’en fournir 6 millions par an, soit la quantité nécessaire pour créer 5 000 ha de nouvelles exploitations modernes. Ce projet a permis de régénérer les vergers cacaoyers (d’une superficie estimée à 400 000 ha), près de la moitié des plantations camerounaises ayant plus de quarante ans. La mise à la disposition des organisations de producteurs  du matériel végétal amélioré ainsi que des intrants nécessaires au traitement du verger, a aussi été l’élément déclencheur de l’engouement des cacaoculteurs pour la création de nouvelles plantations.

Pour sa part, de concert avec les pouvoirs publics, l’Oncc a multiplié des actions de sensibilisation auprès des populations rurales pour l’extension des exploitations agricoles et l’entretien du verger existant. Conséquence, «les populations qui avaient abandonné les cacaoyères, sont retournés dans les champs », d’après l’Oncc.

Des agriculteurs encadrés

Des initiatives visant à assurer un meilleur encadrement des agriculteurs sur de bonnes pratiques culturales se sont accrues. Elles varient d’un organisme à l’autre. En plus d’organiser des séminaires de formation, l’office a par exemple favorisé le déploiement de conseillers agricoles sur le terrain pour encadrer les planteurs

Autres facteurs ayant contribué à booster la production des cacaoculteurs, le prix moyen du kilogramme du cacao sur le marché national. Il a presque doublé dans certaines régions du pays notamment à l’Est, allant de 575 Fcfa en 2008/2009 à 1075 Fcfa à partir de 2009/2010. Dans ces zones, les mécanismes de ventes groupées, et une meilleure organisation des marchés périodiques ont largement contribué à cette embellie des prix. « Ces 2 initiatives ont permis de limiter les ventes aux coxeurs, des acheteurs non agréés qui achètent les produits à un coût bas aux cacaoculteurs pour les revendre», explique l’Oncc.

N’eût été le mauvais état des routes dans certains villages et le coût des transports, la production camerounaise aurait été plus importante. «A cause de ces contraintes, de nombreux producteurs dans les zones reculées préfèrent vendre dans les pays voisins », apprend-t-on à l’Oncc. Ces problèmes n’entame en rien la détermination qui gouvernement, qui a arrêté, à travers le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader) une stratégie de développement de la filière visant à atteindre une production de 350.000 tonnes à l’horizon 2015.  

Anne Matho

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