L’information par-dessus les champs: internet, vidéos, radios, au service des agriculteurs

Des participants de la Conférence

Médias et technologies de l’information et de la communication passent par-dessus les champs pour répandre des techniques agricoles qui améliorent les rendements. En novembre dernier à Nairobi (Kenya), une conférence internationale a permis de partager des expériences sur les pratiques de vulgarisation utilisées dans les pays en voie de développement.

La radio et les technologies de l’information et de la communication contribuent à révolutionner la production agricole. Ce constat a été établi par des experts du secteur agricole à Nairobi au cours d’une conférence internationale intitulée: « Innovations dans les services de vulgarisation et de conseil : Mettre les connaissances au service des politiques et des actions en faveur de l’alimentation et des moyens de subsistance ». L’objectif de cette rencontre, organisée du 15 au 18 novembre dernier par le Centre technique de coopération agricole ACP-UE (CTA), en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), était de faire le point sur les politiques, les tendances et les pratiques actuelles, les échecs et les réussites des réformes passées et en cours des services de conseil et de vulgarisation agricole.

Vases communicants

A Madagascar, relève Jean-Jacques Andrianaivo, un participant de la Conférence, la quantité de fruits récoltés par les arboriculteurs est en hausse grâce au Centre de collecte et des services agricoles d’Ambohimanambola. Cet organisme utilise désormais l’Internet, les CD, les vidéos et les photos pour informer les producteurs ruraux sur les meilleures pratiques agricoles et l’état des marchés. Selon ce panéliste malgache, cette technique permet aux agriculteurs de connaître la conduite à tenir à chaque étape de la production.

A des milliers de kilomètres de là, au Costa Rica (Amérique du Sud), un portail Web de transferts de technologies, baptisé «platicar», rassemble des connaissances et permet aux producteurs ruraux d’entrer en contact, non seulement avec des chercheurs nationaux et internationaux, mais aussi avec des agents de vulgarisation. « Les agriculteurs exposent leurs problèmes et cherchent des solutions, en partenariat avec des techniciens et des chercheurs agricoles », explique Laura Ramirez Cartin, une responsable de ce projet. Cette approche participative place les producteurs ruraux au centre du processus de transmission des connaissances dans la mesure où ils choisissent eux-mêmes la technologie agricole qu’ils souhaitent appliquer. « En moins de deux ans, se félicite Laura Ramirez, les agriculteurs du Costa-Rica ont adopté des techniques de production peu coûteuses ». Le projet a permis par ailleurs de former 20 agriculteurs qui, à leur tour, ont transmis leur savoir à 150 familles, contribuant ainsi à accroître leur sécurité alimentaire et leur revenu. Grâce à ce principe de vases communicants, près de 500 familles ont bénéficié de cet enseignement, en moins d’un an.

Des radios partenaires

Source précieuse d’information dans les zones rurales, la radio est également mise à contribution dans la vulgarisation agricole. Depuis quelques années, l’organisation canadienne Farm Radio International met sur les ondes des programmes d’amélioration des techniques agricoles qui sont diffusés par les radios d’une trentaine de pays en Afrique. Afin de toucher, au plus près les populations rurales, ces programmes sont diffusés chaque semaine en langues locales.

«Les études ont montré que dans les communautés ayant bénéficié directement de l’approche de vulgarisation par les medias, au moins 39 % des paysans ont adopté des techniques agricoles améliorées contre 21% dans les communautés voisines non couvertes par le programme. L’approche participative a abondamment contribué à ces résultats flatteurs», affirme Doug Ward, le président de Farm Radio. Au cours des programmes, les paysans sont invités à parler des pratiques qu’ils utilisent pour résoudre les problèmes rencontrés dans les champs. Les animateurs les encouragent alors par la suite à prendre des décisions. « Se sentant dès lors impliquées dans le processus de prise de décision, les populations adoptent aisément les innovations », explique Doug. Cet engouement est aussi dû au coût de production plutôt bas des innovations véhiculées par les programmes de Farm Radio. «Les pratiques agricoles, promues à travers les radios rurales, ne nécessitent pas un investissement important», précise le président.

Gros succès également de la radio en Côte-d’Ivoire. Elle a permis de réduire considérablement les feux de brousse en saison sèche. « Dans certaines localités du nord du pays, les feux de brousse ont baissé de 80% », se félicite Cissé Sidiki, le directeur de l’Agence nationale d’appui au développement rural, l’organisme en charge du projet. Les messages sont élaborés par des techniciens et des ingénieurs de l’organisation. Ils sont ensuite relayés en langues locales dans les radios rurales par des animateurs du développement rural. Ces programmes sont diffusés en début de saison sèche, entre septembre et octobre, afin d’indiquer aux agriculteurs la conduite à tenir pour éviter le recours au feu. Dans ce pays, la radio sert aussi à la diffusion de bonnes pratiques agricoles. Les vulgarisateurs tiennent alors compte du calendrier agricole pour éviter le désintérêt des auditeurs. « Si vous parlez de récolte en temps de semis, il est évident, que les paysans ne vous écouteront pas », justifie Cissé Sidiki.

Anne Matho

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4 commentaires
  1. tchemeni aimé a dit:

    Je suis radiodiffuseur d’un programme d’1h sur une station confessionnelle à Yaoundé, et je pense que ce que nous faisons tous est louable pour le développement de notre agriculture ; je pense qu’il nous serait avantageux de nous constituer en réseau des journalistes agricoles ;si cette idée est déjà développée veuillez me communiquer des adresses. une fois de plus mes félicitation à tous .

  2. lucienne buhendwa a dit:

    j’ ai eu à participer à cette conférence et les thèmes abordés étaient très intéressants , surtout l’ intervention de Mr Cissoko, qui nous a interpellé à beaucoup de réflexion en tant qu’ africain, si nous voulons vraiment voir l’ agriculture de notre continent se développer et assurer la sécurité alimentaire des africains .merci pour l’ article qui est très illustratif .
    Mme lucienne chargée de plaidoyer et de communication au Bureau diocésain de développement de l’ Archidiocèse Lubumbashi.

    • Je vous en prie Madame. C’est à moi de vous remercier pour votre visite sur ce blog. Cordialement.

  3. luc gerard a dit:

    merci les infos, mais au cameroun, n’a t-il pas des radio au service des agriculteur;

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