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Archives Mensuelles: octobre 2011

Après une baisse due à la crise financière mondiale entre 2008 et 2009, les ventes des machines agricoles chinoises au Cameroun repassent au vert. 

Les affaires sont en voie de normalisation à Agro-mac import export Ltd, une entreprise de distribution de machines agricoles d’origine chinoise au Cameroun. Progressivement, la filiale camerounaise de la première usine chinoise de fabrication de tracteurs et machines agricoles Yto se remet de la crise financière mondiale. Entre 2008 et 2009, l’entreprise a accusé près de 10 % de baisse de ses ventes à la suite de nombreuses annulations de commandes. « Beaucoup d’agriculteurs n’arrivaient plus à écouler leurs marchandises sur le plan international. Conséquence, ils étaient dans l’incapacité d’effectuer les paiements », explique Wang Wenqing, le directeur général.

Hausse de 5%

A présent, la crise financière n’est plus qu’un mauvais souvenir. Cette année, l’entreprise enregistre une hausse des ventes de près de 5%.  Des atomiseurs à jet d’insecticide en brouillard et en poudre à dos, importés de Chine ont largement contribué à ce succès. Selon Wang Wenqing, les caractéristiques de ces outils séduisent les clients. « Ces atomiseurs à jet d’insecticide sont moins contraignants que les pulvérisateurs. Directement rattachables à un tracteur, ils permettent à l’agriculteur de réduire les efforts physiques. », se réjouit le responsable de l’entreprise. D’une puissance de 2,5 chevaux, ils dispersent les pesticides dans la plantation à une vitesse moyenne comprise entre de 6000 et 6500 tours par mètre.

Autres machines ayant participé à la hausse des ventes, la décortiqueuse à riz NJ-15/20. Selon le Directeur général, cet outil qui dispose d’une technologie appropriée au riz « long grain » est prisé par les agriculteurs. Dernière fabrication du groupe chinois Yto importée par l’entreprise, cette machine effectue le décorticage de 800 kg de riz à l’heure. En plus de cette grande productivité, précise Wang Wenqing, l’outil n’occasionne qu’un faible taux de riz brisé.

 

Avenir prometteur

Galvanisé par les performances actuelles d’Agro-mac Import-export Ltd, les responsables de l’entreprise espèrent une augmentation plus importante du rendement dans les prochaines années. Ils misent sur la décortiqueuse à café. Les ventes de cette machine sont croissantes depuis le début de cette année. L’entreprise espère qu’avant 2015, elles seront davantage élevées, grâce à la relance de la filière café amorcée par le gouvernement camerounais depuis 2009. L’État espère tripler la production caféière avant 2015. « Nous avons espoir que les caféiers seront régénérés. Par conséquent, la production sera en hausse et nous vendrons plus de décortiqueuses à café », affirme le directeur général.

En attendant, l’entreprise mise sur son service après vente. « Nous avons une équipe d’ingénieurs que nous mettons gratuitement à la disposition de la clientèle », explique le responsable de l’entreprise. L’entreprise forme également les employés de ses clients au dépannage et à l’utilisation des machines lorsqu’ils lui en font la demande.

Anne Matho

Les opérateurs privés de la filière phytosanitaire sont désormais des partenaires privilégiés de l’État du Cameroun dans le traitement des denrées alimentaires destinées à l’exportation.

 

Une première au Cameroun depuis le désengagement de l’État des activités de traitement phytosanitaire au Port autonome de Douala en 1990: regroupée au sein du Syndicat national des sociétés de traitement, d’hygiène et assainissement et des revendeurs de matériel phytosanitaire (Synsthar-phyto), une trentaine d’entreprises du secteur vont bientôt exercer légalement le traitement et le contrôle post-traitement des denrées agricoles dans l’enceinte portuaire. Le 10 mars 2011, l’organisation a été officiellement reconnue par le Comité consultatif d’orientation du Port autonome (cco/pad) comme principal relais entre l’État et les entreprises phytosanitaires prestataires de service du port.

Selon Simon Jules Momassa, le président national du Synsthar-phyto, cette décision  permettra de mener des actions conjointes avec les pouvoirs publics en vue d’améliorer le label des denrées agricoles camerounaises sur le marché international. Elle va aussi ouvrir la voie à plus de professionnalisme dans le traitement et le suivi-post traitement des marchandises agricoles destinées au commerce international. « Avec l’aide de fonctionnaires véreux, certaines entreprises fictives non agréées opèrent dans le domaine phytosanitaire au port. Non seulement, elles ne font pas du bon travail, mais en plus on est surpris de voir que les cargaisons  qu’elles n’ont pas bien traitées échappent au contrôle du poste de police phytosanitaire », s’indigne le responsable de l’organisation. Ce manque de professionnalisme affecte le label des produits agricoles camerounais.

 

Cargaisons détruites

Selon le président du Synsthar-Phyto, de nombreuses cargaisons de denrées agricoles camerounaises sont détruites chaque année dans les ports internationaux. Faute de traitements conformes aux normes des échanges internationaux définies par la convention internationale pour la protection des végétaux (Cipv) de l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et l’accord sur les obstacles techniques (Otc) de l’organisation mondiale du Commerce (Omc) ratifiés par l’État du Cameroun. « A présent, seules les entreprises qui disposent du matériel de détection adéquat, d’un agrément et du personnel qualifié, pourront effectuer les traitements phytosanitaires des denrées agricoles au port », explique t-il.

La décision des pouvoirs publics permettra également aux entreprises membres du Systhar-phyto de se refaire une santé financière. Selon le responsable du syndicat, beaucoup d’opérateurs de la filière phytosanitaire accusent un manque à gagner à cause de la concurrence déloyale des sociétés fictives. Ces dernières pratiquent des prix bas parce qu’elles n’ont pas de charges à supporter comme, par exemple, payer des salaires, des impôts, etc.

Au port autonome de Douala, l’intervention des opérateurs du Synsthar-phyto ne sera pas limitée au traitement phytosanitaire. Dans l’optique de participer à l’amélioration du label des produits agricoles camerounais sur le marché international, les opérateurs du Synsthar-Phyto vont être associés au suivi-post traitement. « Nous allons être représenter au moment de l’évaluation des travaux des entreprises membres en tant qu’observateurs, pour vérifier la qualité des marchandises agricoles qui seront exportées »,  conclut-on à la Synsthar-Phyto.

Anne Matho

Antoine Essengue Atanga, un cacaoculteur, transforme lui-même le dixième de sa production en beurre de cacao. Depuis 2009, il a rodé une bonne technique de fermentation, de séchage et de triage des fèves qui lui permet de réaliser des bénéfices.

L’ensemble de la production en cacao de Antoine Essengue Atanga n’est plus destiné à l’exportation. « C’est plus avantageux pour moi de fabriquer du beurre de cacao » explique le cacaoculteur. 1 kilogramme de fèves transformées en beurre lui revient à 5000 Fcfa contre 900 Fcfa lorsqu’il est vendu en fèves.

Le beurre de cacao nécessite des graines de bonne qualité. « Pour faire un bon beurre de cacao et garder toutes ses qualités médicinales, il faut une fève à la cabosse jaune, bien mûre. Les cabosses qui sont encore vertes ou partiellement mûres ont une pulpe plus solide et les fèves peuvent être dures à écraser« , explique Antoine. De ces cabosses mûres, l’agriculteur prélève des fèves qu’il met à  fermenter durant cinq ou six jours. La fermentation se fait à l’ombre, sur des feuilles de bananiers.

Le cacaoculteur entasse les fèves fraîches au centre des feuilles disposées sur le sol et les replie pour couvrir le tas. Sans oublier d’avoir, au préalable, trier les fèves qui ont germé, qui sont décolorées, ou atteintes de maladie. Les tas sont  couverts de manière à ce que l’air ne puisse pas y pénétrer. Après 2 ou 3 jours, l’agriculteur découvre les fèves pour les remuer. « Si on ne remue pas, certaines fèves ne seront pas fermentées et pourront germer », insiste- t-il. Après la fermentation, les fèves sont étalées au soleil pour sécher.

 

Trier et retrier les fèves

Les fèves qui germent, sont décolorées ou atteintes de maladie sont jetées. Le séchage sur les plates-formes est la méthode prisée par Antoine. « Elle permet d’éviter le contact des fèves avec le sol, la terre et les pierres et permet la circulation de l’air par en dessous » explique-t-il.

Sous un soleil ardent, les fèves à sécher sont remuées au moins une fois toutes les deux heures. Pendant la nuit ou en cas de pluie, il les couvre avec une bâche. Durant le séchage, le cacaoculteur trie à nouveau les fèves, enlevant les germées et les plates, ainsi que les déchets et les coques. L’opération se poursuit jusqu’à un séchage optimal. « Les fèves sont bien sèches lorsqu’elles émettent un craquement sec quand on les presse légèrement« , précise Antoine.

Puis les fèves sont grillées à feu doux. Le cacaoculteur les débarrasse ensuite de leurs enveloppes avant d’en écraser la pulpe au moulin. Il en résulte une pâte marron qu’Antoine fait cuire à  l’eau bouillante. « L’eau ne doit pas être trop bouillante, car on risque de perdre des éléments médicinales de la pâte « , avertit-il. La cuisson se fait en deux étapes, à raison de 10 litres d’eau pour 5 kilos de fèves. Dans un premier temps, Antoine immerge la pâte dans 7 litres et demi d’eau bouillante. Il tourne le mélange dans un sens unique. Il en résulte de l’huile que le cacaoculteur recueille.

 « Si le mélange est remué dans plusieurs sens, l’huile n’en sortira pas », affirme-t-il. Cette première huile recueillie, l’agriculteur verse les 2 litres et demi d’eau bouillante restante dans la marmite, recommence à remuer pour obtenir une seconde huile. Lorsque les règles de cuisson sont respectées, cinq kilos de fèves donnent 1 litre d’huile, qui, une fois refroidie, devient du beurre de cacao.

Anne Matho

Moussa Seck, un agronome qui a dirigé pendant vingt ans le département Système et Prospective de Enda Tiers Monde, donne un point de vue personnel à la fois global et percutant sur l’avenir des jeunes ruraux en Afrique. Des propos parfois iconoclastes que nous vous livrons sans artifices.

 

Il est généralement admis que plus de 60 % de la population en Afrique vit dans le monde rural malgré une tendance déclarée à l’urbanisation. Il est aussi admis qu’en moyenne 70% de la population en Afrique est âgée de moins de 35 ans. L’on en déduit alors que plus de 40% de la population africaine est jeune et vit dans le monde rural ! Il ne serait pas exagéré, d’ailleurs, de porter ce chiffre à 50% si l’on sait que l’on est encore jeune à 40 ans. En effet, ils sont nombreux, à cet âge, les célibataires qui n’ont pas encore trouvé le premier emploi. Ce constat prouve, à lui seul, que l’Afrique reste encore un continent rural et incroyablement jeune. Il est même à prévoir qu’elle le restera, jeune, tant que le taux de croissance de la population reste ce qu’il est. En effet, l’Afrique est sous peuplée, contrairement à une idée bien reçue, avec moins de 900 millions d’habitants sur un peu plus de 30 millions de km².

Cela dit, depuis près de 30 ans, le monde rural n’a cessé de se vider de ses jeunes. Aujourd’hui, la pauvreté structurelle en milieu rural est devenue la première cause de départ des populations vers les villes. «Nos ressources ne nous permettent plus de subsister toute l’année sans l’aide de bras extérieurs, et quand ce secours ne nous parvient pas régulièrement, nous quittons le village à sa recherche», s’exclame un patriarche. «Les hommes d’abord, ensuite les jeunes, maintenant les femmes», poursuit-il! En effet, les systèmes de production agricole sont loin de faire la preuve de leurs performances d’antan. La faiblesse des rendements agricoles et des revenus qu’ils génèrent est sans commune mesure avec l’urgente nécessité de nourrir, soigner, éduquer, vêtir, voire aspirer à un bien être social. En Afrique de l’Ouest et particulièrement dans le Sahel, les rendements des cinq grandes cultures pluviales (mil, riz, arachide, maïs et coton) ne dépassent guère la tonne à l’hectare par an. Autrement dit, il faut un siècle pour produire 100 tonnes sur un hectare, donc 100ans pour rassembler 10 millions de FCFA !

 

Rapprocher des terres inaccessibles

Si les faibles revenus des ruraux sont devenus la principale cause de départ des jeunes ruraux, l’inaccessibilité à la terre reste un facteur déterminant qui détourne le choix des jeunes restés au terroir vers les métiers non agricoles. Il est évidemment paradoxal de parler d’inaccessibilité à la terre quand on sait que d’immenses étendues de terres arables non cultivées bordent les terroirs des communautés rurales, comme au Sahel, par exemple. En réalité, l’inaccessibilité relève moins d’un manque de distribution ou d’affectation des terres que de leur éloignement. En effet, les terres qui se situent à proximité immédiate du village appartiennent déjà aux anciens et parents de la frange jeune. Ces jeunes doivent alors se contenter des terres en friches situées loin du village. Ils auront déjà parcouru plusieurs kilomètres avant d’arriver dans leurs champs. Épuisés, ils doivent entamer les durs labeurs champêtres avec des outils rudimentaires qui demandent plus de la force de l’homme qu’ils ne s’appliquent à faire un travail précis et rapide. Au soir, ces jeunes reprennent le même chemin pour rentrer à la maison. Ils arrivent tous fatigués et parfois découragés quand le verdict des rendements et des récoltes arrivent. Voilà, pourquoi Mamadou, Kouakou, et Germain ont cessé de fréquenter les champs!

La solution aurait-elle été de les aider à se réveiller dans leur ferme? Certainement que cela leur permettrait de consacrer, plutôt, l’essentiel de leur énergie à l’exploitation agricole. Mais le problème ne serait qu’à moitié résolu. Ces jeunes agriculteurs doivent toujours parcourir le même chemin du village pour tout service social, commercial… Demain, leurs enfants feront aussi le même chemin pour aller à l’école du village. Que faire alors? Rapprocher et implanter les services dans les espaces de production. Cela exigerait, cependant, que la demande le justifie. C’est à dire que le nombre d’exploitations agricoles atteigne une masse critique qui puisse justifier la présence sur ce nouveau terroir d’un centre de santé, d’une école, de boutiques, de services de commercialisation et de maintenance de matériels agricoles, puis de stations de conditionnement, de systèmes adéquats de transport de la production, etc.

De la nécessité d’investir dans le monde rural

Tout cela indique qu’il est urgent d’investir dans le monde rural et dans l’agriculture. Les jeunes seuls ne sauraient le faire. Il ne s’agit pas non plus de leur demander d’arbitrer la compétition et l’allocation des ressources entre villes et campagnes d’une part, et entre l’agriculture et les autres secteurs de développement, d’autre part. En Afrique de l’Ouest, la totalité des villes, qui occupent une part moindre du territoire, consomment l’essentiel des investissements. Ce paradoxe étouffe l’économie de nos pays, d’autant que si les richesses naturelles sont équitablement réparties dans un pays, il y aura de forte chance que plus de 90% de ces richesses se trouve en milieu rural. Pourtant, c’est le monde rural dans son écrasante majorité ainsi que l’écrasante majorité des jeunes qui élisent le Président de la République ainsi que les Députés qui votent les lois et qui contrôlent l’exécutif. Ces lois «de finances» doivent logiquement servir la majorité rurale silencieuse. Une nation n’est pas constituée d’une partie du territoire encore moins par la minorité du peuple. Il est tout à fait compréhensible que les ruraux vident les pauvres campagnes quand la quasi-totalité des ressources sont investies en ville Toute la jeunesse rurale ne pourra abandonner la campagne. Son poids démographique est tellement significatif que désormais elle reste l’icône et la constante du monde rural. Comme leurs ancêtres, ces jeunes vont-ils assurer la pérennité des sociétés rurales et tout ce qui dépend d’elles? Moins que la question de leur maintien dans des terroirs pauvres et sans espoir, il est urgent de leur proposer un espace rural dans lequel ils peuvent dignement contribuer à la croissance économique et au développement social de leur pays. Pour cela, il faut reconnaître qu’ils sont à l’étroit dans leurs terroirs, qu’ils ne peuvent plus attendre le temps de l’héritage pour s’approprier les terres de leurs parents. L’heure de la création de nouveaux pôles de production et service en milieu rural a sonné. Le monde rural ne doit pas aller en ville, c’est ramé à contre courant. Plutôt les villages doivent s’agrandir et évoluer en petite ville. Des villes de production et de services dans les secteurs de l’agriculture (élevage, horticulture, aquaculture, foresterie etc.) au départ, et ensuite dans les secteurs de l’industrie de la transformation et des services associés. C’est ainsi que peu à peu, l’éducation, la recherche et la veille technologique vont s’infiltrer dans le tissu socio-économique rural pour en assurer une durabilité.

Le débat modernité contre tradition ne nourrit pas le paysan ou l’agriculteur, encore moins retiendra-t-il le jeune candidat à l’émigration. Tout système de production moderne est appelé demain à être traditionnel, quand il sera dépassé. Ainsi en a décrété le progrès! Toutefois, pour anticiper, choisir et bâtir le meilleur futur pour le monde rural et sa jeunesse, osons moderniser l’agriculture africaine! La société rurale agricole ne disparaîtra pas, malgré l’urbanisation galopante et les prévisions alarmistes. La raison doit vite intervenir, pour transformer les terroirs ruraux en véritables pôles de développement. Maintenant, avec des taux de scolarisation de l’enseignement élémentaire de plus de 80% des systèmes de communication (routes, Tic, télévision, radio etc.), les ruraux auront bientôt fini leur processus de mutation. La jeunesse, qu’elle soit rurale ou urbaine, homme ou femme, piaffe d’impatience! Elle est prête… Mais, l’agriculture est une science et une technique après tout. Elle va exiger une formation et une maîtrise de ses normes et standards. Cela n’est pas hors de portée du plus petit agriculteur ou paysan, si la volonté politique ne fait pas défaut.

Moussa Seck

Source: inter-reseaux.org

Depuis 2008, la Semagri, une entreprise de distribution des semences maraîchères améliorées, met à la disposition du producteur rural camerounais des variétés adaptées à son environnement.

 

Au Cameroun, le producteur rural peut à présent pratiquer avec succès, tous types de maraîchage grâce à la Semagri (Semences agricoles). A titre d’exemple, la culture intensive de la tomate de table, jadis impossible dans le littoral est désormais une réalité. « Le zone écologique dans cette partie du pays n’était pas favorable à cette culture », explique Guy Blaise Satsa, le Directeur général de la Semagri. La culture de l’oignon qui ne réussissait qu’au Nord, produit aujourd’hui de haut rendement à  l’Ouest du Cameroun. Pourtant l’un est une région aride et l’autre est montagneuse. A en croire le responsable de l’entreprise semencière, dans ces régions et dans bien d’autres au Cameroun, le sol et le climat étaient des obstacles à la culture de certaines espèces de légumes. Conséquence, les agriculteurs qui souhaitent s’adonner à la production de ces denrées agricoles étaient rapidement découragés et abandonnaient.

Les semences maraîchères améliorées de Semagri permettraient d’obtenir à l’hectare, environ 120 à 150 tonnes de tomates, 55 à 65 tonnes d’oignons et 80 tonnes de poivron toutes régions confondues. A partir respectivement du 60ème, 120ème  et 80ème jours après les semis. Ces performances ne sont possibles qu’à condition d’utiliser la semence adaptée à l’écosystème de la zone où se trouve la plantation. La périodicité des plants doit également être respecté. Le succès rencontré par les espèces améliorées de la Semagri n’est pas le fruit du hasard. Des essais d’adaptabilité sont entrepris dans les champs. « Le Centre de recherche met des semences à la disposition de l’entreprise qui les introduit en milieu paysan dans les différentes régions du pays pour des essais afin de comparer les comportements et les rendements », explique le Directeur général.

 

Des produits attractifs

Une variété qui fait une mauvaise performance pendant les essais dans une région donnée est renvoyée au laboratoire pour un ajustement qui tient compte du milieu naturel. Les responsables techniques et développement de la Semagri assistent les producteurs ruraux dans la mise en pépinière des semences expérimentales puis dans la mise en champ et le suivi cultural jusqu’à maturité. Les succès rencontrés par une nouvelle variété dans les champs sont sanctionnés par des journées portes ouvertes au profit des producteurs locaux avant la distribution. Selon Guy Blaise Satsa, le producteur qui utilise la semence conseillée obtient les rendements escomptés et des produits attractifs. Du coup, il fait de bonnes ventes et réalise des bénéfices. « On a plus affaire au producteur malheureux », explique t’il.

Bien souvent, les producteurs ruraux font la culture des récoltes issues de semences améliorées. L’entreprise met en garde contre cette pratique:  » les semences issues des récoltes n’ont connu aucune sélection. Elles appauvrissent davantage les paysans car les coûts de production dépassent largement le prix de revient ».  La quantité de semences améliorées importées par la Semagri est comprise entre 10 et 15 tonnes.

Anne Matho

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