Le plan d'urgence vise à faciliter l'installation des jeunes et augmenter la production agricole.

Le plan d’urgence vise à faciliter l’installation des jeunes et augmenter la production agricole.

Le plan d’urgence pour l’accélération de la croissance économique du Cameroun ambitionne de booster la production en trois ans en facilitant l’installation des jeunes, et l’acquisition à moindre coût des intrants et des équipements agricoles. Ce projet, lancé en décembre, est déjà critiqué.

Le plan d’urgence pour l’accélération de la croissance économique du Cameroun ne permettra pas de booster l’agriculture camerounaise. Cette position est partagée par les responsables du parti politique Croire au Cameroun (Crac), qui regroupe quelques anciens leaders de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectif (Acdic), une organisation militant en faveur du monde rural et de la consommation des produits locaux au détriment de ceux importés. Le plan d’urgence comprend une série d’actions lancées en décembre par le Président de la République, Paul Biya, pour relever le taux de croissance de l’économie camerounaise au dessus de 6% en trois ans et accroître l’offre d’emploi en faveur des jeunes. Il prévoit dans son volet agricole, de faciliter l’acquisition des équipements et des intrants.
Engrais, semences, produits phytosanitaires, alevins, séchoirs et tracteurs seront distribués ou vendus à moindre coût. Cette initiative est saluée par le Crac qui émet des réserves. «Les semences et engrais ne sont pas les seuls facteurs qui influent sur la production. Qu’en est-il de l’accompagnement technique pour le bon usage de ces intrants ? », s’interroge Bernard Njonga, le président du Crac qui a récemment démissionné de la présidence de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectif (Acdic) pour se lancer en politique.

Un monde rural mal organisé
Soulignant la nécessité de mettre l’accent sur l’encadrement des producteurs, il explique que : «de bonnes semences utilisées avec de bons engrais à contre temps et à mauvaise dose ne sauraient donner de bons résultats ».
Le mode de distribution de ces intrants et équipements agricoles préoccupe également le Crac. Au Cameroun, rappelle le président du parti politique, il n’existe pas d’organisation, ni de structuration du monde rural. « Comment se fera la distribution dans un contexte où plus de 97% de producteurs sont de petits producteurs isolés et dispersés sur le territoire national ? », s’interroge-t-il. Le Président du Crac ne fait pas confiance aux organisations de producteurs pour assurer la répartition. « 95% des 130 000 groupes d’initiative commune (Gic) recensés sont non fonctionnels. Ne parlez pas de coopératives agricoles. On en compte très peu. Une dizaine au plus fonctionne au Cameroun », explique-t-il.
Le Crac se demande où seront trouvées les semences à distribuer aux producteurs. Le Cameroun pourra facilement s’approvisionner en semences de maïs sur le marché international pour suppléer l’insuffisance de la production locale. Ce qui ne sera pas le cas pour l’igname, la patate, le taro, le macabo, l’arachide, le mil, le riz ou le sorgho, croit savoir Bernard Njonga.
Il explique qu’il sera difficile d’accroître la production de ces denrées agricoles à cause de la rareté des engrais et des équipements agricoles adaptés à leurs cultures sur le marché.

Un système miné par la corruption
À ces problèmes, il faut ajouter le système de corruption généralisé qui gangrène le l’encadrement agricole au Cameroun. Le plan d’urgence sera financé à hauteur de 925 milliards de Fcfa par le secteur bancaire. Une somme à répartir entre différents ministères y compris celui de l’agriculture et du développement rural (Minader), qui sera chargé de la gestion des fonds alloués au secteur agricole.
« Ce plan d’urgence sera rejeté par le système de gouvernance actuel dans les ministères. On peut bien imaginer certains agents des ministères concernés en train de se frotter les mains pour cette manne qui va bientôt tomber dans leurs escarcelles », prédit le Président du Crac .
Anne Matho

Comme chaque année, WordPress me communique le rapport annuel de ce blog.

Ce blog a été vu 32 000 fois en 2014.

En voici un extrait du rapport :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 32 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 12 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir tout le rapport.

Catherine ASHTON, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy.

Catherine ASHTON, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy.

Les pays d’Afrique de l’Ouest vont perdre 11,9 milliards d’Euros de taxes sur les produits importés si le Conseil des ministres des affaires étrangères de l’union européenne signe l’accord de partenariats économiques (APE) aujourd’hui à Bruxelles.

Un collectif regroupant le Comité français pour la solidarité internationale, SOS Faim, le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa) et de nombreuses autres organisations de la société civile d’Afrique et d’Europe, s’oppose à la signature de l’accord de partenariats économiques (APE) par le Conseil des ministres des affaires étrangères européennes. Il s’agit d’un texte de libre échange entre l’Union européenne (UE) et les pays de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedao), qui sera soumis aux diplomates aujourd’hui à Bruxelles. L’accord vise à supprimer 75% de droits de douanes sur les importations venant de l’Union européenne. Ce qui provoque l’indignation des organisations de la société civile des deux continents. « Les états de la Cedeao ont tout à y perdre car ils ne pourraient plus continuer à taxer les 11,9 milliards d’Euros de produits importés de l’UE en 2013 si l’APE était signé, puis ratifié. D’où des pertes budgétaires qui ne pourront être compensées », plaide le collectif. La contrepartie proposée par l’occident est dérisoire à l’en croire : « L’UE au lieu d’offrir un financement additionnel au Fond européen de développement existant veut plutôt « un recyclage » marginal d’autres fonds communautaires déjà programmés ».

Une Concurrence européenne déloyale

Les organisations de la société civile croient savoir que l’agriculture paysanne et vivrière de l’Afrique de l’Ouest sera affectée par cet accord. Tout comme la souveraineté alimentaire et tous les projets actuels de transformation locale et de développement de l’industrie régionale. «Ces secteurs seront frappés de plein fouet par une concurrence européenne déloyale (l’Agriculture européenne étant subventionnés contrairement à celle d’Afrique), destructrices d’emplois et par une dépendance accrue vis-à-vis des cours des marchés mondiaux », préviennent-elles, tout en mettant en garde contre les effets collatéraux. L’Europe s’expose au risque de faire face dans les prochaines années à une augmentation de l’immigration africaine. Car, « Cet accord renforcera une migration massive de populations privées d’avenir dans leur pays, dans un contexte où la population d’Afrique de l’ouest fera plus que doubler d’ici 2050 ; atteignant 807 millions d’habitants (contre 526 millions pour l’UE à la même date)». L’accord pourra également affecter l’économie européenne. «Il encouragera l’importation par l’UE de matières premières brutes plutôt que la réduction des bilans matières de la production européenne », s’insurge la société civile. Considérant ces problèmes, le collectif invite le conseil de l’Union européenne à ne pas signer l’APE et à exiger des études d’impacts indépendantes. Anne Matho

Bernard Njonga

Bernard Njonga

Président de l’Acdic, une organisation ayant notamment milité avec succès contre l’importation de poulet d’Europe, Bernard Njonga a démissionné le 13 octobre à Yaoundé. Motif : l’agriculture camerounaise s’est peu développée ces 15 dernières années à cause du manque de volonté politique.

Trente années de plaidoyers sans impact important sur l’agriculture camerounaise ont eu raison de lui. Le 13 octobre, Bernard Njonga a annoncé sa démission de la Présidence de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic).
Il s’agit d’une organisation créée en 2003 pour poursuivre la lutte du monde rural camerounais contre l’importation d’Europe de découpes de poulets congelés et pour la consommation des produits locaux.
La raison de cette démission est liée au statu quo observé dans le secteur agricole. «Je vis avec frustration la persistance des problèmes pour lesquels nous avions pourtant proposé des solutions réalistes. C’est dans ce contexte que je me suis mis en retrait pour réfléchir et prendre la décision de démissionner de mes fonctions de président de l’Acdic», explique-t-il.
L’ex défenseur de la cause paysanne pointe un doigt accusateur sur les autorités camerounaises. « Avec l’Acdic, nous avons réussi à porter le plaidoyer pour la cause paysanne aux portes du pouvoir central et attendions que les politiques jouent leur partition… Malheureusement, nous assistons impuissants à un refus catégorique de ce dernier de prendre en compte les préoccupations légitimes des paysans et des acteurs du monde rural », déplore-t-il.
Njonga reste pourtant convaincu que les solutions aux problèmes de développement rural sont « éminemment politiques ». « Rien à faire, s’exclame-t-il. C’est aux politiques que reviennent les décisions qui impactent durablement la vie des populations ».
Depuis 2008 par exemple, l’Acdic tente en vain d’amener le gouvernement à adopter des mesures de coercition pour inciter les boulangers à incorporer 10% de farine locale dans le pain. Objectif : réduire de 5,75 milliards Fcfa par an les importations de blé et stimuler la production locale de manioc.
Une campagne de grande envergure, initiée par l’Acdic en 2004, avait contrait le gouvernement à interdire l’importation massive du poulet congelé d’Europe pour doper l’aviculture locale. Sans suite.
Membre fondateur de l’Acdic, Njonga occupait la fonction de président depuis 2003. L’association a bénéficié de sa longue expérience du secteur agricole du Cameroun. Ex fonctionnaire de l’Institut de recherche agricole pour le Développement (Irad), Bernard Njonga a participé à la création du Service d’appui aux initiatives locales de Développement (Saild). Il a été le Secrétaire général de cette structure qui avait pour but de promouvoir le développement des organisations paysannes locales à travers le journal La voix du paysan et le Centre de documentation pour le Développement rural (Cddr).
Anne Matho

Les participants du Master class et du Boot camp 2014

Les participants du Master class et du Boot camp 2014

J’ai eu l’opportunité de participer au Master class de la Fédération internationale des journalistes agricoles (Ifaj) qui s’est tenu du 1er au 03 septembre dernier au Craibstone Campus d’Aberdeen en Ecosse. L’évènement qui se déroulait en même temps que le Boot camp des lauréats 2014 du concours Ifaj/Alltech Young Leaders Award visait à renforcer les capacités des journalistes des pays en Développement. L’accent a été mis sur les compétences journalistiques, les questions agricoles, les tendances des médias et l’agribusiness. Il s’agissait également de fournir aux membres de l’Ifaj, des contacts dans les pays non membres de la Fédération (nos nations), mais qui sont fortement impliqués dans l’alimentation du monde.
Vice-président de l’Ifaj, Owen Roberts a facilité le Master class et le Boot camp, qui étaient coordonnes par Josephine Van Gelder, la Global Manager.
Pour plus d’info sur le Master class : http://bit.ly/1oakeRy
Tous les participants ont ensuite pris part au Congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes agricoles qui s’est tenu du 04 au 08 septembre http://www.ifaj2014.com/

Une photo des participants 2014 du Congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes agricoles. Crédit photo : Alan Richardson

Une photo des participants 2014 du Congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes agricoles. Crédit photo : Alan Richardson

Manifestation de protestation contre les APE au Cameroun. Crédit photo: Acdic

Manifestation de protestation contre les APE au Cameroun. Crédit photo: Acdic

Paupérisation des éleveurs, découragement des investisseurs non européens, baisse de la production et de la consommation des produits locaux au profit de ceux importés d’Europe…sont autant de conséquences que les producteurs d’Afrique de l’ouest craignent depuis la signature des APE en juillet dernier.

Les producteurs d’Afrique de l’ouest dénoncent la signature des accords de partenariat économique (APE) entre les pays membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et l’Union européenne. Réunis au sein du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (Roppa), ils l’ont fait savoir dans un communiqué rendu public en juillet dernier. Cette signature implique une libre circulation des biens entre les deux régions à travers la suppression des droits de douane. Problème : les deux partis n’ont pas les mêmes moyens. Les agriculteurs européens reçoivent généralement des subventions, contrairement à leurs collègues africains. Le Roppa croit savoir que cette situation entrainera «la déstabilisation de l’agriculture» des pays de la Cedeao à cause des prix pratiqués sur le marché africain. A raison : les produits exportés d’Europe, pourront être vendus moins chers en Afrique comparés aux denrées locales. «Les produits fortement subventionnés européens (plus de 270 milliards de FCFA, environ 414 millions d’Euro) en réduisant la production régionale par un dumping parfaitement légalisé par les APE vont réduire la rentabilité de nombreux produits agricoles », prévient le Roppa.

Distorsions dans les flux d’investissement
L’organisation craint pour les acteurs de la filière laitière africaine qui pourraient être les plus pénalisés. «Les produits européens vont induire une baisse des prix relatifs notamment pour les groupes les plus vulnérables constitués par les éleveurs et les femmes vendeuses de lait. Ce faisant, ils vont renforcer une dégradation sans précédent de leurs conditions de vie», avertit l’organisation ouest-africaine.
Le camp favorable nie tout en bloc et y voit plutôt des effets bénéfiques pour les investissements en Afrique. Faux, s’insurge le groupe de producteurs africains. Ils rappellent que même sans les APE, les investisseurs du monde choisiront l’Afrique de l’ouest qui rapporte le plus de bénéfice par franc investit dans le monde.
«Selon le magazine the «Economist», l’Afrique au sud du Sahara est la première région des intentions d’investissement dans le monde. Il y a donc un consensus mondial à ce niveau », expliquent-ils. Le Roppa craint qu’au contraire, les APE découragent les investisseurs non européens en accordant plus de privilèges aux européens. « Ces accords introduisent des distorsions dans les flux d’investissement vers la région en développant une préférence implicite pour les investissements européens aux dépends de ceux d’autres continents », dénonce l’organisation. Elle redoute par ailleurs que les investisseurs des autres parties du monde (Américains notamment) exigent les mêmes faveurs accordées aux européennes. Le Roppa dément une autre rumeur selon laquelle les APE sont favorables à l’intégration économique et au développement. « En subventionnant implicitement les produits européens, elles créent un détournement de commerce en faveur de l’Europe et découragent la production et la consommation des produits locaux au profit des importations de produits européens », s’insurge l’organisation.
Anne Matho

Crédit photo : V. Atakos/CCAFS

Crédit photo : V. Atakos/CCAFS

L’accès au crédit dépend de certains critères que la grande majorité des petits producteurs ignorent. Président du Conseil national de concertation des producteurs ruraux du Tchad (CNCPRT) qui regroupe environ 40 000 organisations paysannes de base, et Premier vice-président de la Plateforme régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale (PROPAC), Kolyang Palébélé confirme. «Le paysan tchadien  pense que le fait qu’il habite le village, est connu de la population et fait des activités économiques est largement suffisant pour que les banques aient confiance en lui», témoigne-t-il. Lire la suite : http://ow.ly/zAeQZ

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