Crédit photo : Greenpeace

Crédit photo : Greenpeace

Bien qu’ayant obtenu une autorisation du Président Paul Biya d’exploiter environ 20 000 hectares dans le Sud-ouest du Cameroun pour la production du palmier à huile, la Sgsoc, filiale du groupe américain, ne débutera ses travaux qu’après avoir laissé le temps à l’administration de récupérer le bois qui s’y trouve.

Le début des activités de Sithe Global Sustainable Oils Limited (Sgsoc) sur les 20 000 hectares de forêts octroyés par un décret de Paul Biya dans le Sud-ouest n’est pas pour demain. La société filiale de l’américain Herakles Farms devra d’abord remplir les exigences de la loi forestière.
Problème : de grandes quantités de bois, sur toute la superficie, doivent être exploitées par le ministère et vendus aux enchères. Une partie des fonds issus de la vente sera versée aux populations riveraines sous forme de redevance forestière. «Les populations et les collectivités territoriales décentralisées auront droit à 50% des recettes: 40% pour les communes et 10% pour les populations», explique Joseph Nsengue Levodo, Délégué régional du Minfof (Ministère des forêts et de la faune) pour la région du littoral. Le reste des fonds devra être versé au Trésor public.
«Le Minfof gère les ressources forestières sur les terres même si celles-ci relèvent du Ministère des domaines et des affaires foncières, poursuit Joseph Nsengue Levodo. Car la législation forestière veut que, lorsqu’on affecte un domaine forestier, l’administration des forêts envoie ses agents sur le terrain afin qu’ils coupent et récupèrent le bois qui s’y trouve avant l’utilisation des terres». Le non respect de cette disposition expose le contrevenant à de lourdes amendes. «Le Minfof pourra lui imputer de payer la valeur des ressources forestières en contrepartie de ce qu’elle aurait coupé », prévient le responsable du Minfof.

25 millions de Fcfa d’amende

Pour ce même motif, la Sgsoc avait déjà subi les foudres du Ministère en juin 2012. Dénoncées par les populations riveraines et de nombreuses Organisations non gouvernementales, ses activités avaient été stoppées après un contrôle de l’observateur indépendant au contrôle forestier. Il lui avait notifié une amende d’environ 25 millions Fcfa. Il avait noté que la Sgsoc n’avait « pas suivi les modalités et procédures légales conduisant à l’aliénation du domaine forestier permanent ».
Sans attendre que le Minfof intervienne pour effectuer les coupes de récupération, la Sgsoc avait déboisé une zone de jachère de plusieurs hectares pour l’implantation de sa pépinière, défriché environ 1,6 ha pour l’implantation d’une parcelle d’essai, utilisé des arbres abattus pour la construction d’un pont sur le cours d’eau Bakebé, et ouvert une route d’environ 3 km avec abattage et dessouchage d’arbres. Ce qui lui a valu cette amende.
Faux, affirme l’entreprise américaine mise en cause : «Herakles Farms n’a jamais reçu une amende, peine ou mesure d’arrêter le travail. Nous avions suivi la procédure adéquate et avions à l’époque notifié au Minfof notre intention de commencer les travaux. N’ayant reçu aucune réponse 60 jours plus tard, comme le stipule la loi, nous avons commencé le défrichement. » . Au moment des faits, cette firme américaine devait exploiter 73 000 ha de terre, beaucoup plus qu’aujourd’hui.
En mai 2013, la filiale camerounaise d’Heraklès Farms a, à nouveau, été obligée de suspendre ses activités. Dans un communiqué, elle indiquait répondre ainsi à une injonction du ministère des Forêts qui lui demandait de «cesser de défricher près de la pépinière Talangaye ». Dans un communiqué radio, le Ministre en charge des Forêts a indiqué qu’il avait seulement « demandé à l’opérateur d’observer une règlementation spécifique à la conservation forestière qui se trouvait être violée ». Il avait alors rappelé que «la signature d’une convention avec le gouvernement n’exemptait pas l’entreprise du respect de l’ensemble des procédures et contraintes environnementales».

Anne Matho (JADE)

Encadré : Les éléments constitutifs du dossier
Avant les coupes de récupération, le concessionnaire doit effectuer une étude d’impact environnemental. «Il s’agit d’une obligation de la loi forestière, car le défrichement de la forêt aura des conséquences. Il va affecter le climat, la biodiversité, les animaux. Les populations qui vivent autour n’auront plus le bois de chauffe», souligne Joseph Nsengue Levodo, le Délégué régional du Minfof.
Cette étude, réalisée aux frais du concessionnaire, doit obéir à «des normes fixées par l’Administration pour assurer la conservation, le développement ou, le cas échéant, la récupération des ressources naturelles». Les résultats sont ensuite soumis à l’administration des forêts qui sera, à son tour, chargée de «faire les contrôles et vérifications pour s’assurer que les études ont été bien menées ».
La filiale camerounaise d’Herakles Farms devra réaliser un inventaire des ressources en bois présentes sur les 20 000 hectares. « Attention ! Le processus ne peut pas avancer si la réglementation n’est pas respectée. Dans le cas contraire, le Minfof n’autorisera pas le défrichage de la forêt », prévient le délégué.
A.M.
Les articles sont produits avec l’aide financière de l’Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’union Européenne.

 

jaPersévérance, amour du travail, patience…Autant de qualités qui ont permis à William Mouachi Kameni, un jeune Camerounais, de réussir dans l’agriculture en 3 ans.Reportage à Douala.

Soigneusement rangés dans un hangar à Nyalla, un quartier de la périphérie de Douala, des dizaines de cageots de tomates vertes ou légèrement mûries, attendent d’être livrés. "Ce sont les commandes d’un commerçant", indique William Mouachi Kameni, leur propriétaire, âgé de 34 ans et qui exerce l’agriculture depuis trois ans.

Le prix d’un cageot de tomates qui se vendait à 4000 Fcfa, a doublé depuis deux mois. Au cours de la dernière saison, il en a récolté 100 tonnes pour un bénéfice de 1 500 000 Fcfa. William espère ainsi gagner plus cette année.

Non loin de l’entrepôt, une surface verdoyante de terre cultivée s’étend à perte de vue. Ici, sur une parcelle de 1 000m2, poussent du poireau et des légumes. Un peu plus loin, de petites tomates vertes s’étalent sur plusieurs sillons. A côté de ces produits maraîchers, les larges feuilles vertes du macabo sont visibles dans divers endroits du champ. Les pastèques, le piment, les poivrons, les patates, les ignames, le manioc…sont autant d’autres denrées alimentaires cultivées dans cette petite exploitation agricole.

Un secteur rentable

L’année dernière, la production de l’ensemble de ces produits agricoles a permis au jeune agriculteur d’obtenir un bénéfice d’environ 6 millions de Fcfa. De bons résultats qui ne sont pas le fruit du hasard. «Il a fallu une bonne dose de détermination et c’est bien cela qui m’a permis de me relever chaque fois que j’ai eu envie de céder au découragement dus aux échecs », explique William.

« J’avais presque tout perdu en 2010 quand les pluies ont inondées mon champ situé dans les bas-fonds alors qu’on était en pleine saison sèche. On y avait planté des légumes, des tomates et des pastèques», se souvient-il. Le  jeune agriculteur a ainsi déjà développé un processus d’apprentissage par l’échec.

«A chaque échec, je cherche toujours à savoir pourquoi. A partir des réponses, j’essaie d’améliorer la saison suivante.  C’est ainsi qu’aujourd’hui, je maitrise l’itinéraire technique de certaines cultures au point de pouvoir les produire aujourd’hui les yeux fermés », explique-t-il.

La tomate entre autres n’a plus de secret pour lui.  « C’est seulement à la sixième tentative que j’ai réussi la production de cette plante. Depuis ce temps, je la produis avec beaucoup de succès », se vante William.

Les fruits de la persévérance et de l’effort

Les leçons tirées des échecs passés lui ont permis de comprendre que le succès dépend de la  variété des cultures utilisées. Elles doivent être adaptées à la zone agro-écologique. «Je cultivais les même variétés de tomates que celles habituellement utilisées quand je vivais dans l’ouest du Cameroun alors que le climat et les terres du Littoral ne sont pas les mêmes. Ce qui expliquait les nombreux échecs », confie-t-il.

Les itinéraires techniques pratiqués par William étaient également ceux de la région de l’Ouest du Cameroun. Il a fallu les réadapter à la zone de Douala qui est plus proche de la mer, contrairement aux hauts plateaux de l’Ouest. « A cause de ces différences, explique le jeune homme, les quantités de fientes et engrais à administrer  ne sont pas les mêmes. Les maladies et les traitements non plus ».

Détermination et patience n’ont pas été les seuls ingrédients de son succès. Il a également fallu des moyens financiers « pour payer des honoraires d’agronomes, acquérir de la documentation et participer à des séminaires », confie-t-il.

William récolte aujourd’hui les fruits de la persévérance et de l’effort. Les revenus qu’il tire de l’agriculture lui ont permis d’acheter un lopin de terre. « Les travaux de construction de ma future maison sont en cours. J’espère qu’en fin d’année, ils seront achevés », espère-t-il fièrement. Il finance par ailleurs les études de ses 2 jeunes enfants et de sa belle-sœur. L’année dernière, il a acheté et mis en valeur une parcelle agricole de 3 hectares.

Fort du succès rencontré dans ses activités, William ambitionne de devenir un grand exploitant agricole. «Le rêve pour moi, dit-il, serait d’avoir 50 hectares cultivables à l’horizon 2024».

Anne Matho

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

Haman Ndjidda présente une rizière en miniature du nord Cameroun

La Semry, organisme public qui accompagne les riziculteurs de la partie septentrionale du nord Cameroun, vise une production annuelle de 700 000 tonnes de riz blanc en 2025. De quoi couvrir les besoins du Cameroun et exporter dans le reste de l’Afrique centrale.

 

La Société d’expansion et de modernisation de riziculture de Yagoua (Semry), voit loin. Cet organisme parapublic qui regroupe et accompagne plus de 20.000 petits producteurs du nord du Cameroun en leur offrant des prestations de labour, des formations, la fourniture de l’eau dans les périmètres irriguées et l’entretien des rizières, veut augmenter considérablement sa production.

«Avec le support que l’Etat nous apporte, nous allons relancer le volet industriel et commercial. A ce moment on pourra produire 700 000 tonnes de riz blanc à l’horizon 2025. Ce qui permettra vendre au-delà de l’Adamaoua, du Nord et l’Extrême-Nord du Cameroun, pour couvrir les besoins de consommation du Cameroun entier et d’exporter les surplus dans le reste de l’Afrique centrale »,  explique Haman Ndjidda, chef du service des activités connexes de diversification à la Direction Générale de Semry. La Semry battrait ainsi le record du riz produit actuellement par an dans l’ensemble du Cameroun qui est de 170 000 tonnes depuis 2008. Elle battrait également son propre record qui est de 102 000 tonnes par an dans les années 80.

Réhabiliter les canaux

La Semry est sur de bons rails. En 2011 par exemple, les riziculteurs de la région ont produit 55 441 tonnes de riz. Bien qu’étant très loin de l’objectif visé, cette quantité représente une augmentation de 15,91 % par rapport à 2008.

Les superficies cultivées sont passées en même temps de 4 343 hectares irrigués en 2007 à 9 527 hectares en 2011. Les riziculteurs bénéficient également d’un encadrement. Ils sont bénéficiaires du projet de relance de la riziculture dans la vallée du Logone.  Dans le cadre de ce programme, ils reçoivent des intrants et des formations. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) les appuie également.

Côté infrastructure, surfaces et matériels sont en train d’être rénovés. « Un contrat de l’ordre de 54 milliards signé avec la Banque Mondiale en septembre dernier, permettra de gérer les problèmes liés aux inondations qui affectent la production », a indiqué Haman. « Nous réhabilitons l’outil de travail, les canaux d’irrigation et les digues. Nous avons acquis des engins lourds et du matériel de labour», a ajouté le responsable de la Semry qui espère qu’au terme de cette réhabilitation, l’organisation puisse mettre en culture au moins 18000 hectares de terrain.

 

Des terres propices à la riziculture

La double culture (deux fois l’année), permettra alors à la Semry d’atteindre plus de 100 000 tonnes de riz par an quand les 18 000 hectares seront exploités.

«Oui. Si toutes les conditions sont réunies nous pouvons booster la production. Nous pouvons réduire les importations puisque les pouvoirs publics s’investissent», a assuré Haman. Le nord du Cameroun dispose d’un grand potentiel en termes de périmètres rizicoles pour atteindre son ambition. Le Faro, une localité de la région, offre 100 000 hectares de terres non exploitées, favorable à la riziculture. Le projet de Lagdo (localité irriguée par un barrage du même nom) qui fait autour de 20 000 hectares représente également une surface propice. «Tout cela mit ensemble avec des moyens d’accompagnement de l’état, nous allons atteindre notre objectif», confie le responsable de la Semry.

Anne Matho

Pon Satheesan, Directeur général de l’entreprise ghanéenne Srighan Farms (GH), en pleine négociation avec un client

Pon Satheesan, Directeur général de l’entreprise ghanéenne Srighan Farms (GH), en pleine négociation avec un client à la foire Fruit Logistica 2014.

Son exportation en Europe serait 10 fois plus rentable que celle des fruits et légumes. C’est le constat établi par Pon Satheesan, directeur général de l’entreprise ghanéenne Srighan Farms (GH).

 

Des ignames fraîches qui voisinent avec du haricot vert, des tomates et autres légumes: ça se passait les 5, 6 et 7 février, au salon Fruit logistica de Berlin. Elles étaient présentées par Srighan Farms, qui concentre 30% des exportations ghanéennes d’ignames en Europe, qui n’en produit pas.

Cette société, que dirige Pon Satheesan, est l’une des plus grandes exportatrices d’ignames dans le monde. Le Ghana est lui-même le plus grand exportateur mondial de cette denrée, avec près de 21 000 tonnes par an.

Selon l’agence de développement public du Ghana Millennium Development Authority (MiDA), le Royaume-Uni est le principal marché du pays. L’entreprise Srighan Farms y exporte chaque semaine 4 containers de 40 pieds chacun, soit l’équivalent de 200 000  ignames pour un chiffre d’affaire s’élèvant à environ 120 millions Fcfa par container.

 

100 fois plus rentable

Pon Satheesan a fait ses calculs : « 100 kg d’ignames blanches équivalent à une tonne de fruits et légumes en termes de profit ». Au lieu de transporter sa marchandise par la mer, comme il avait coutume de le faire, l’opérateur ghanéen exporte beaucoup plus par avion, pour satisfaire une demande grandissante en Europe.

Autre raison de cette préférence pour les ignames, les pertes dues au transport sont réduites. L’opérateur a développé une technique qui lui permet de réduire les pourritures à 0,01% seulement. «Après la récolte, je stocke les ignames pendant trois semaines au moins, au lieu de trois jours comme le font les autres », explique-t-il. En quelque sorte, de l’or blanc !

Anne Matho

Ignames exposées dans le stand du Ghana à la foire Fruit Logistica 2014.

Ignames exposées dans le stand du Ghana à la foire Fruit Logistica 2014.

Bon à savoir :

 

§  « L’une des particularités de l’igname, c’est qu’elle s’échange très peu sur le marché  international à cause de son volume important», indiquent les participants de la conférence des Ministres de l’agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre (CMA/AOC) dans un rapport intitulé « note technique sur la filière igname dans la zone CMA/AOC ».

 

§  Ils relèvent aussi qu’en Europe de l’Ouest, Amérique du Nord la demande provient en majorité des consommateurs africains, caribéens et latino-américains vivants dans ces régions.

 

§  L’igname africaine est concurrencée par celle du Brésil. «Pour faire face, les exportateurs africains, notamment les nigérians, ont développé la farine d’igname vendue sous plusieurs noms : foutou d’iyan, punder iyam et poundo iyan », poursuit le rapport. 

 

Coleacp’s President, Stephan Mintah, adressing a speech to other members of the international association.

Coleacp’s President, Stephan Mintah, delivering a speech to other members of the international association at the Fruit logistica trade fair 2014 in Berlin (Germany).

African agriculture stakeholders have been inviting to promote sustainable agricultural practices that respect of the social environment by signing the PPP4PPP declaration issued by Coleacp. The program will enable them to take advantages of trainings in order to better meet market requirements.

 

The Europe -Africa – Caribbean – Pacific Liaison Committee (Coleacp) launched the “Sustainability support program” at Fruit Logistica, a trade fair that brought together thousands of producers and exporters of fruits and vegetables from all over the world from 5th to 7th February in Berlin, Germany.

It aimed at encouraging agricultural producers and exporters from Africa to sign the Private Public Partnership for People Planet and Profit (PPP4PPP) declaration which highlights their commitment to the new program. European importers of fruits and vegetables from Africa are also concerned by this issue.

Launched during the last European Development Days in Brussels in November 2013, the declaration is based on the “Agenda for Change”, the new strategy for development created by the European Commissionner Andris Pielbags and his team. It aims at promoting the principles of corporate social responsibility in the farming sector, according to Emmanuel Bourcelet, the Head of Information and Communication at Coleacp.

 

Interesting agricultural and management practices

"By signing the declaration, agricultural entrepreneurs, farmers’ organizations, producers and governments are committed to carrying their activities in respect of certain social values such as the minimum salary, the children’s rights etc.", he explained.

The signatories will have the opportunity to join a network that advocates for sustainable agricultural practices through the new program. «A broad selection of training tools, an e-learning platform, and over one thousand trained local experts are ready to support African-Caribbean-Pacific companies who demonstrate their commitment to good business, social and environmental practices by signing the declaration, added Emmanuel. Through the new program, the different stakeholders are encouraged to work together in order to support efforts to use alternative solutions to traditional pesticides, and more generally to promote sustainable works techniques which can improve and increase agricultural activities yields”.

With the PPP4PPP declaration, Coleacp hopes that small and medium enterprises will take advantage of the opportunities presented by the new European commission strategy "Agenda for Change".

 

Hundreds of signatories

"Over two hundred organizations representing 1.5 million small farmers, NGOs, universities , producers and exporters from Africa, Caribbean and Pacific (ACP ) and European union (EU) importers have already signed the PPP4PPP declaration", said the Coleacp Communication Officer. He also invites other organisations to join the initiative.

President of a Senegalese farmers organisation known as “Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal”, Cheikh Ngane does not regret to have signed the declaration : "We hope to have greater access to the European market, where we face many requirements as far as certification and the respect of the maximum residue limits of pesticides are concerned etc …These count among other trade barriers that we hope to overcome through trainings that we will benefit thanks to  the Coleacp  local experts", he said, wishing a more equitable trade between the  European Union and the African, Caribbean and Pacific (ACP) countries.

"The European Union must support the ACP countries to move towards an agriculture which is part of sustainable development. To gain access to the European market, we invest daily to improve the quality of our products with no impact on our revenues. It is not fair. Today, quality is simply seen as a condition to access the European market. This trend must be reversed", protested Cheikh Ngane who also calls the European Union to take this into account.

Anne Matho

 

Interview

“This program comes at the right time to consolidate the revival of the Senegalese horticulture”

Macoumba Diouf, national director of horticulture at the Ministry of Agriculture and Rural facilities of Senegal.

Macoumba Diouf, national director of horticulture at the Ministry of Agriculture and Rural facilities of Senegal.

Macoumba Diouf, national director of horticulture at the Ministry of Agriculture and Rural facilities of Senegal, welcomed the PPP4PPP declaration, which reinforces the revival of the sector in his country.

 

Why did your country Senegal sign the PPP4PPP declaration?

The PPP4PPP initiative came on time when we were engaged in reviving horticulture in our country through that sector strategic development plan for the period 2014-2017. This cannot be achieved without the participation of the private sector (small / medium enterprises and producer organisations). The public sector which guarantees the government political vision should accompany the producers. This requires a public-private partnership, which is been taking into consideration by the PPP4PPP statement. That is why we believe that Coleacp is a strong partner that could help us to fulfill the commitments we took far before the publication of the PPP4PPP declaration. We appreciate the Coleacp initiative which reinforces us in the vision we had at the Ministry of Agriculture of Senegal.

 

What do you expect from this Coleacp new program?

Senegal has clear and precise objectives concerning production activities as part of our horticulture development strategic plan for the period 2014-2017. For example, in 2017, we intend to raise the onion’s production from 250 000 tones to 305 000 and tomato from 60,000 tones to 200,000 tones. Irish potatoes production should be increased to 40 thousand tones. In order to achieve these goals we therefore must increase the competitiveness of agriculture entrepreneurs and farmer’s organizations to enable them to be more competent.

These results can only be achieved through a series of projects aiming to organize the sector and to help the stakeholders to be more professional at all levels, from the production sites right to the markets. We seek the Coleacp support in this direction and guarantee that the projects that will be submitted to them come from this strategic plan. In fact, we are not only looking forward to increase our production, but also to come out with better quality products which comply with the European Union norms. We look forward to strengthening the capacity of our farmers in this direction. We hope that this will increase our exports to the European market and even in other countries of West Africa.
Anne Matho
Link to the PPP4PPP Declaration :
http://docs.google.com/forms/d/1Pji53bVVt9Fzn0g7l55heqxzssalCxhMiLpjYuIPgdQ/viewform

Le Président du Coleacp, Stephen Mintah s’adressant aux autres membres de l’association internationale à la foire Fruit Logistica 2014. Crédit photo : Coleacp

Le Président du Coleacp, Stephen Mintah s’adressant aux autres membres de l’association internationale à la foire Fruit Logistica 2014. Crédit photo : Coleacp

Les acteurs de l’agriculture africaine invités à promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement social en signant la déclaration PPP4PPP mise en place par le Coleacp. Ce qui leur permettra de bénéficier des  formations pour mieux se conformer aux exigences du marché.

 

La foire Fruit Logistica qui a réuni des dizaines de milliers de professionnels de la filière fruits et légumes du monde les 5,6 et 7 février dernier à Berlin en Allemagne, a servi de contexte au lancement du programme d’appui à  la durabilité « sustainability support program, en anglais » mis en place par l’association internationale Coleacp (Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes). Il s’agit d’inciter les producteurs et exportateurs agricoles d’Afrique à signer la déclaration Private Public Partnership for People Planet and Profit” (PPP4PPP), qui marque l’adhésion de ceux-ci au nouveau programme. Tout comme les participants africains de la foire, les importateurs européens des fruits et légumes en provenance de l’Afrique sont concernés par cette nouvelle donne.

Rendue publique pendant les dernières journées européennes pour le développement tenues à Bruxelles en novembre dernier, la déclaration s’appuie sur la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour le développement  “Agenda for Change”. Elle vise, selon Emmanuel Bourcelet, le Responsable de l’information et de la communication du Coleacp, à promouvoir les principes de responsabilité sociale des entreprises dans le secteur agricole.

 

Bonnes pratiques agricoles et managériales

«En signant la déclaration, entreprises et opérateurs agricoles, organisations paysannes, producteurs et gouvernements s’engagent à faire du business dans le respect de certaines valeurs sociales parmi lesquelles le salaire minimum, le respect des droits des enfants », a-t-il expliqué.

Les signataires auront l’opportunité de rejoindre un réseau qui milite en faveur de pratiques agricoles durables à travers le nouveau programme. «De multiples outils de formation, une plate-forme de e-learning et plus d’un millier d’experts locaux formés sont prêts à soutenir et former les entreprises qui s’engagent à adopter de bonnes  pratiques sociales et environnementales, a poursuivi Emmanuel. Il s’agira aussi de travailler ensemble à travers le nouveau programme pour continuer à soutenir les efforts de la filière à employer des solutions alternatives aux pesticides traditionnels, plus généralement de promouvoir des techniques de travail respectueuses de l’environnement permettant d’améliorer la rentabilité économique de l’activité agricole et ceci  jusqu’aux petits producteurs ».

Par cette déclaration, le Coleacp espère que les petites et moyennes entreprises vont tirer profit des opportunités générées par la stratégie « Agenda for change » de la Commission européenne pour le développement.

 

Des  centaines de signataires

« Plus de deux cents organisations représentant 1 500 000 petits agriculteurs, des ONG, des universités, des producteurs et exportateurs des pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et les importateurs de l’UE ont déjà signé la déclaration PPP4PPP», explique le Chargé de la Communication du Coleacp. Il invite par ailleurs d’autres structures à rejoindre l’initiative.

Cheikh Ngane, le Président de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal.

Cheikh Ngane, le Président de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal.

Président de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal, Cheikh Ngane ne regrette pas d’avoir signé la déclaration : «Nous espérons ainsi avoir un plus grand accès au marché européen où nous sommes confrontés à de nombreuses exigences en termes de certification à acquérir, des limites maximales de résidus de pesticides à respecter etc… Ce sont autant de barrières commerciales que nous comptons surmonter grâce aux formations qui nous seront fournies par les experts locaux du Coleacp», explique-t-il, tout en souhaitant un commerce plus équitable entre l’Union européenne et les pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP). «L’Union européenne doit davantage appuyer les pays ACP pour aller vers une agriculture qui s’inscrit dans le développement durable. Pour avoir accès au marché européen, nous investissons tous les jours pour améliorer la qualité des produits sans aucun impact positif sur nos revenus. C’est un paradoxe ! La qualité aujourd’hui  est simplement considérée comme une condition d’accès sur le marché européen. Il faut renverser cette tendance », s’insurge Cheikh Ngane qui souhaite par ailleurs que l’Union européenne en tienne compte.

Anne Matho

 

Interview

«Ce programme tombe à pic pour conforter la relance de l’horticulture sénégalaise»

Macoumba Diouf, Directeur national de l’horticulture au Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural du Sénégal.

Macoumba Diouf, Directeur national de l’horticulture au Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural du Sénégal.

Macoumba Diouf, Directeur national de l’horticulture au Ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural du Sénégal, se réjouit de la déclaration PPP4PPP, qui vient conforter la relance de ce secteur dans son pays.


Le Sénégal a signé la déclaration PPP4PPP. Pourquoi avoir adhéré ?

Cette initiative PPP4PPP nous a trouvés en train de travailler à la relance de  l’horticulture dans notre pays à travers notre plan stratégique de développement de cette filière pour la période 2014-2017. On ne saurait y parvenir sans mettre le secteur privé (petites/moyennes entreprises et organisations de producteurs) au cœur des préoccupations. Il faut que le secteur public qui est dépositaire de la vision politique accompagne ce que les producteurs font. Ceci passe par un partenariat public-privé, qui est prôné par la déclaration PPP4PPP. C’est pourquoi nous pensons que le Coleacp, est un partenaire de taille qui pourrait nous aider à faire ce que nous avions décidé de faire nous-mêmes bien avant la publication de la déclaration. Nous applaudissons donc des deux mains cette initiative du Coleacp qui vient nous renforcer dans cette volonté que nous avons nous-mêmes au Ministère de l’agriculture du Sénégal.

 

Qu’attendez-vous concrètement de ce nouveau programme du Coleacp?

Dans le cadre de notre plan stratégique de développement de l’horticulture pour la période 2014-2017, le Sénégal prévoit des activités bien claires et des objectifs de productions précis. Par exemple à l’horizon 2017, nous voulons porter la production d’oignons de 250 000 tonnes à 305 000, la tomate doit passer de 60.000 tonnes à 200 000 tonnes. La production de pommes de terre doit être portée à 40 000 tonnes. Pour atteindre ces objectifs, nous devons accroître la compétitivité des entreprises et des organisations paysannes pour les permettre d’être plus compétentes. Ceci se traduit par un ensemble de projets qui visent la structuration et la professionnalisation des filières, l’accompagnement et le renforcement des capacités des acteurs depuis la production jusqu’à la mise sur le marché.  Nous aimerions que le Coleacp nous soutienne dans ce sens et justement les projets qui lui seront présentés vont être extraits de ce plan stratégique. En effet, nous voulons non seulement une production plus importante, mais aussi de meilleure qualité, conforme aux normes de l’union européenne. Nous espérons recevoir un renforcement des capacités de nos producteurs dans ce sens. Ce qui permettra d’accroître nos exportations sur le marché européen et même dans les autres pays de la sous-région Afrique de l’ouest.

Anne Matho
Signez la déclaration PPP4PPP ici :
http://docs.google.com/forms/d/1Pji53bVVt9Fzn0g7l55heqxzssalCxhMiLpjYuIPgdQ/viewform

Ferdinand Storek, Responsable de la promotion des caisses en plastique.

Ferdinand Storek, Responsable de la promotion des caisses en plastique à la foire Fruit Logistica 2014.

Elles sont l’œuvre de la multinationale IFCO, un prestataire logistique spécialisé dans le transport de produits frais.

 

Bonne nouvelle pour les producteurs et exportateurs africains de bananes. De nouveaux emballages permettent désormais de réduire les dégâts liés au transport des cargaisons de bananes dans les cales des navires à destination des ports européens. Il s’agit de caisses en plastique réutilisables, mises au point par l’entreprise IFCO (International fruit container), un prestataire logistique international ayant plus de 45 implantations à travers le monde.

« C’est une première mondiale dans le secteur des fruits et légumes puisqu’il est désormais possible d’utiliser des emballages autres que du carton pour  acheminer les bananes  jusqu’aux étals des marchés », vante Stefan Geiger, Directeur général de la filiale suisse d’IFCO. Labellisée « Caja de Oro », l’innovation a été présentée à la foire agricole Fruit logistica, qui a réuni des milliers de professionnels du secteur des fruits et légumes à Berlin  les 5, 6 et 7 février dernier.

« A cause de leur flexibilité, les cartons généralement utilisés ont toujours des bordures pressées. Ce qui affecte la qualité des fruits. Contrairement à la Caja de Oro, qui est rigide et par conséquent conserve mieux les produits », explique Stefan. 

Les caisses de IFCO permettent aussi de faire des économies sur les coûts de production. « On peut les réutiliser 40 à 100 fois, tout le contraire des cartons qui une fois arrivés à destination sont jetés », ajoute le Directeur général de la filiale suisse d’IFCO.

Le stand d'IFCO à la foire Fruit Logistica 2014.

Le stand d’IFCO à la foire Fruit Logistica 2014. Crédit photo : Imarah Radix

Flexible et manipulable à souhait

L’innovation est aussi écologique. « C’est du plastique recyclable. Quand les caisses se cassent, on ne les jette pas. Au contraire, Ifco les récupère pour en faire d’autres. C’est tout le contraire des cartons. Il faut couper du bois pour en fabriquer chaque fois qu’on en jette. Ce qui entraîne le déboisement», confie le responsable de l’entreprise.

A ces avantages s’ajoute une manipulation aisée. « La Caja de Oro est en effet démontable. On peut la replier pour gagner en espaces », explique le responsable de l’entreprise. Des tests réalisés par Ifco auraient montré que le refroidissement de la banane dans ces caisses est de 33% plus rapide que  dans les cartons. Ce qui permettrait  de retarder durablement la maturation des bananes et de réduire le développement de champignons.

Autres atouts de taille : « les caisses en plastique garantissent aussi un mûrissement optimal des bananes grâce à son excellente ventilation », vante Stephan.

Malheureusement, la Caja de Oro n’est pas encore disponible sur le marché. Ifco les loue encore pour le moment à ses clients. « On leur envoie les caisses dans lesquelles ils introduisent les bananes après les avoir emballées dans les sacs plastiques. Ifco récupère les caisses une fois que les bananes sont livrées », explique Stefan. L’entreprise effectue elle-même l’entretien du matériel avant de le louer à nouveau.

Sur le panneau publicitaire, une caisse remplie de bananes. Entre les mains du Responsable d’Ifco une caisse démontée.

Sur le panneau publicitaire, une caisse remplie de bananes. Entre les mains du Responsable d’Ifco une caisse démontée. Crédit photo : Imarah Radix

Bénéfiques pour les producteurs africains

Pour bénéficier de la location, l’entreprise productrice de bananes doit fournir un engagement de son client acceptant qu’Ifco récupère les caisses après la livraison des produits.  Les taux de location ne sont pas fixes. «Un montant est déterminé en fonction de la destination des cargaisons de bananes ou de la quantité de caisses souhaitée. On voudra savoir si les fruits seront vendus localement au Cameroun ou alors si vous les exportez. En effet, les coûts de transport sont à la charge des clients », explique Stefan.

La Caja de Oro pourrait doper les exportations africaines de bananes.  A condition qu’elle soit vendue à bas prix. Dans une interview accordée à l’agence de presse chinoise Xinhua, Paul Jeangille, expert de la filière bananière d’exportation au Cameroun, relevait que « la filière bananière africaine, pourtant reconnue en progrès de qualité, peine à s’imposer sur le marché international, en l’occurrence européen, à cause des coûts élevés de production». Parmi les intrants les plus chers, il citait les emballages et notamment les cartons.

Actuellement, trois pays d’Afrique de l’Ouest réalisent la totalité des exportations du continent : le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Ghana. « Ils exportent environ 500 000 tonnes de bananes en majorité vers l’Union européenne mais aussi vers les pays de la rive sud de la méditerranée et vers la sous-région d’Afrique de l’Ouest », indiquent un groupe d’expert internationaux dans une étude intitulée « World banana market : Un intérêt croissant pour le potentiel africain ».

Anne Matho

Pour contacter Ifco: http://www.ifcosystems.fr/eu/FR/fr/meta_contact/index.php

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