Crédit photo : Bill & Melinda Gates Foundation

Crédit photo : Bill & Melinda Gates Foundation

Financer l’agriculture africaine est désormais un risque que certaines banques à l’instar de Coris Bank International au Burkina Faso, n’hésitent pas à prendre. L’institution bancaire déclare avoir financé pour près de 3 milliard de Fcfa de crédit aux producteurs. Grâce à ces fonds, la filière riz de Bagré qui représente plus de trois mille petits producteurs s’est développée en deux ans seulement.

Lire la suite : http://bit.ly/1jTgx5W

Anne Matho receives the prize.

Anne Matho receives the prize in Nairobi. Photo credit : CTA

The prize giving gala took place yesterday (July 17th) in Nairobi (Kenya) immediately after the end of the Fin4ag conference organized by the Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation (CTA), in partnership with many other organizations such as Afraca (the African rural and agricultural credit association).
Check out the winners: http://www.yobloco.info/news/winners

Anne Matho at the prize giving gala

Anne Matho at the prize giving gala

Un paysan tenant ses chèvres par la corde au marché de Ndu, dans le nord-ouest du Cameroun.

Un paysan tenant ses chèvres par la corde au marché de Ndu, dans le nord-ouest du Cameroun.

Grâce au projet "Chèvres", des producteurs de Ndu dans le Nord-Ouest du Cameroun ont été formés à l’élevage. Ils sont désormais plus conscients de la nécessité de bien les nourrir et d’éviter des croisements entre bêtes apparentées pour obtenir de meilleurs rendements.

«Observez les ressemblances au niveau de leurs visages. 80% des chèvres de la même famille présentent des similitudes sur cette partie du corps », explique Napoleon Nfor, agrovétérinaire et Consultant du « projet chèvres », à des paysans réunis autour de lui, au marché de Ndu, dans le nord-ouest du Cameroun où deux familles sur trois élèvent des chèvres.
Nullement perturbés par les bêlements, ces paysans qui l’écoutent religieusement apprennent ainsi à reconnaître les chèvres de la même famille.
L’objectif étant d’éviter le croisement entre ces animaux. «À cause de la consanguinité entre parents, deux cabris sur trois meurent de maladie dans cette localité», explique Napoleon Nfor. Il recommande aux éleveurs d’acheter de nouveaux mâles pour limiter les dégâts.
Cet échange avec les paysans s’inscrit dans le cadre de la plateforme d’innovation (PI) du projet Chèvres. Il s’agit d’une initiative de l’Institut international de la recherche sur le bétail (ILRI) à travers son programme Biosciences in Eastern and Central Africa (Beca) hub. Elle est mise en œuvre au niveau national par l’Université de Dschang grâce à l’appui financier du gouvernement suédois (Sida). «La PI est un système qui met en lien à travers le Cameroun tous les acteurs de la filière chèvre à savoir : restaurateurs, Ministère de l’élevage, chercheurs, institutions de microfinance, ONG, commerçants (maquignons, bouchers), producteurs et autres parties prenantes de la filière pour une meilleure gestion de la production», explique Séraphin Ayissi, Assistant du Coordonnateur national du projet.

Réduire le temps de production
Au marché de Ndu, l’équipe du projet était accompagnée des fonctionnaires du ministère de l’élevage, des chercheurs de l’institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et des agents d’Ong.
« La rencontre avait pour objectif de renforcer les capacités de production des paysans du Nord-ouest du Cameroun », poursuit Séraphin Ayissi. La démarche se veut participative. « Au cours d’un atelier qui s’est tenu en février à Bamenda, a-t-il rappelé, les producteurs avaient identifié des problèmes spécifiques notamment au niveau de la nutrition, la santé et la reproduction. Il s’agit à présent de trouver ensemble des réponses ».

Une famille au marché des chèvres de Ndu

Une famille au marché des chèvres de Ndu

Les paysans ont assisté auparavant en salle, à une séance de castration de boucs, toujours dans l’optique d’éviter les croisements entre individus de la même famille.
Ils ont aussi appris à mieux nourrir leurs animaux. Plus question de leur donner uniquement de l’herbe. «Une à deux fois par semaine, leur donner aussi du tourteau de soja ou de coton, sans oublier de l’eau et du sel», conseille Napoleon Nfor, le Consultant du projet. « Vous avez constaté que vos cabris meurent après les mises bas. C’est parfois dû à un problème de nutrition. Le lait qui coule n’est pas suffisant pour les faire grandir parce que les mères n’ont pas été correctement nourries », a-t-il martelé, recommandant d’investir pour réduire le temps de production des bêtes : «Il faut jouer sur le temps de production. Quand tu laisses tes chèvres dans la forêt sans les nourrir, elles ne grandissent pas vite ».
Dommage, car la demande est très forte sur le marché local. Le prix de la chèvre est ainsi passé du simple au double au marché de Ndu, principal point de vente dans le nord ouest du Cameroun. «La demande est grandissante ici au point où à 10h, toutes les chèvres sont déjà vendues », témoigne Stephen Ngala, Président de “Goat and pig traders union of Ndu”, une organisation qui regroupe plus de 200 commerçants de chèvres et producteurs.
«Regardez, indique-t-il, en montrant des chèvres attachées côte à côte sur les trois quart de la clôture en bois du marché. Elles ont déjà tous été achetées ». Billets de banque en mains, revendeurs et acheteurs s’arrachent d’ailleurs les derniers animaux que les paysans tiennent par la corde. Ils approvisionnent aussi les grandes villes du Cameroun et le Gabon.

Billets de banque en mains, revendeurs et acheteurs s’arrachent les derniers animaux que les paysans tiennent par la corde.

Billets de banque en mains, revendeurs et acheteurs s’arrachent les derniers animaux que les paysans tiennent par la corde.

Mettre fin au vol des chèvres
La rencontre de Ndu a également permis de trouver les solutions au vol des chèvres, tant décrié par les éleveurs. Interdire le transport des chèvres nuitamment par moto, élaborer des carnets d’identification des éleveurs et des chèvres qui précise en cas de vente l’acheteur et la localité de provenance de l’animal… sont entre autres les solutions proposées par les participants.
Au terme de la rencontre, Emmanuel Ndzi, un producteur, se dit déterminé à appliquer les meilleures pratiques apprises. «Avant, je ne nourrissais pas mes bêtes, me contentant de les laisser brouter à l’air libre. Dès aujourd’hui, je vais les nourrir et leur donner à boire. J’espère qu’ainsi mes chèvres auront plus d’un cabri par mise-bas». Il s’engage par ailleurs à construire une case pour ses bêtes afin d’éviter qu’elles ne détruisent les cultures et créent des conflits.
Pareille rencontre suscite en outre des vocations : «Je vais encourager mon entourage à élever des chèvres pour gagner de l’argent. En effet, j’ignorais qu’on peut vivre décemment de cette activité et payer la scolarité des enfants », s’engage Japhet Njoya, un commerçant qui compte par cette activité améliorer ses revenus.
Le « Projet Chèvres » a déjà permis de former et rassembler les acteurs de la filière dans 3 régions du Cameroun, notamment à l’Ouest, le Nord et le Nord-Ouest. La prochaine étape du projet consistera à créer la PI de la région du Centre du Cameroun à Obala.
L’une des principales réalisations de ce projet qui s’achève en juillet 2015, a consisté à mettre sur pied une organisation permettant aux éleveurs de Kouoptamo dans l’ouest du Cameroun, de cotiser pour avoir accès aux soins de santé à bas prix. Le projet veut également promouvoir la production laitière des chèvres comme source de revenu.
Anne Matho

Encadré
Orienter les croisements pour produire plus

L’un des objectifs de la Plateforme d’innovation du projet « chèvres » est la connaissance du matériel génétique des chèvres de différentes régions du Cameroun pour une meilleure orientation des croisements. « En même temps qu’on travaille avec les éleveurs sur le terrain, nous prélevons les données. Ça peut-être du sang, du lait ou toutes autres données», explique Séraphin Ayissi. Ce qui permettra de relever les spécificités de chaque localité touchée par le projet. «Les marqueurs seront utilisés pour identifier les gènes responsables des performances. On pourra alors savoir s’il est possible d’obtenir de bons résultats en effectuant un croisement entre la chèvre du Nord par exemple et celle du Sud», a-t-il précisé.
Les chercheurs sont d’ores et déjà optimistes quant aux résultats. En effet, les régions visitées jusqu’à présent présentent des atouts. «Dans l’ouest du Cameroun, les chèvres ont des mises-bas multiples (deux à quatre cabris). Celles du nord produisent du lait en abondance. En combinant leur matériel génétique, on peut obtenir des individus ayant les deux traits », s’est félicité Séraphin. « Les résultats de la recherche seront mis à la disposition des producteurs », a-t-il assuré.
Anne Matho

 

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Le jury a pris sa décision et les lauréats des Prix YoBloCo ont été sélectionnés. Le CTA a le plaisir d’annoncer ici les 12 meilleurs participants ! Les neuf gagnants seront annoncés lors de la cérémonie de la remise des prix du concours, durant la Conférence internationale du CTA sur le financement des chaînes de valeur agricoles « Fin4Ag » http://www.fin4ag.org/fr, qui se tiendra à Nairobi, au Kenya du 14 au 18 juillet 2014. Tous les douze meilleurs participants seront invités à la conférence.

Les 12 meilleurs blogs

Les 12 meilleurs blogs de la 2e édition des Prix YoBloCo (classés par ordre alphabétique du nom du blog) sont:

Catégorie individuelle (six prix seront décernés dans cette catégorie) :

Nom du Bloggeur Nom du Blog Pays

Oluwabunmi Ajilore

Ecoagriculturist Nigeria

Elcah Nafula Barasa

Elcah’s Blog Kenya

David Mwenda

Foundation for young Farmers Kenya

Inoussa Maiga

Googol Farmer Burkina Faso

Marthe Montcho

Le blog de Marthe MONTCHO Bénin

Anne Matho Motsou

Les graines de l’info Cameroun

Haingo Rasolofomanana

l’odeur de la terre Madagascar

Luke Smith

LukesmithT.v Trinité et Tobago

Lire la suite : http://www.yobloco.info/actualites/12-meilleurs-blogs

Des reproducteurs et porcelets en engraissement dans une ferme porcine appuyée par Paca

Des reproducteurs et porcelets en engraissement dans une ferme porcine appuyée par le Paca

Le ministère de l’élevage du Cameroun a importé 73 jeunes reproducteurs porcins de France fin 2013. Objectif : obtenir de meilleurs rendements.

Une bonne nouvelle pour les producteurs camerounais de porcs. Le projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) ,mis en œuvre par le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (Minepia) du Cameroun grâce à l’appui financier de la banque mondiale, a importé 73 porcelets de France. Il s’agit de soixante six truies de type Landrace et sept mâles de race Large White qui «donneront des futurs géniteurs plus productifs», a indiqué Bourdanne, spécialiste des filières animales au sein du Paca. Par cette acquisition, les responsables du Paca veulent injecter du sang neuf au cheptel porcin local. Les cochons du Cameroun sont en effet caractérisés par une faible performance, due à la dégénérescence poussée du matériel génétique.

12 à 13 porcelets par mise bas
«Il existe une forte parenté naturelle entre les porcs locaux, les uns descendant des autres (ligne directe : père, fils, petit fils) ou descendant de souches communes (ligne collatérale : frère, cousin, oncle, neveu) », a expliqué Bourdanne, ajoutant que «dans la plupart des élevages porcins du Cameroun, les croisements incontrôlés et l’insuffisance de sélection des reproducteurs sont responsables de l’apparition des caractères défavorables, qui affectent la vigueur et la fécondité des animaux consanguins ».
Le croisement des deux races importées permettra de palier ces problèmes. Il en résultera des truies parentales F1 «Naïma» qui seront diffusées auprès des producteurs et promoteurs des élevages certifiés de multiplication de Kounden, localité située dans l’ouest du Cameroun. Les responsables du Paca espèrent que ces femelles permettront d’obtenir 12 à 13 porcelets par mise bas. « Au cours de leur carrière, elles produisent jusqu’à 75 porcelets sevrés », a précisé Bourdanne. «Ces performances sont meilleures que celles des races locales pures ou améliorées, dont la portée est de 5 à 6 porcelets en moyenne par mise bas ». Alors que le gain moyen quotidien des porcs locaux en croissance ne dépasse pas 400g/jour, il serait d’au moins 500 à 800g/jour pour les cochons importés.

100kg dès le sixième mois
En termes de poids, le rendement de la race importée serait également plus important, se situant autour de 100kg dès le sixième mois. Il faut attendre 10 à 12 mois pour obtenir le même poids avec les races locales.
Ces bonnes performances ne sont possibles qu’à condition d’adopter une alimentation de qualité. «Les besoins des animaux importés sont bien connus et d’ailleurs rappelés par le fournisseur. Il suffit juste de leur donner l’alimentation adaptée», a expliqué Bourdanne qui conseille aux éleveurs de se rapprocher de la station de Kounden aujourd’hui dénommée Station d’Impulsion et de Modernisation de l’Elevage (Simel). La structure produit elle-même des aliments pour mieux répondre aux besoins des animaux importés et éviter toute contamination par l’aliment. Le programme de prophylaxie et les normes biosécuritaires doivent également être respectés.
Les porcs importés proviennent de Choice Genetic France (jadis Pen Ar Lan), une structure située à Rennes (France). Ce fournisseur aurait été sélectionné au terme d’un appel d’offre lancé à l’international. « Pour des critères techniques identiques, le moins disant a été retenu », a précisé Bourdanne, refusant de dévoiler le montant de la transaction. « Il faut juste savoir qu’ils sont plus coûteux que nos porcelets locaux (on peut le comprendre car on achète de la semence de base) ».

Anne Matho

Crédit photo : Greenpeace

Crédit photo : Greenpeace

Bien qu’ayant obtenu une autorisation du Président Paul Biya d’exploiter environ 20 000 hectares dans le Sud-ouest du Cameroun pour la production du palmier à huile, la Sgsoc, filiale du groupe américain, ne débutera ses travaux qu’après avoir laissé le temps à l’administration de récupérer le bois qui s’y trouve.

Le début des activités de Sithe Global Sustainable Oils Limited (Sgsoc) sur les 20 000 hectares de forêts octroyés par un décret de Paul Biya dans le Sud-ouest n’est pas pour demain. La société filiale de l’américain Herakles Farms devra d’abord remplir les exigences de la loi forestière.
Problème : de grandes quantités de bois, sur toute la superficie, doivent être exploitées par le ministère et vendus aux enchères. Une partie des fonds issus de la vente sera versée aux populations riveraines sous forme de redevance forestière. «Les populations et les collectivités territoriales décentralisées auront droit à 50% des recettes: 40% pour les communes et 10% pour les populations», explique Joseph Nsengue Levodo, Délégué régional du Minfof (Ministère des forêts et de la faune) pour la région du littoral. Le reste des fonds devra être versé au Trésor public.
«Le Minfof gère les ressources forestières sur les terres même si celles-ci relèvent du Ministère des domaines et des affaires foncières, poursuit Joseph Nsengue Levodo. Car la législation forestière veut que, lorsqu’on affecte un domaine forestier, l’administration des forêts envoie ses agents sur le terrain afin qu’ils coupent et récupèrent le bois qui s’y trouve avant l’utilisation des terres». Le non respect de cette disposition expose le contrevenant à de lourdes amendes. «Le Minfof pourra lui imputer de payer la valeur des ressources forestières en contrepartie de ce qu’elle aurait coupé », prévient le responsable du Minfof.

25 millions de Fcfa d’amende

Pour ce même motif, la Sgsoc avait déjà subi les foudres du Ministère en juin 2012. Dénoncées par les populations riveraines et de nombreuses Organisations non gouvernementales, ses activités avaient été stoppées après un contrôle de l’observateur indépendant au contrôle forestier. Il lui avait notifié une amende d’environ 25 millions Fcfa. Il avait noté que la Sgsoc n’avait « pas suivi les modalités et procédures légales conduisant à l’aliénation du domaine forestier permanent ».
Sans attendre que le Minfof intervienne pour effectuer les coupes de récupération, la Sgsoc avait déboisé une zone de jachère de plusieurs hectares pour l’implantation de sa pépinière, défriché environ 1,6 ha pour l’implantation d’une parcelle d’essai, utilisé des arbres abattus pour la construction d’un pont sur le cours d’eau Bakebé, et ouvert une route d’environ 3 km avec abattage et dessouchage d’arbres. Ce qui lui a valu cette amende.
Faux, affirme l’entreprise américaine mise en cause : «Herakles Farms n’a jamais reçu une amende, peine ou mesure d’arrêter le travail. Nous avions suivi la procédure adéquate et avions à l’époque notifié au Minfof notre intention de commencer les travaux. N’ayant reçu aucune réponse 60 jours plus tard, comme le stipule la loi, nous avons commencé le défrichement. » . Au moment des faits, cette firme américaine devait exploiter 73 000 ha de terre, beaucoup plus qu’aujourd’hui.
En mai 2013, la filiale camerounaise d’Heraklès Farms a, à nouveau, été obligée de suspendre ses activités. Dans un communiqué, elle indiquait répondre ainsi à une injonction du ministère des Forêts qui lui demandait de «cesser de défricher près de la pépinière Talangaye ». Dans un communiqué radio, le Ministre en charge des Forêts a indiqué qu’il avait seulement « demandé à l’opérateur d’observer une règlementation spécifique à la conservation forestière qui se trouvait être violée ». Il avait alors rappelé que «la signature d’une convention avec le gouvernement n’exemptait pas l’entreprise du respect de l’ensemble des procédures et contraintes environnementales».

Anne Matho (JADE)

Encadré : Les éléments constitutifs du dossier
Avant les coupes de récupération, le concessionnaire doit effectuer une étude d’impact environnemental. «Il s’agit d’une obligation de la loi forestière, car le défrichement de la forêt aura des conséquences. Il va affecter le climat, la biodiversité, les animaux. Les populations qui vivent autour n’auront plus le bois de chauffe», souligne Joseph Nsengue Levodo, le Délégué régional du Minfof.
Cette étude, réalisée aux frais du concessionnaire, doit obéir à «des normes fixées par l’Administration pour assurer la conservation, le développement ou, le cas échéant, la récupération des ressources naturelles». Les résultats sont ensuite soumis à l’administration des forêts qui sera, à son tour, chargée de «faire les contrôles et vérifications pour s’assurer que les études ont été bien menées ».
La filiale camerounaise d’Herakles Farms devra réaliser un inventaire des ressources en bois présentes sur les 20 000 hectares. « Attention ! Le processus ne peut pas avancer si la réglementation n’est pas respectée. Dans le cas contraire, le Minfof n’autorisera pas le défrichage de la forêt », prévient le délégué.
A.M.
Les articles sont produits avec l’aide financière de l’Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’union Européenne.

 

jaPersévérance, amour du travail, patience…Autant de qualités qui ont permis à William Mouachi Kameni, un jeune Camerounais, de réussir dans l’agriculture en 3 ans.Reportage à Douala.

Soigneusement rangés dans un hangar à Nyalla, un quartier de la périphérie de Douala, des dizaines de cageots de tomates vertes ou légèrement mûries, attendent d’être livrés. "Ce sont les commandes d’un commerçant", indique William Mouachi Kameni, leur propriétaire, âgé de 34 ans et qui exerce l’agriculture depuis trois ans.

Le prix d’un cageot de tomates qui se vendait à 4000 Fcfa, a doublé depuis deux mois. Au cours de la dernière saison, il en a récolté 100 tonnes pour un bénéfice de 1 500 000 Fcfa. William espère ainsi gagner plus cette année.

Non loin de l’entrepôt, une surface verdoyante de terre cultivée s’étend à perte de vue. Ici, sur une parcelle de 1 000m2, poussent du poireau et des légumes. Un peu plus loin, de petites tomates vertes s’étalent sur plusieurs sillons. A côté de ces produits maraîchers, les larges feuilles vertes du macabo sont visibles dans divers endroits du champ. Les pastèques, le piment, les poivrons, les patates, les ignames, le manioc…sont autant d’autres denrées alimentaires cultivées dans cette petite exploitation agricole.

Un secteur rentable

L’année dernière, la production de l’ensemble de ces produits agricoles a permis au jeune agriculteur d’obtenir un bénéfice d’environ 6 millions de Fcfa. De bons résultats qui ne sont pas le fruit du hasard. «Il a fallu une bonne dose de détermination et c’est bien cela qui m’a permis de me relever chaque fois que j’ai eu envie de céder au découragement dus aux échecs », explique William.

« J’avais presque tout perdu en 2010 quand les pluies ont inondées mon champ situé dans les bas-fonds alors qu’on était en pleine saison sèche. On y avait planté des légumes, des tomates et des pastèques», se souvient-il. Le  jeune agriculteur a ainsi déjà développé un processus d’apprentissage par l’échec.

«A chaque échec, je cherche toujours à savoir pourquoi. A partir des réponses, j’essaie d’améliorer la saison suivante.  C’est ainsi qu’aujourd’hui, je maitrise l’itinéraire technique de certaines cultures au point de pouvoir les produire aujourd’hui les yeux fermés », explique-t-il.

La tomate entre autres n’a plus de secret pour lui.  « C’est seulement à la sixième tentative que j’ai réussi la production de cette plante. Depuis ce temps, je la produis avec beaucoup de succès », se vante William.

Les fruits de la persévérance et de l’effort

Les leçons tirées des échecs passés lui ont permis de comprendre que le succès dépend de la  variété des cultures utilisées. Elles doivent être adaptées à la zone agro-écologique. «Je cultivais les même variétés de tomates que celles habituellement utilisées quand je vivais dans l’ouest du Cameroun alors que le climat et les terres du Littoral ne sont pas les mêmes. Ce qui expliquait les nombreux échecs », confie-t-il.

Les itinéraires techniques pratiqués par William étaient également ceux de la région de l’Ouest du Cameroun. Il a fallu les réadapter à la zone de Douala qui est plus proche de la mer, contrairement aux hauts plateaux de l’Ouest. « A cause de ces différences, explique le jeune homme, les quantités de fientes et engrais à administrer  ne sont pas les mêmes. Les maladies et les traitements non plus ».

Détermination et patience n’ont pas été les seuls ingrédients de son succès. Il a également fallu des moyens financiers « pour payer des honoraires d’agronomes, acquérir de la documentation et participer à des séminaires », confie-t-il.

William récolte aujourd’hui les fruits de la persévérance et de l’effort. Les revenus qu’il tire de l’agriculture lui ont permis d’acheter un lopin de terre. « Les travaux de construction de ma future maison sont en cours. J’espère qu’en fin d’année, ils seront achevés », espère-t-il fièrement. Il finance par ailleurs les études de ses 2 jeunes enfants et de sa belle-sœur. L’année dernière, il a acheté et mis en valeur une parcelle agricole de 3 hectares.

Fort du succès rencontré dans ses activités, William ambitionne de devenir un grand exploitant agricole. «Le rêve pour moi, dit-il, serait d’avoir 50 hectares cultivables à l’horizon 2024».

Anne Matho

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